Le Canada et l’Île-du-Prince-Édouard sont en plein cœur de la campagne des seize jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe. Selon des militantes, toute la population a un rôle à jouer pour prévenir cette violence.
«La violence envers les femmes augmente de jour en jour, leur sécurité est toujours plus mise en jeu», regrette la directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), Soukaina Boutiyeb.
«En tant que communauté, nous devons agir pour mettre fin à cette violence inacceptable fondée sur l’inégalité de genre», poursuit la directrice générale du Conseil consultatif sur la situation de la femme à l’Île-du-Prince-Édouard, Jane Ledwell.
Dans la province, de nombreuses activités auront lieu durant les seize jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe.
Cette campagne internationale annuelle a commencé le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence àl’égard des femmes, et durera jusqu’au 10 décembre. Cette année le thème choisi au Canada est «S’unir pour agir».
«Ça souligne l’importance de mobiliser l’ensemble de la population pour changer les normes sociales, les attitudes et les comportements qui contribuent à la violence», observe Soukaina Boutiyeb.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le Conseil consultatif sur la situation de la femme édite une affiche en douze langues sur la prévention des violences. Elle est accrochée dans de nombreux espaces publics, comme les écoles, les bibliothèques, les Accès Î.-P.-E.
Dix femmes assassinées en 35 ans
«Ça signale que tout le mon-de doit s’impliquer dans le travail de prévention, ça invite tout le monde à être attentif aux signes de violence fondée sur le sexe, explique Jane Ledwell. À notre échelle, on peut sauver des vies.»
Depuis 1989, dix femmes ont été assassinées par quelqu’un qu’elle connaissait dans la province.
«En tant qu’allié, proche, ami, il faut absolument prendre des positions anti-sexistes et dénoncer ces violences, souligne Soukaina Boutiyeb. Il faut aussi réfléchir à quel genre de personne on veut être, à comment on veut influencer positivement son entourage.»
La responsable de l’AFFC estime à cet égard que la sensibilisation des jeunes francophones dans les écoles n’est pas à la hauteur : «Il y a un manque de financement adéquat alors que c’est la clé si l’on veut réussir à faire des changements structurels à long terme.»
Jane Ledwell et son équipe offrent de leur côté des ressources pédagogiques en français à destination des enseignants.
«Le plus important est d’abord d’apprendre à reconnaître les relations saines et de comprendre les dynamiques de violence», détaille-t-elle.
Jane Ledwell et Soukaina Boutiyeb insistent également sur le besoin, pour l’ensemble de la population, de connaître les ressources communautaires et les organismes d’aide qui existent.
«On peut profiter de ces seize jours d’activisme pour s’impliquer, faire du bénévolat ou un don à l’organisme féministe de sa région» appuie Soukaina Boutiyeb.
Pour Jane Ledwell, toute la population doit s’impliquer dans le travail de prévention de la violence fondée sur le genre. (Photo : Jacinthe Laforest)
Les 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre constituent une campagne internationale annuelle qui commence le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et dure jusqu’au 10 décembre, soit lors de la Journée des droits de la personne. Cette campagne a débuté en 1991 pour s’élever contre la violence fondée sur le genre.