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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

28 février 2019
- Par Ericka Muzzo

L'équipe de tir à l'arc pour les Jeux du Canada 2019 sera composée de Spencer Freeze, Keegan Crawford, Macy Shaddick et Kristen Arsenault. (Photo: Gracieuseté)

La première fois que la jeune archère s’est frottée aux meilleurs athlètes canadiens, elle pratiquait son sport depuis à peine un an. Pour sa participation à une deuxième édition des Jeux d’hiver du Canada, elle cumule désormais cinq ans d’expérience, encore plus de tournois nationaux et internationaux et un nombre impressionnant de médailles accumulées rapidement.

De son propre aveu, Kristen Arsenault n’a jamais été très sportive. «J’aime mieux les arts, la musique. Je n’ai jamais été très bonne en sports d’équipe», confie l’archère aujourd’hui âgée de 16 ans. Coup de chance ou du destin, c’est son père qui lui a proposé d’essayer le tir à l’arc en 2013, juste comme ça, pour le plaisir. «Un samedi après-midi de novembre, on est allés au club de Covehead, et j’ai aimé ça. Un mois après, je recevais un arc pour Noël, et je pratique ce sport depuis», relate-t-elle.

Contrairement à d’autres sports plus connus comme le soccer ou le basketball, le tir à l’arc ne requiert pas forcément de force physique, mais plutôt un esprit aiguisé. «Je n’ai pas vraiment de stratégie pour les Jeux, il faut juste que je sois forte mentalement. Il ne faut pas se laisser abattre par une mauvaise flèche», souligne Kristen Arsenault.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir commencé «sur le tard», si on compare à d’autres disciplines où les joueurs apprennent très jeunes les rudiments du sport. À travers ses tournois qui l’ont menée aussi loin qu’en Argentine, en 2017, Kristen a rencontré plusieurs comparses qui pratiquent eux aussi le tir à l’arc depuis seulement quelques années. «Ça peut être dangereux, il faut une certaine maturité pour manipuler l’arc et les flèches. Il y a les règles aussi, tout ça demande d’être assez avancé en pensée», constate-t-elle.

Axé sur la précision

Ça n’est que la deuxième année consécutive où l’Île-du-Prince-Édouard enverra des archers aux Jeux du Canada, l’autre délégation remontant à 1981. En 2015, la province s’était classée en 10e position, mais Kristen est confiante de pouvoir faire mieux, beaucoup mieux cette fois-ci. «Je n’ai pas peur “pantoute”, j’aime la compétition», affirme celle qui a défendu la province à quatre compétitions nationales, se plaçant chaque fois sur le podium.

Pour Red Deer, ce sont deux athlètes masculins et féminins qui représenteront l’Î.-P.-É.. Un archer de chaque sexe sera armé d’un arc recourbé, l’autre d’un arc à poulie, qu’utilise Kristen. «L’arc à poulie à des roues sur les bouts, où les cordes s’attachent. Ça permet d’avoir davantage de contrôle», estime-t-elle.

La semaine débutera par des rondes de qualification individuelle et par équipe mixte, soit 120 flèches tirées sur une cible à 18 m de distance. Ces rondes détermineront le classement selon lequel s’affronteront les équipes. Pour l’épreuve individuelle, les archers devront tirer 60 flèches fois deux rondes. «On a deux minutes pour tirer trois flèches, puis on les ramasse. Une ronde peut prendre jusqu’à deux heures», illustre Kristen. Plus les tirs se rapprochent du milieu de la cible, plus ils valent de points, pour un maximum de 10 si la flèche atterrit en plein centre.

«Aux Jeux, j’aimerais tirer mon meilleur pointage personnel. En ce moment, c’est 574/600», explique l’athlète francophone, qui a remporté la première place de sa catégorie au Championnat canadien intérieur régional de 2018, avec un score de 573.

La jeune archère est habituellement coachée par Duncan Crawford, propriétaire du club de tir à l’arc de Covehead. Le bâtiment avait été ravagé par les flammes lors d’un incendie en mars 2017, mais le club a depuis repris du poil de la bête. Au total, Kristen estime s’entraîner jusqu’à dix heures par semaine, que ce soit à Covehead, à l’école Évangéline ou même chez elle, dans le corridor.

À l’occasion des Jeux du Canada 2019, c’est toutefois le père de la jeune sportive, Kevin Arsenault, qui assumera le rôle de coach de l’équipe. Le poste de responsable d’équipe sera comblé par la mère de Kristen, Michelle Arsenault. «Et mon petit frère ne sera pas aux Jeux, mais il se pratique au tir à l’arc», ajoute l’archère. La petite équipe de tir à l’arc de l’Île sera tissée serrée, et promet de donner son maximum pour redorer le blason de la discipline dans la province insulaire.

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