Éducation
05 juin 2021 Par Jacinthe Laforest
La distribution des poissons pour la remise à l’eau s’est faite dans un enthousiasme calme. Entourant l’enseignant de mathématiques Denis Morais, on reconnaît Jada Carragher (derrière l’enseignant), McKinley Bernard (qui regarde dans le seau), Annabelle Chaisson (chandail rose) et Brooke Gordon. (Photos : J.L.)

Les élèves de 4e et 5e année de l’École Pierre-Chiasson ont dit au revoir et bonne chance à 56 petits saumons le mardi 25 mai, au cours d’une excursion avec leurs parents à l’étang Profit, à Rosebank près de Mill River East.  Une activité de connexion avec la nature et de sensibilisation à l’environnement.

«Regarde, le mien il se met à l’abri dans les herbes», dit une élève, qui observe les mouvements du petit poisson qu’elle vient de remettre à l’eau.  Bien vite, elle n’arrive plus à distinguer le poisson et un autre élève prend sa place pour mettre à son tour son petit poisson à l’eau.  Chaque élève de la classe de Denis Morais, à l’École Pierre-Chiasson, a eu l’occasion de lancer plusieurs petits poissons dans leur nouvel habitat, beaucoup plus grand que le simple aquarium qu’ils ont connu depuis leur éclosion à l’École Pierre-Chiasson.  

Au cours des derniers mois, les élèves ont suivi les progrès des poissons et leur principale statistique a malheureusement été le taux de décès, comme l’explique l’enseignant Denis Morais : «On en a perdu 45 qui sont morts dans l’aquarium, et quelques-uns sont morts dans le transport vers l’étang.  Et on en a remis 56 à l’eau.  Donc, on peut dire qu’on a un taux de sur-vie d’environ 50 %.  Vous savez, on fait des hypothèses.  

L’an dernier, alors que l’école était fermée et qu’il faisait noir, notre taux de survie a été le meilleur à date.  Ça fait sept ans qu’on fait ceci et les élèves ont utilisé les données des dernières années pour faire des tableaux, des prédictions, etc. Ça a été une belle activité», a insisté l’enseignant.

L’étang Profit (Profit’s Pond) fait partie du réseau hydrique de la baie de Cascumpec et à ce titre, profite des travaux de l’association du bassin versant Cascumpec Bay Watershed Association Inc. dirigée par John Lane.  Ce dernier s’est fait un devoir d’expliquer aux élèves tout le travail que son groupe fait pour redonner à cet étang une belle vie.  

Vestige d’une vieille écloserie

Autrefois, il y avait une écloserie, tout près de Profit’s Pond.  «Les réservoirs étaient là, juste à côté.  Les poissons matures y étaient placés pour pondre leurs œufs et une fois éclos, les poissons étaient remis dans l’étang.  Tout allait bien jusqu’à ce que deux années de suite, les poissons meurent à cause des produits chimiques agricoles.  Il a alors été décidé de fermer l’écloserie.  Les réservoirs sont encore là, pour rappeler cette époque», dit John Lane.  

L’étang est graduellement devenu un milieu incapable de soutenir la vie.  L’eau n’y coulait plus.  Il était pour ainsi dire mort.  Mais en 2014, le groupe de John Lane a commencé ses travaux de réfection.  L’étang a été excavé pour lui redonner de la profondeur.  Au fil des années, les travaux ont permis l’installation d’une passe migratoire pour permettre aux saumons de remonter vers l’étang pour y pondre. 

«Maintenant, l’étang est en parfaite santé.  On y a vu des castors, des rats musqués.  Il y a des oiseaux, de la truite et du poisson.  C’est un habitat en pleine santé.»

Selon lui, les poissons relâchés dans l’étang ont de bonnes chances de s’adapter.  «Quand ils sont petits, ils se cachent sous les roches et dans les herbes au bord.  Les poissons plus gros se tiennent plus vers le milieu de l’étang et ces temps-ci, avec les insectes, ils ont de la nourriture en abondance.  Par contre, je ne pourrais pas dire si, quand ils seront grands, ces saumons reviendront pondre dans cet étang ou dans un autre.  Ce que je sais, c’est qu’il y a du poisson dans l’étang», dit John Lane, qui parle très bien français.  

Responsable d’un territoire passablement grand, l’association du bassin versant de la Baie de Cascumpec travaille avec des groupes scolaires pour faire de la sensibilisation.  En plus des projets de poissons, l’association accueille plusieurs groupes scolaires entre autres pour planter des arbres.  «Ce printemps, nous allons planter environ 1 500 arbres».

Après avoir remis les poissons à l’eau, les élèves de Pierre-Chiasson sont allés voir les installations de la passe migratoire, mais pas sans avoir eu droit, au passage, à une crème glacée, gracieuseté de l’enseignant.  Tous les emballages ont été soigneusement recueillis pour ne pas souiller l’environnement, une autre belle leçon pour tous.

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