Éducation
31 août 2022 Par Marine Ernoult 
Gary L. Evans est doyen par intérim de l’Université de l’Î.-P.-É. et professeur à la Faculté des connaissances autochtones, de l’éducation, de la recherche et des études appliquées. (Photo : Gracieuseté)

Tous les étudiants de l’Université de l’Île-Prince-Édouard devront suivre un cours en études autochtones pour obtenir leur diplôme, à partir de l’automne prochain.  Cet enseignement est proposé par la nouvelle Faculté des connaissances autochtones, d’éducation, de recherche et d’études appliquées.  L’Université veut faire de ses étudiants des citoyens responsables.

À partir de l’automne prochain, tous les étudiants, diplômés de l’Université de l’Î.-P.-É. (UPEI), auront l’obligation de suivre un cours en études autochtones.  Ils en apprendront plus sur l’histoire, la culture, les modes de vie, et les pratiques traditionnelles. 

Des sujets très lourds seront abordés, comme les pensionnats indiens, ou la rafle des années 1960, une politique gouvernementale responsable de l’enlèvement de milliers d’enfants autochtones pour les faire adopter par des familles blanches. 

«On va parler des traumatismes qui se sont transmis à travers les générations, mais aussi du processus de guérison, de réappropriation de la culture», détaille Gary L. Evans, doyen par intérim de l’Université de l’Î.-P.-É. «Ça ne va pas toujours être positif, mais c’est important d’en parler pour éviter que cela ne se répète, et pour faire de nos étudiants des citoyens responsables qui comprennent mieux ce que sont les peuples autochtones», insiste-t-il. 

Ce cours obligatoire est proposé par la nouvelle Faculté des connaissances autochtones, d’éducation, de recherche et d’études appliquées, créé à la fin de l’année dernière au sein de l’Université de l’Î.-P.-É.  Quatre professeurs ainsi que des instructeurs de session assurent des enseignements très variés. 

«C’est un moyen pour eux d’être fiers de leur identité» 

Un cours parle notamment des enjeux environnementaux, et en quoi les savoirs autochtones peuvent contribuer à résoudre la crise climatique.  Les étudiants de l’Université de l’Î.-P.-É. peuvent désormais faire une mineure en études autochtones, et une réflexion est en cours pour offrir une majeure. 

La création de cette Faculté répond aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation de 2015.  L’organisme recommandait notamment d’améliorer l’éducation sur l’histoire autochtoneet les pensionnats indiens. 

«On doit rattraper les manques de notre système éducatif, pour l’instant, on n’a pas été capable d’éduquer les Canadiens, les étudiants internationaux et les nouveaux arrivants sur la véritable histoire du Canada», regrette Gary L. Evans, également professeur au sein de la Faculté. 

Selon l’universitaire, cette Faculté est unique au pays.  «Nous ne sommes pas un simple département, nous sommes une entité à part entière.  Nous nous asseyons à la table du doyen d’égal à égal, salue-t-il.  J’aimerais voir cela dans toutes les universités, c’est le seul moyen de respecter les connaissances et la façon de penser des autochtones, et c’est aussi un moyen pour eux d’être fiers de leur identité.»  

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