Éducation
22 septembre 2021 Par Jacinthe Laforest
Près de 100 élèves fréquentent l’École Pierre-Chiasson à DeBlois. (Photo : Site Facebook de l’ÉPC)

La rentrée scolaire 2021-2022 à l’École Pierre-Chiasson (ÉPC) /s’est faite dans le calme, du moins, pour la première semaine.  Dès la deuxième semaine, la COVID est revenue en force, obligeant toutes les écoles à adopter des protocoles préventifs encore plus sévères que ceux de l’an dernier.  À ÉPC, les problèmes liés au manque d’espaces d’enseignement sont exacerbés par la population étudiante, plus nombreuse que jamais auparavant.

Les quelque 99 élèves de l’École Pierre-Chiasson sont répartis dans quatre salles de classe au primaire, de la maternelle à la sixième année, et dans trois salles de classe et le laboratoire de sciences au secondaire. 

«C’est surtout au secondaire que le manque de place se fait sentir», dit Ghislain Bernard, directeur de l’ÉPC.  «On offre des choix de cours au secondaire.  Ce sont des cours que les élèves ont besoin de suivre pour leur diplôme et aussi en prévision de leurs études postsecondaires.  On n’a pas le choix d’offrir une variété de cours et on ne peut pas tous les enseigner dans la même classe.  J’utilise la bibliothèque, la salle de technologie et le laboratoire de sciences pour enseigner et malgré cela, il arrive qu’il me manque deux salles de classe en même temps.  C’est un problème», décrit le directeur, qui se réjouit cependant de voir que les efforts des dernières années sur le front de la rétention des élèves commencent à porter fruit. 

«Nos années dangereuses pour nous à ÉPC, c’est la 7e et 8e année.  C’est là que nos élèves ont tendance à changer d’école.  Depuis deux ans, on a réussi à garder de 85 % à 90 % de nos élèves, alors qu’auparavant, on en perdait la moitié.  Pour nous, c’est une grande victoire.  Nous voulons que ça se poursuive».

Joint au téléphone le jeudi 16 septembre, Ghislain Bernard était en train de mettre en place les nouvelles consignes de santé publique, entrées en vigueur le matin même.  «Les annonces d’hier (le mercredi 15 septembre) étaient une surprise pour nous.  On a commencé à voir dans les médias les nouvelles consignes, mais en tant que directeur d’école, je ne peux pas déclencher de mise en œuvre avant d’avoir reçu les communications officielles.  Je les ai trouvées ce matin dans ma boîte de courriel.  Je les avais reçues à 23 heures mercredi soir.  Personnellement, je trouve que les autorités devraient nous mettre au courant avant de faire des annonces.  Mais c’est peut-être juste moi», dit le directeur. 

Ghislain Bernard, directeur de l’École Pierre-Chiasson.  (Photo : Archives de La Voix acadienne)

La COVID nuit au français

Depuis que la COVID-19 a frappé, Ghislain Bernard et le personnel enseignant à l’ÉPC constatent que les élèves peinent à maintenir leurs niveaux en expression orale en français.  «On le voit, dans nos évaluations internes et tous les jours.  La COVID a entraîné la fermeture des activités communautaires et d’enrichissement culturel, a limité les sports interscolaires, etc.  Cela a réduit de beaucoup le temps d’exposition de nos élèves au français et ça les a privés de vivre des expériences culturelles et amicales en français, à l’extérieur des salles de classe.  Ça a un impact sur leur facilité à s’exprimer en français.  Nous devrons trouver des façons de compenser cela».

Ghislain Bernard trouve regrettable que toutes les écoles de l’Île soient soumises aux mêmes règles sévères, lorsqu’une éclosion est localisée seulement dans la région de Charlottetown. 

«C’est toujours là que ça se déclare.  Charlottetown devrait avoir sa propre zone COVID.  Ici à Prince-Ouest, il y a eu un cas seulement depuis le début de la pandémie, et c’était à Tyne Valley.  C’est facile de voir qu’on n’a pas les mêmes taux qu’à Charlottetown».

Ceci étant dit, Ghislain Bernard est très fier de voir comment les élèves à son école coopèrent dans ces efforts.  «Au début de l’année, j’ai fait passer le message aux élèves du secondaire, que la majorité de nos élèves n’était pas vaccinée, et que ce n’était pas une question de choix.  Je leur ai fait comprendre que nous avions la responsabilité de protéger les plus jeunes». 

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