Le Porte-Voix
09 septembre 2021
Sur la photo, on voit les enfants de la famille Bouchard lors de leur première rentrée scolaire à l’école François-Buote (de gauche à droite): Maïka (3ème année), Zavier (4ème année), Xolanie (1ère année) et Cylus Bouchard (maternelle)

En cette rentrée 2021, les étudiants ont des objectifs, certains ont des craintes et certains ont des rêves sur le point de se réaliser. Dans cette édition du Porte-Voix, on discute avec des étudiants qui retournent sur les bancs d’école et nous vous présentons également les nouveautés de la Commission scolaire de langue française. 

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Le projet est rendu possible grâce à l’appui financier du Fonds d'appui stratégique aux médias communautaires.

 

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Quatre visages de la rentrée scolaire

Les étudiants de l’Île-du-Prince-Édouard ont repris leurs études début septembre. Certains commencent leur scolarité, d’autres la terminent, tandis que d’autres encore reprennent carrément le chemin de l’école à l’âge adulte. Portraits.
Marine Ernoult

Gwen Maine, six ans, en première année à l’école Évangéline

La tête dans les étoiles et les cahiers dans le cartable, Gwen Maine est rentrée en première année à l’école Évangéline. À six ans, elle veut décrocher la Lune et être astronaute. «Elle était vraiment excitée, elle a posé des questions sur la rentrée tout l’été, “est-ce que je vais retrouver mes amis, les mêmes madames qu’en maternelle, qu’est-ce que je vais apprendre de nouveau?”», raconte sa mère, Natalie.

À l’école, Gwen adore la musique, et surtout, les livres d’histoire en français, «parce que là-haut, dans l’espace, c’est toujours mieux de parler les deux langues du Canada». Surtout, à l’approche de la rentrée, mère et fille ont parlé davantage en français car, avec un père anglophone, l’anglais prédomine à la maison. «C’est bon pour elle de retourner à l’école française, de retrouver la langue, son air, ses mots», se réjouit Natalie.

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Gwen se réjouit de débuter sa première année à l’école Évangéline. (photo: gracieuseté)

Mia Bernard, 17 ans, en 12ème à l’école Évangéline

À 17 ans, Mia Bernard a retrouvé pour la dernière année le chemin de l’école Évangéline, «bien excitée de retrouver tous ses amis» qu’elle n’a pas vus pendant l’été. Les cours, en revanche, la motivent moins. «Ce que j’aime, c’est me socialiser, jouer de la musique et chanter», explique la jeune fille en 12ème année. Également intéressée par les sciences, Mia veut suivre une formation d’infirmière à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, une fois diplômée du secondaire. En cette rentrée, la COVID-19 ne l’inquiète «pas trop» : «Avec mes amis, on a tous reçu deux doses de vaccin, on suit les règles, et dans la région Évangéline, il n’y a jamais eu de cas.»

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Mia, qui débute sa douzième année, a hâte de retrouver ses amis. (photo: gracieuseté)

Kayla Arsenault, 30 ans, inscrite au programme infirmier au Collège de l’Île

Le 7 septembre, Kayla Arsenault a retrouvé les bancs des salles de classe, douze ans après avoir quitté l’école Évangéline. «Mon garçon m’a demandé : “ce n’est pas à 17 ans que tu es censée étudier?”», plaisante la trentenaire, inscrite dans le programme de soins infirmiers du Collège de l’Île. Un retour à la vie étudiante pour «rendre service à sa communauté francophone qui manque d’infirmières».

Actuellement préposée aux soins au Wedgewood Manor de Summerside, l’Acadienne a toujours été «intéressée à soigner les autres». Celle qui est également mère de deux enfants a mis un point d’honneur à choisir un cursus en français. «Je veux leur montrer l’importance de notre langue, qu’ils soient fiers de leur maman acadienne», partage-t-elle.

