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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 12 novembre 2020

- Jacinthe Laforest

Phil Murphy (Parcs Canada), Arnold Smith et Tilmon Gallant en train de planter un bouleau blanc.

 

Sans tambour ni trompette, lors d’une cérémonie intime au lieu historique national de Skmaqn–Port-la-Joye–Fort Amherst le 30 octobre dernier, trois arbres ont été plantés, un pour chaque siècle passé depuis l’arrivée de Michel Haché, dit Gallant, de sa femme Anne Cormier, et de leurs contemporains sur l’Île autrefois appelée île Saint-Jean. 

 

Trois arbres : un pin blanc, un chêne rouge et un bouleau blanc, chacun dédié à un personnage historique ayant foulé le sol de l’île Saint-Jean il y a quelque 300 ans, grâce à l’initiative de Georges Arsenault, un des plus ardents promoteurs du lieu historique national Skmaqn–Port-la-Joye–Fort Amherst. 

 

«Port-la-Joye constitue un lieu de mémoire incontournable pour la population acadienne et française de l’Île.  En ce 300e anniversaire, la plantation de ces trois arbres contribuera de belle façon à embellir ce site exceptionnel.  Je souhaite que les trois arbres s’enracinent profondément dans la terre rouge de ce lieu où se sont déroulés d’importants événements historiques de notre province», a déclaré Georges Arsenault lors de la cérémonie. 

 

C’est lui qui a assorti chaque arbre à un personnage historique.  Le pin blanc a été planté en l’honneur du premier commandant de la colonie de l’île Saint-Jean, Robert-David Gotteville, sieur de Belisle.  Capitaine d’une compagnie dans les troupes de la marine, il a été embauché pour ce poste par la Compagnie de l’île Saint-Jean créée par le comte de Saint-Pierre.  Robert-David Gotteville de Belisle est arrivé à Port-la-Joye à la fin de l’été de 1720 avec une troupe de 30 soldats des Compagnies franches de la marine pour former la garnison de Port-la-Joye.  Il est resté en poste jusqu’en 1722 quittant l’île pour cause de santé.   

 

Le chêne rouge, arbre-emblème de l’Île, a été planté à la mémoire de Robert Potier Dubuisson qui a servi à l’île Saint-Jean de 1722 à 1744 à titre de subdélégué de l’intendant de la Nouvelle-France.  De tous les officiers et fonctionnaires postés à Port-la-Joye, c’est lui qui a servi le plus longtemps, soit 22 ans.  Dubuisson a joué un rôle précieux et essentiel dans le développement de la colonie de l’île Saint-Jean.  Ses fonctions étaient nombreuses.  Entre autres, il jouait le rôle de juge, d’arbitre et de conciliateur; il distribuait les provisions aux colons, il faisait les recensements et gérait la concession des terres de concert avec le commandant.  Ce pionnier de l’île Saint-Jean est décédé et enterré à Port-la-Joye en 1744 à l’âge de 61 ans.   

 

Le bouleau blanc a, quant à lui, la tâche colossale de rappeler la mémoire d’un couple dont les descendants qui habitent toujours l’Île se comptent par milliers.  Il s’agit de Michel Haché dit Gallant et d’Anne Cormier.  Ils se sont mariés vers 1690 à Beau-Bassin, en Acadie, et ont eu une famille de 12 enfants.  Michel Haché et quelques-uns de ses enfants sont venus s’établir à Port-la-Joye dès 1720.  La plupart des autres enfants les ont suivis dans les années subséquentes. 

 

Au début des années 1730, la grande majorité des habitants du village de Port-la-Joye appartenait au clan Haché dit Gallant.  Michel Haché, qui a été le premier capitaine du Port-la-Joye, est décédé et a été enterré ici à Port-la-Joye en 1737. 

 

En plus de rappeler ces personnes ayant contribué à la création de la société insulaire, les arbres, plantés par des représentants choisis de la communauté acadienne et francophone et des employés de Parcs Canada, sont un symbole de la collaboration qui caractérise les échanges entre les acteurs des deux entités. 

 

«Les arbres ont été plantés le long du sentier qui mène au monument de l’Odyssée acadienne.  Ils sont petits, mais ils vont grandir», a projeté Barbara MacDonald, gestionnaire des lieux historiques et expérience des visiteurs pour Parcs Canada. 

 

La porte-parole a trouvé la cérémonie «émouvante».  «C’était une cérémonie très courte et intime, il n’y avait que 17 personnes, incluant les représentants de Parcs Canada», a-t-elle indiqué. 

 

Pour le moment, les arbres fraîchement plantés ressemblent à tous les autres arbres de leur âge.  Il n’a pas été question, selon Barbara MacDonald, de placer une plaque souvenir sur ces arbres pour rappeler l’année et la raison de leur présence, ni les personnes auxquelles ils ont été dédiés. 

 

Les trois arbres choisis sont les dignes représentants des variétés qui poussaient en quantité sur les collines de Port-la-Joye, à l’arrivée des colons.  Les jeunes pousses proviennent de la pépinière provinciale Frank J. Gaudet et ont été données à Parcs Canada dans le cadre d’un projet visant à planter 300 arbres sur les sites du patrimoine acadien, dans les communautés, les écoles et les zones naturelles de l’île, en commémoration des 300 ans de présence française et acadienne à l’Î.-P.-É., par l’entremise du programme Espaces verts de la province de l’Î.-P.-É. 

 

Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (anciennement SSTA), Phil Murphy, de Parcs Canada, et Noëlla Richard, directrice du Musée acadien de l’Î.-P.-É., en train de planter un chêne rouge.  (Photos : Gracieuseté)

 

Charles Duguay, vice-président de la Société acadienne etfrancophone de l’Î.-P.-É., Phil Murphy, de Parcs Canada, et Edgar Arsenault, président de la Société acadienne etfrancophone de l’Î.-P.-É., en train de planter un pin blanc.

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