Éducation
29 août 2021 Par Propos recueillis par Marine Ernoult IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Gilles Arsenault est le nouveau directeur de scolaire de langue française de l’Île-du-Prince-Édouard.  (Photo : Jacinthe Laforest)

Depuis le 9 août, Gilles Arsenault est le nouveau directeur général de La Commission scolaire de langue française (CSLF) de l’Île-du-Prince-Édouard.  Après 27 ans de carrière dans l’éducation, l’Acadien se veut à l’écoute des enseignants, des élèves et des familles.  Il définit ses priorités et partage les défis de l’enseignement du français en milieu minoritaire. 

Après avoir été successivement enseignant, directeur de l’école Évangéline, être passé par le ministère de l’Éducation provincial et la Fédération des enseignants de l’Î.-P.-É., Gilles Arsenault vient d’être nommé directeur général de la CSLF.  À la veille de la rentrée scolaire, il explique quels sont les priorités et les défis. 

Il y a eu beaucoup de changements ces dernières années au niveau de la direction de la CSLF, voulez-vous imprimer une marque à plus long terme?

Pour les six ans de carrière qu’il me reste, je veux offrir mes services à la communauté francophone, apporter à la CSLF la stabilité qu’elle cherche au niveau de la direction.  Je veux appuyer les enseignants et les élèves sur la durée, bâtir une relation de confiance.  C’est la clé pour avoir une éducation de qualité.  Être passé par le ministère de l’Éducation représente également un atout.  Je connais les dossiers, j’ai établi une relation de travail de longue date avec un partenaire essentiel.

À vos yeux, quels sont les défis des années à venir? 

Le premier, c’est le recrutement et la rétention des enseignants.  Comme partout au pays, on est confronté à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.  Ça peut être très difficile de les attirer dans la province.  Au sein d’un comité créé avec le gouvernement provincial, on a mis sur pied une stratégie afin de faire connaître l’Île.  Cette année, on a de la chance, il nous reste seulement un poste à combler en deuxième année.  Au niveau des suppléants, on est également prêts pour septembre.  On a une bonne base sur laquelle on peut compter.  Pour garder les enseignants sur la durée, il faut les accompagner professionnellement, mais aussi personnellement afin qu’ils soient intégrés dans la communauté.  Il y a un équilibre à trouver.  

L’autre défi, c’est de retenir nos élèves jusqu’à la fin du secondaire.  On travaille actuellement sur deux projets : «Secondaire renouvelé» auquel sont associés les parents et leurs enfants, et «Transition jeunesse» issue d’un partenariat entre le RDÉE et le ministère de l’Éducation.  Notre but est d’avoir une éducation plus engageante et professionnalisante, d’avoir plus d’opportunités qui permettent aux jeunes de s’épanouir en français hors des murs de l’école.

Pouvez-vous nous en dire plus? 

On mise sur l’apprentissage avec la création de programmes adéquats plus innovants.  Autrement dit, on veut que nos jeunes du secondaire apprennent des métiers en français.  On va adapter nos curriculums et changer les normes des cours afin qu’ils ne restent pas en permanence assis en classe.  Nous n’avons pas les moyens financiers et humains d’offrir des cours où ils apprennent des métiers manuels, mais si on développe des programmes d’apprenti, ils pourront bénéficier de périodes de formation en entreprise qui leur rapporteront des crédits. 

Les écoles françaises de l’Île attirent de plus en plus de monde, allez-vous devoir pousser les murs dans le futur? 

Actuellement, nous pouvons accueillir tous les élèves.  Mais il est vrai que l’agrandissement de l’école François-Buote à Charlottetown sera un projet prioritaire au cours des prochaines années.  Nous étudions actuellement avec le ministère de l’Éducation les possibilités d’extension en fonction de l’évolution du nombre d’étudiants.

 

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