Santé
Par Jacinthe Laforest
Les enfants de Martha Richard-Arsenault, Andrew et Emily Campbell, sont tous deux atteints du diabète de type 1.

Novembre est, entre autres, le mois de sensibilisation au diabète.  En ce mois de novembre 2021, on souligne également le 100e anniversaire de l’insuline par des chercheurs canadiens, Frederick Banting, Charles Herbert Best, John J.R. Macleod et James Bertram Collip.  Martha Richard-Arsenault est reconnaissante à ces chercheurs, car sans leur découverte, ses enfants n’auraient pas survécu.

Le diabète de type 1 survient lorsque le pancréas ne produit plus assez, ou plus du tout d’insuline.  Cette anomalie est liée à un fonctionnement anormal du système immunitaire qui détruit les cellules du pancréas chargées de produire l’hormone.

«Pour Emily, on a eu le diagnostic le 3 novembre 2003 à 14 h.  Emily avait 22 mois».  Revivre le choc de cette nouvelle, même toutes ces années plus tard, fait encore monter des larmes aux yeux de la maman. 

Elle raconte : «Le printemps 2003, Emily a été très malade.  Elle avait le RSV [virus respiratoire syncytial].  Elle a passé presque une semaine à l’hôpital.  Et elle a eu son diagnostic de diabète la même année.  Ma belle-mère était à la maison ce soir-là et elle me dit qu’Emily avait l’air d’avoir maigri.  Puis, cette même nuit, Emily s’est réveillée pour réclamer à boire.  Elle a bu trois verres d’eau de suite.  J’ai commencé à penser que quelque chose n’allait pas.  Le lendemain, j’avais congé du travail, alors j’ai amené Emily chez le docteur.  Quelques heures plus tard, à 14 h, j’ai reçu un appel pour me dire qu’Emily était attendue à l’hôpital».

Cette séquence d’événements est marquée dans la mémoire de Martha.  L’année qui a suivi a été difficile de l’aveu de la maman.  Emily a fait plusieurs séjours à l’hôpital, entre autres pour réguler la quantité d’insuline qu’il lui fallait pour être bien.  La famille a appris à vivre avec le diabète, incluant Andrew, qui avait 5 ans lorsque sa sœur a été diagnostiquée. 

Andrew connaissait bien la condition de sa sœur.  Le choc a été brutal lorsque, dans l’année de ses 12 ans, le diagnostic est tombé.  «Je pense que le choc a été encore plus grand de découvrir que le diabète frappait encore, dans la même famille».

Ce diagnostic est tombé le 4 octobre 2011, quatre jours avant le mariage en secondes noces de Martha avec Paul Arsenault.  Andrew a passé quelques jours à l’hôpital, mais il était présent au mariage, et bien portant.

Encore une fois, Martha se souvient que le printemps de cette année-là, son fils était inscrit dans une populaire école de hockey et qu’il semblait très fatigué.  Elle avait même pris rendez-vous avec son médecin de famille.  «Il m’a dit de ne pas m’inquiéter, que tout avait l’air normal, mais comme maman, je savais que quelque chose n’allait pas».

L’adaptation pour Andrew s’est faite en douceur.  «Écoutez, ces enfants-là ne se sont jamais lamentés.  Je n’ai jamais entendu une plainte de leur part.  Emily se laissait piquer sans rechigner.  Je ne mens pas, j’allais vérifier son taux de sucre dans le milieu de la nuit et même si elle dormait, elle sortait son petit doigt.  Je jure que c’est vrai», dit la maman.   

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Martha est la fille d’Angèle et Martin Richard, autrefois de Miscouche.  Le diabète n’était pas du tout présent dans les familles respectives de ses parents ni du côté du père des enfants.  Cependant, le sort a voulu qu’elle épouse, en seconde noce, Paul Arsenault qui compte dans sa famille, plusieurs cas de diabète de type 1. 

Emily aura 20 ans le 26 décembre.  Elle étudie en nursing à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.  «Son diabète ne l’a jamais empêchée de faire ce qu’elle voulait.  Elle a fait du patin artistique, mais c’est surtout la danse sa passion.  Elle a fait parti de la troupe «Young Company» du studio Dance Virtuosa et aussi des «Storm Chasers» plusieurs années.  Elle ne fait plus partie de ces équipes mais elle enseigne encore la danse.  Et Andrew est lui aussi un athlète.  Il a toujours été dans les meilleures équipes de hockey pour son âge.  Maintenant, il joue surtout au golf.  Il a fait ses études en business et il travaille maintenant à l’Agence de revenu du Canada».

Martha ne peut pas imaginer ce qu’aurait été sa vie sans ses enfants.  «Je suis chanceuse de les avoir avec moi.  Et dans la famille de mon mari, plusieurs personnes dépendent de l’insuline aussi.  Sans cette découverte, on aurait perdu toutes ces belles personnes», conclut Martha. 

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Emily a été diagnostiquée très jeune, à 22 mois.  Andrew a reçu son diagnostic quatre jours avant le second mariage de sa mère.  On le voit à ses côtés.  (Photo : Collection Martha Richard-Arsenault)

Le kit d’injection d’insuline et de mesure du glucose sanguin fait partie du quotidien des diabétiques.

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