Mais reprendre ses études n’est pas facile. «Je suis excitée et en même temps pas mal stressée, ça va être un défi de me concentrer sur mes études, d’y consacrer du temps, tout en gérant la routine du quotidien avec mes enfants», reconnaît Kayla. Surtout que la jeune femme doit dans le même temps gérer l’installation de toute la famille dans une nouvelle maison et la rentrée de sa fille et de son fils à l’école Évangéline.

Se mêler à des plus jeunes, plus proches de l’âge de ses enfants, n’inquiète pas Kayla. «On a tous la même volonté d’apprendre et, à la fin de la journée, on a tous le même but, souligne-t-elle. Et je pourrai peut-être les faire bénéficier de mon expérience.»

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Une conciliation études-travail-famille attend Kayla Arsenault, qui retourne sur les bancs d’école cette année. (photo: gracieuseté)

Rocio Guzman, 36 ans, inscrite au programme éducateur de la petite enfance au Collège de l’Île

En un été, Rocio Guzman a changé de vie. Elle a quitté sa ville natale de Veracruz au Mexique pour s’installer au Canada. À la recherche «d’une meilleure qualité de vie, de calme et de tranquillité», la Mexicaine et son mari ont opté pour Charlottetown. «Les gens sont gentils, les paysages magnifiques, c’est exactement ce que l’on recherchait», se réjouit-elle. Elle apprécie particulièrement la sécurité qui règne à l’Île. «Ici, je peux marcher à n’importe quelle heure de la nuit et je n’ai rien à craindre», raconte la trentenaire.

À peine trois mois après son arrivée à l’Î.-P.-É., la jeune femme doit s’adapter aux différences culturelles, mais aussi s’immerger dans une nouvelle langue. Alors qu’il y a encore un an, elle ne maîtrisait pas un mot de français, elle vient d’intégrer le programme d’éducateur en petite enfance au Collège de l’Île.

«Je suis nerveuse, tout est nouveau, la langue, la façon d’enseigner, partage Rocio. J’ai suivi des cours intensifs mais je dois toujours beaucoup pratiquer pour réussir à suivre les cours.» En plus de ses études, l’étudiante est à la recherche d’un job en français «pour améliorer son niveau et s’imprégner de la culture acadienne». Infatigable, elle a également lancé un club de conversation français-espagnol à Charlottetown.

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Un nouveau pays, une nouvelle langue et une nouvelle profession pour Rocio, qui débute ses études en éducation de la petite enfance cette année au Collège de l’Île. (photo: gracieuseté)

 

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La Commission scolaire de langue française fait peau neuve

La Commission scolaire de langue française (CSLF) dévoile de nombreuses nouveautés. Site internet refait à neuf, outils promotionnels inédits, plan stratégique 2021-2024 adopté, nouveaux professionnels intégrés à l’équipe éducative, l’organisme se renouvelle en cette rentrée scolaire.
Marine Ernoult

Celles et ceux qui se rendent sur le site internet de la CSLF peuvent désormais profiter d’une interface «conviviale et facile d’utilisation», selon François Richard, directeur éducatif des programmes. Un nouveau site a en effet été mis en ligne en juillet, une première depuis 2014. Les renseignements sont plus rapidement et facilement accessibles, les élèves et leur famille peuvent s’abonner aux annonces de la CSLF, accéder au calendrier scolaire, aux curriculums et à tous les services qui leur sont offerts. Une vidéo promotionnelle devrait être aussi bientôt disponible sur le site.

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Un site web convivial renouvelé pour la CSLF (capture d’écran)

Un nouveau système de gestion de l’information de l’élève et de sa famille, PowerSchool, est également introduit cette année. Alors qu’auparavant les enseignants et le personnel administratif devaient se référer à différentes bases de données, il leur suffira désormais de consulter Power School. «Avoir toutes les informations centralisées au même endroit représente un avantage en termes d’organisation», assure François Richard. Justine Arsenault, récemment embauchée en tant que formatrice à la techno-pédagogie, sera chargée d’initier le personnel de la CSLF à cet outil.

