Éducation
22 octobre 2021 Par Propos recueillis par Marine Ernoult  / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Anne-Marie Rioux est coordinatrice du programme en francisation et littératie de la Commission scolaire de langue française à l’Î.-P.-É. (Photo : Archives de La Voix acadienne)

La francisation et les compétences en littératie sont un enjeu crucial pour assurer la pérennité de la communauté francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.  Depuis sept ans, la Commission scolaire de langue française (CSLF) a mis sur pied un programme pour aider les élèves à améliorer leur niveau de français, à l’écrit et à l’oral.  Anne-Marie Rioux, la coordonnatrice, nous aide à mieux comprendre. 

Le programme en francisation et littératie a vu le jour il y a sept ans au sein de la CSLF.  Aujourd’hui, dans les six écoles françaises de l’Île-du-Prince-Édouard, huit intervenants en francisation et six mentors en littératie appuient les enfants, de la maternelle à la sixième année, dans leur processus d’apprentissage de la langue, que ce soit à l’écrit, à l’oral ou en lecture.  Anne-Marie Rioux, la coordonnatrice du programme au sein de la CSLF, nous en dit plus et parle des défis en milieu francophone minoritaire. 

En quoi consiste exactement le travail des mentors en littératie et des intervenants en francisation? 

Les mentors en littératie travaillent en étroite collaboration avec les enseignants et les directions.  Ils les aident à développer de bonnes pratiques pour les élèves, de la maternelle à la sixième année.  De leur côté, les intervenants en francisation travaillent avant tout avec les élèves à travers des travaux de groupe ou un suivi plus individualisé.  Ils appuient le processus d’acquisition de la langue qui peut être compliqué si l’enfant vient d’un couple exogame ou d’une famille unilingue anglophone.  Leur travail se focalise de la maternelle à la deuxième année, mais ils peuvent également apporter leur aide à certains étudiants de cinquième année qui ne maîtrisent pas encore bien le français. 

Quels sont les défis de la littératie en milieu francophone minoritaire? 

Les élèves arrivent avec des profils langagiers très différents selon qu’ils viennent d’une famille francophone, exogame, anglophone ou allophone.  Par exemple, dans les écoles de La-Belle-Cloche et de Pierre-Chiasson, de nombreux enfants vivent dans un foyer anglophone alors qu’à l’École Évangéline, il y a beaucoup plus de familles francophones.  Il faut savoir s’adapter.  Surtout que le nombre d’élèves a fortement augmenté ces dernières années dans nos établissements scolaires.  Il y a désormais trois classes de maternelle à l’École François-Buote. 

Quelles sont les clés pour garantir la réussite des élèves dans leur apprentissage du français? 

Les parents sont les premiers éducateurs de l’enfant, avant même son entrée dans le mi-lieu scolaire.  Toutes les recherches montrent que la tranche d’âge, zéro à six ans, est cruciale dans l’acquisition de la langue.  Les parents doivent parler et lire en français à la maison, y compris dans les familles exogames, c’est essentiel.  Ils doivent également participer à la vie communautaire en français, aux activités de CAP enfants, aux soirées Voir Grand, et se rendre dans les bibliothèques francophones présentes dans les écoles de l’Île.  C’est aussi à nous de nous assurer que les familles aient les informations nécessaires sur ces activités, sur les possibilités d’accès à des livres en français. 

L’idée est de faire vivre aux enfants des expériences positives en français qu’ils se disent «je ne suis pas le seul à le parler, je peux me faire des amis dans cette langue».  Garder le français en milieu minoritaire peut se révéler difficile, mais il est important de planter des graines chez les plus jeunes pour qu’ils se forgent une identité culturelle francophone.  On doit s’assurer qu’ils aient des liens forts avec la communauté, car ce sont eux qui assureront sa pérennité. 

De gauche à droite Julie Gagnon, Rachelle Vigneault, Krista Gallant, Anne-Marie Rioux (coordonnatrice en litératie et francisation), Pamela Ouellet, Maha Thomas, Sergine Ouellet, Manon Leclerc et Nathalie Leclerc lors d’une rencontre des intervenantes en francisation le mercredi 13 octobre à l’École La-Belle-Cloche à Rollo Bay.  (Photo : Jacinthe Laforest, La Voix acadienne)

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