Société
25 octobre 2021 Par Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Myron Yates est directeur général de l’association Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Î.-P.-É. (Photo : Gracieuseté)

Grands Frères Grandes Sœurs de l’Île-du-Prince-Édouard œuvre depuis des années pour ouvrir le champ des possibles milliers d’enfants et d’adolescents de la province à travers plusieurs programmes de mentorat.  Les mentors qui les accompagnent donnent de leur temps, mais s’enrichissent également de cet engagement. 

«Ça m’apporte beaucoup, c’est si rafraîchissant de voir la vie à travers les yeux d’un jeune», partage Kieran Goodwin, volontaire pour l’association Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Î.-P.-É.  Depuis dix ans, le trentenaire a accompagné trois enfants et partagé avec eux de nombreuses activités et «petites choses» : promenades, cinémas, restaurants ou encore matchs de hockey.  «C’est une opportunité pour eux d’ouvrir leur horizon, de rencontrer de nouvelles personnes, de célébrer de beaux moments et d’oublier leur quotidien», explique le bénévole.

L’organisme, Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Île-du-Prince-Édouard, offre des programmes de mentorat qui jumellent des jeunes en difficulté avec des mentors ayant suivi une formation.  Chaque année, environ 500 jeunes sont pris en charge par l’organisme.  «Ils viennent souvent de familles monoparentales, avec des moyens financiers limités, qui n’ont pas le temps et l’argent pour leur offrir des sorties, des activités qui sortent de l’ordinaire», explique Myron Yates, directeur général de l’association. 

«Plus grand besoin de mentorat» avec la pandémie

À raison d’un minimum de deux visites par mois de deux à quatre heures, soixante adultes accompagnent actuellement autant de jeunes de sept à treize ans.  Mentors et mentorés se rencontrent régulièrement, partagent leurs passe-temps, échangent en présentiel ou à distance, cheminent ensemble sur un temps parfois long, une à plusieurs années.  L’objectif est que les jeunes reprennent confiance en eux et en l’avenir. 

Des bénévoles, adultes ou adolescents, interviennent également une fois par semaine dans des écoles primaires pour jouer ou discuter avec des élèves de sept à douze ans.  «C’est pour les écoliers qui ont besoin d’extra engagements, de plus de socialisation», détaille Myron Yates.

Le directeur général de l’association note «un plus grand besoin de mentorat» depuis le début de la pandémie.  «On a plus de demandes qu’avant, car le temps que les enfants ont passé enfermés à la maison a été difficile durant la COVID-19», partage-t-il. 

Des bénéfices pour les mentors 

Des demandes en augmentation que l’association ne parvient pas toujours à satisfaire compte tenu des difficultés à recruter des volontaires, en particulier francophones. «On est toujours à la recherche», souligne Myron Yates qui insiste sur les bénéfices du mentorat pour les mentors eux-mêmes. «Cet engagement les transforme aussi», poursuit-il. 

Kieran Goodwin explique ainsi la façon dont son engagement lui a permis d’apprendre à mieux se connaître, l’a mené vers «une prise de conscience des inégalités», tout en lui donnant le sentiment d’être utile. 

Il évoque également la satisfaction de rendre ce dont il a eu la chance de bénéficier dans sa jeunesse.  «Grâce aux relations personnelles fortes que j’ai nouées avec ces trois jeunes, j’ai développé ma capacité à transmettre, mais aussi de nouvelles compétences de communication, de créativité, d’organisation, d’empathie», ajoute le bénévole. 

Kieran Goodwin est volontaire pour l’association Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Île-du-Prince-Édouard depuis dix ans.  (Photo : Gracieuseté)

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