Société
Par Marine Ernoult § IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Rivage, unsplash

Le 11 juin, l’Organisation des Nations unies a célébré la toute première Journée internationale du jeu. Le jeu est considéré par les spécialistes comme une activité fondatrice de la personnalité de l’enfant, qui permet de développer son intelligence, ses capacités de socialisation et plein d’autres choses encore. 

«Les plus grands sourires des enfants, c’est quand leurs parents jouent avec eux», affirme Kathleen Couture, directrice générale de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard.

«Les parents doivent prendre le temps au quotidien de s’arrêter au moins 45 minutes et de jouer avec leurs enfants. Ils doivent se laisser surprendre», renchérit Sara Landry, professeure de psychopédagogie à l’Université de Montréal. 

Aux yeux des plus jeunes, le jeu, c’est la vie, et l’industrie du jouet n’est pas la seule à l’avoir compris. Les spécialistes de l’éducation en sont eux aussi convaincus.

«Le jeu a un rôle positif dans le développement moteur, cognitif, affectif et social, souligne Sara Landry. Il permet aussi d’accroître la motivation, l’attention et l’intérêt.»

Se dépasser grâce au jeu 

En jouant, les enfants d’âge préscolaire énoncent leurs goûts et leurs préférences, développent leur estime de soi et leur langage, apprennent à communiquer, à partager, à établir des relations sociales et à forger des amitiés. Ils apprennent également à négocier et à gérer des situations de conflit. 

«Le jeu favorise le développement du cerveau et l’établissement de connexions entre les neurones», précise Sandra Landry. 

«Et tous ces apprentissages sont durables, ils restent imprimés dans le cerveau pour toute la scolarité», ajoute Kathleen Couture.

Des études ont montré qu’en jouant un tout-petit était capable d’accomplir des tâches qui dépassent les capacités et le niveau de développement liés à son âge. 

Dans les centres de la petite enfance de l’Î.-P.-É., l’apprentissage par le jeu est au cœur de la pédagogie. Les jeux libres alternent avec les activités guidées par une éducatrice qui aide les enfants à établir des règles.  

«Quand les enfants jouent, ils apprennent naturellement, ils se souviennent et comprennent mieux, car ils s’immergent totalement, ils utilisent leurs cinq sens», observe Kathleen Couture.

Sara Landry rappelle à cet égard que les tout-petits ont besoin d’au moins deux séances de jeux quotidiennes d’au minimum 45 minutes chacune.  

«La capacité de créer le monde»

Vers 2-3 ans, c’est la grande période du faire semblant : ils jouent à la marchande ou à la dînette, imitent leurs héros préférés. Vers 4-5 ans, le besoin d’autonomie l’emporte : rien n’est plus important que courir, toucher à tout, manipuler, exercer ses sens et ses muscles.

Depuis 1989, l’importance du jeu est reconnue au niveau international par la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant qui en a fait un droit fondamental. Au Canada, le Conseil des ministres de l’Éducation a également pleinement reconnu l’apprentissage par le jeu en 2012. 

«La place qu’occupe le jeu dans la société n’a cessé de se renforcer, mais il faut continuer à sensibiliser les familles», estime Sara Landry. «Les parents sont conscients de l’importance du jeu, mais ça ne marche pas toujours à 100%, car ils ont aussi une vie très occupée, ils travaillent beaucoup et il y a aussi beaucoup d’activités extra-scolaires», poursuit Kathleen Couture. 

Pour le pédiatre britannique, Donald Winnicott, le jeu est à l’origine de toute créativité. Et la créativité, «c’est la capacité de conserver tout au long de la vie quelque chose qui est propre à l’expérience du bébé : la capacité de créer le monde», écrit-il dans son ouvrage Jeu et réalité (1971).   

2-Kathleen_Couture.jpgKathleen Couture est directrice générale de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’ÎPÉ. (Photo : Jacinthe Laforest / La Voix acadienne)

3-_Sarah_Landry_Faculté_déducation_de_lUniversité_de_Montréal_2.jpgSarah Landry est professeure au Département de psychopédagogie de la Faculté d’éducation de l’Université de Montréal.  (Photo : Gracieuseté)

4-markus-spiske-unsplash.jpgmarkus spiske, unsplash

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