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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

sans-fumee

Le 15 août 2018
Vous êtes plusieurs à nous dire qu’être Acadien, ça veut dire être fier de sa langue et de son histoire.  Vous nous dites que le français fait partie de vos racines et que vous le portez dans votre cœur partout où vous allez.  Vous vous dites fiers de pouvoir parler français encore aujourd’hui dans votre région. Puis, parfois, vous nous dites que votre français est «moins bon», que vous manquez de vocabulaire, que vous n’êtes pas certains que vous pouvez faire une entrevue en français avec une journaliste.

Cette crainte s’appelle l’insécurité linguistique.  C’est un phénomène qui se manifeste chez plusieurs personnes qui vivent surtout en contexte minoritaire, où l’anglais a depuis longtemps pris le dessus sur le français, comme à l’Î.-P.-É. 

Ces personnes ne se sentent pas entièrement à l’aise de parler français, en compagnie d’autres locuteurs comme les Québécois ou les Français, même s’il s’agit de leur langue maternelle.  Cette insécurité est historique : les Acadiens ont été contraints d’apprendre l’anglais et on leur a répété jour après jour que le français était honteux.  Des écoles francophones ont fermé leur porte, et la population francophone a perdu son accès à sa langue.

Depuis, bien des choses ont changé.  On célèbre de plus en plus le parlé acadien, on encourage l’accent, on aime se souvenir des mots qui honorent la mémoire acadienne.  Et c’est merveilleux!

Plusieurs écrits scientifiques sur la linguistique montrent bien qu’il n’existe pas de langue française parfaite.  Les Français, comme les Québécois, ont leur langage bien à eux, tout comme les Acadiens.  Même les Acadiens des différentes régions de l’Île et de l’Atlantique parlent différemment, et c’est tout à fait normal. 

Il est temps de cesser de se comparer à une langue imaginaire, imposée par des organismes comme l’Office de la langue française.  Bien entendu, il est utile d’apprendre les règles et les conventions pour communiquer à l’écrit, mais il est inutile d’espérer avoir un français «parfait» puisque cela n’existe pas. 

Ce qui existe, ce sont différentes variétés de français, avec toutes les couleurs, accents, expressions que les peuples souhaitent leur donner.  Ce sont ces langues multiples qui vivent avec leurs locuteurs, dans les villes et les villages partout au Canada.  Vous devriez être fiers d’utiliser le français que vous avez appris.

Si vous sentez que vous employez trop de mots anglais, plusieurs outils s’offrent à vous; les émissions de télé en français, les films sur Netflix que vous pouvez regarder et écouter en français avec des sous-titres, les livres dans les bibliothèques... 

C’est en utilisant la langue dans différents contextes que vous serez capables d’apprendre ou de réapprendre certains mots.  Vous devriez être fiers de parler votre langue, et en prendre soin de en l’enrichissant comme vous le pouvez. 

En ces journées de fêtes acadiennes, La Voix acadienne vous invite à prendre les devants dans votre quotidien : n’ayez pas peur de parler le français que vous parlez! Au travail, chez le médecin, chez le garagiste, parlez français aussitôt que vous en avez l’occasion! 

Affichez votre fierté du français!

- Par Catherine Paquette

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