Société
30 novembre 2022 Par Propos recueillis par Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
L’Insulaire Anna Keenan, et son colistier Chad Walcott sont arrivés deuxièmes dans la course à la chefferie du Parti vert fédéral.  (Photo : Gracieuseté)

Anna Keenan est arrivée deuxième dans la course à la chefferie du Parti vert fédéral.  L’Insulaire dresse le bilan de sa campagne, et nous parle des enjeux climatiques, la priorité pour le Parti vert. 

La semaine dernière, l’Insulaire Anna Keenan, et son colistier Chad Walcott ont terminé deuxièmes dans la course à la chefferie du Parti vert au niveau fédéral.  Elizabeth May, et son colistier Jonathan Pedneault sont arrivés en tête.  Anna Keenan revient sur sa campagne, mais aussi sur la crise climatique, véritable cheval de bataille du Parti vert. 

Quel bilan dressez-vous de votre participation à la course à la chefferie? 

Je suis fière de notre campagne, même si ce n’est évidemment pas le résultat que nous espérions.  C’est une occasion manquée de renouveler le parti, mais je fais entièrement confiance à Elizabeth May.  Elle a bien géré le parti auparavant, et elle continuera à faire du bon travail. 

Personnellement, je sais que j’ai encore de nombreuses possibilités d’évolution au sein du parti.  J’ai une bonne relation avec Elisabeth May et nous sommes actuellement en discussion sur mon rôle au sein de notre futur cabinet fantôme.  J’en ai déjà fait partie pendant trois ans, et je pourrais reprendre ma position. 

La victoire d’Elisabeth May avec son colistier Jonathan Pedneault est aussi une victoire de l’idée d’une chefferie conjointe.  C’est un concept que j’ai lancé et que je soutiens donc totalement.  Dirigé un parti politique à deux promeut des valeurs de collaboration et d’entraide.  C’est une nouvelle façon de faire de la politique, bénéfique pour la démocratie.  La politique cesse enfin d’être égoïste. 

Quelle sera la priorité du Parti vert dans les années à venir? 

Nous allons continuer à réclamer des comptes au gouvernement fédéral sur la gestion de la crise climatique, et les réductions d’émissions de CO2.  Le réchauffement est l’immense défi auquel le monde, le Canada, les Maritimes, et l’Île-du-Prince-Édouard vont devoir faire face dans les prochaines décennies. 

L’impact sur nos enfants sera dramatique si l’on continue à ne rien faire, que ce soit au niveau national ou international.  Le gouvernement libéral de Justin Trudeau parle très bien de ces enjeux, mais il n’obtient aucun résultat.  Malgré tous les discours, les émissions de gaz à effet de serre du Canada continuent d’augmenter. 

Justement, la 27e conférence des Nations unies sur le climat vient de se terminer en Égypte.  Que pensez-vous du résultat des négociations? S’il n’y a pas d’accélération de la lutte contre le réchauffement climatique, l’accord sur les pertes et dommages à destination des pays pauvres est historique.  C’est une énorme réussite.  Pendant très longtemps, les désaccords ont semblé trop nombreux, et la réticence des pays riches trop forte. 

Mais la COP 27 a enfin permis la création d’un fonds dédié à financer les pays les plus pauvres impactés par les dégâts climatiques.  C’est extrêmement important quand on voit les inondations dévastatrices qui ont récemment frappé le Pakistan.  Et ce n’est que justice, les pays du Sud subissent les plus fortes conséquences d’une crise climatique dont ils ne sont pas responsables. 

Ces enjeux climatiques suscitent de l’inquiétude chez de nombreux citoyens.  Comment lutter contre ce sentiment? 

L’écoanxiété touche effectivement beaucoup de gens qui sont en train de réaliser tout ce qu’on est en train de perdre.  Les gens se soucient d’écologie, mais ils ne savent pas comment amorcer des changements.  Quand ils instaurent des actions à l’échelle locale, ils ont du mal à en voir les effets concrets, les responsabilités sont diluées. 

Pour lutter contre ce sentiment, nous croyons qu’il faut être solidaire et agir ensemble.  Mises bout à bout, nos actions individuelles ont un impact.  Si tout le monde diminuait ses émissions en faisant attention, on arriverait déjà à faire beaucoup de choses.  Et puis on doit avoir le courage de réguler l’économie pour mieux protéger l’environnement.

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