Santé
20 octobre 2021 Par Jacinthe Laforest
arianne Rousselle tient dans sa main la neuvaine qu’elle fait à frère André.(Photo : J.L.)

Marianne Rousselle est une célébrité dans la région Évangéline.  Connue pour avoir tenu plusieurs étés de suite le rôle mythique de Mémé dans La Cuisine à Mémé, sa vie a pris un tournant désolant il y a quelques mois lorsque le diagnostic qu’elle suspectait depuis des années a été confirmé.  Cancer du sein très avancé. 

«Tout le monde dans la famille, ou presque, a eu un cancer.  Ma mère est morte à 49 ans du cancer. Mes deux sœurs ont eu le cancer. Deux de mes enfants ont eu le cancer.  Lorsque j’ai commencé à sentir une bosse, cela fait déjà cinq ou six ans, je pensais bien que c’était le cancer.  Mais tout ce à quoi je pouvais penser, c’est que ma mère avait eu le cancer sans rien dire, sans se plaindre, sans même nous le dire, et je pensais que je devais faire la même chose, pour ne pas gêner ma famille», dit la dame, pourtant pleine de vie.

Lorsque finalement, elle a eu le courage d’aller voir le médecin, elle n’a pas été surprise.  «Le médecin n’arrêtait pas de me dire que j’avais dû avoir du mal et il ne comprenait pas comment j’avais pu endurer ça si longtemps.  Mais comme je l’ai dit, je pensais à ma mère».

Marianne Rousselle est une comique dans l’âme.  Rire lui fait du bien et faire rire lui fait encore plus de bien.  Avec les médecins et les infirmières, elle n’a pas arrêté de faire des blagues.  «J’étais dans le bureau et l’infirmière est allée chercher l’appareil photo pour prendre des photos pour les dossiers.  Bien sûr, je n’avais rien sur moi.  Quand elle est revenue, j’ai fait mine de placer mes cheveux et j’ai demandé, est-ce que mes cheveux sont OK? Elle a bien ri et moi aussi.  Je ne veux pas voir des gens tristes ou inquiets autour de moi.  Je veux des gens joyeux et optimistes», dit Marianne. 

Le frère André, son grand soutien

Très croyante, Marianne Rousselle met sa confiance dans le pouvoir de guérison du frère André, ancien portier à l’oratoire Saint-Joseph à Montréal.  «Ma mère le priait et moi aussi.  Ma fille Lisa m’a apporté un lampion du frère André et il brûle pratiquement jour et nuit.  Puis, je fais aussi des neuvaines.  Quand j’en ai une de finie, j’en commence une autre.  Ça me donne du courage».

Marianne Rousselle avoue que les traitements de radiation ont été éprouvants, d’autant plus que les séquelles persistent.  «J’ai une infirmière qui vient presque chaque jour pour changer mes pansements.  Je sais qu’on manque d’infirmières, mais on dirait que c’est moi qui les ai toutes.  Elles s’occupent bien de moi».

Marianne est bien entourée.  Son mari Victor fait la cuisine et tient la maison très propre.  Sa fille Debbie vient la voir presque chaque jour et son autre fille, Lisa, qui habite au Nouveau-Brunswick, vient la voir toutes les deux semaines.  Son fils, Jamie, est quant à lui dans l’ouest du pays.   

«Mes traitements ont commencé en juillet.  Quand la nouvelle s’est répandue, j’ai commencé à avoir de la visite.  Pour le plaisir, j’ai entrepris de demander à mes visiteurs de signer mon petit carnet.  Je pense qu’il doit y avoir autour de 300 signatures», dit-elle, reconnaissante du soutien qu’elle reçoit. 

Même si elle donne toute sa confiance au frère André, elle admet que sans les traitements de radiation, son état serait au-delà de tout traitement possible. «Peut-être même que je serais gone».

Le mois d’octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein. 

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