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PowerSchool est un nouveau système de gestion de l’information de l’élève et sa famille qui est introduit cette année. (Photo: Marcia Enman)

«Valoriser le français à l’extérieur des salles de classe»

Autre évolution majeure en cette rentrée scolaire, le plan stratégique adopté et approuvé par la nouvelle direction de la CSLF. «C’est quelque chose de vivant qui sera amené à évoluer en fonction des besoins», précise Gilles Arsenault, directeur général de la CSLF nommé cet été. Ce document établit la vision de l’organisme pour les trois prochaines années, avec une seule ambition : appuyer une éducation de qualité et assurer l’inclusion de tous les élèves.

Pour y parvenir, les responsables de l’organisme éducatif veulent promouvoir la culture francophone, améliorer le recrutement et la rétention des enseignants et des élèves, ou encore miser sur l’apprentissage. «On souhaite multiplier les activités en français pour faire vivre la langue et la valoriser à l’intérieur mais aussi à l’extérieur des salles de classe», souligne Gilles Arsenault.

Plusieurs projets sont ainsi sur les rails. Les ateliers pratiques Stima pour science, technologie, ingénierie, mathématique et arts vont se poursuivre à la rentrée. Il s’agit de donner le goût des sciences en français aux enfants, de façon ludique. La CSLF travaille aussi sur le projet «Secondaire renouvelé». L’objectif? Avoir une éducation plus engageante et professionnalisante. «On veut que nos jeunes du secondaire apprennent des métiers en français», insiste Gilles Arsenault.

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Quelques membres de l’équipe de la CSLF: Krista Gallant, gestionnaire en autisme et cas complexes, Michel Gagnon, technopédagogue, François Richard, directeur des services éducatifs, Cindy MacLoed, directrice associée aux finances, Brad Samson, directeurs des services administratifs et financiers, Gilles Arsenault, directeur général, et Rachelle Arsenault, adjointe administrative. (Photo: Marcia Enman)

Miser sur l’apprentissage

La CSLF va développer des programmes d’apprentissage avec des périodes de formation en entreprise. Les curriculums vont être adaptés, les normes des cours changées afin que celles et ceux inscrits au secondaire ne restent pas en permanence assis en classe. Un autre programme va être lancé pour s’assurer qu’un climat positif règne dans les écoles. «Les jeunes doivent avoir envie d’aller en classe, pour cela il faut s’assurer d’une bonne collaboration avec les enseignants, il faut créer une communauté d’apprentissage positive», réagit François Richard.

De nouveaux professionnels intègrent enfin les équipes de la CSLF. Bruce Joshua est chargé des curriculums du secondaire, du suivi du projet d’école virtuelle et assure temporairement le poste de conseiller d’orientation. Anne-Marie Rioux est quant à elle la nouvelle responsable littératie et francisation tandis qu’Emma Sassine est en charge de la numératie. «Toutes les deux vont travailler avec les enseignants de la maternelle à la 12eme année pour mettre sur pied différentes stratégies adaptées», explique François Richard. Krista Gallant a de son côté été embauchée pour accompagner les élèves ayant certaines difficultés, les enfants autistes notamment.

Mais tous les postes ne sont pas comblés. La CSLF est toujours à la recherche active d’un conseiller d’orientation, de deux psychologues, de deux agents pour appuyer la réussite des élèves et d’une personne responsable de la gestion du transport scolaire. Gilles Arsenault et François Richard restent confiants et abordent cette nouvelle année scolaire avec enthousiasme. «Quoi qu’il arrive avec la pandémie, on a de l’expérience, on a les stratégies et les façons de faire, on saura s’adapter rapidement pour maintenir le bien-être de nos jeunes», observe Gilles Arsenault. 

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