Éducation
19 mai 2021 Par Jacinthe Laforest
Léo Pendergast lors de son escale à l’École Évangéline le jeudi 13 mai, dans le cadre de la tournée de promotion du projet de distribution de livres inclusifs (LGBTQ+) dans les classes de la CSLF. (Photo : J.L.)

Leo Pendergast et Jenn Lewis sont tous deux en 11e année à l’École François-Buote.  Confrontés à leur questionnement identitaire depuis l’enfance, ils ont conçu un projet pour distribuer dans les classes de la CSLF des ressources qu’eux-mêmes auraient voulu avoir plus tôt dans leur vie.  Démarré en septembre, le projet arrive maintenant à sa concrétisation. 

«On a voulu démarrer ce projet parce que personnellement, moi, comme enfant, si j’avais eu des ressources comme cela, il y aurait moins de confusion dans mes pensées, et j’aurais été plus à l’aise avec mon identité», dit Leo Pendergast.  

Le cours de leadership à leur école auquel ils étaient inscrits au premier semestre leur a fourni le temps, l’espace et l’encadrement de départ pour concevoir leur projet et franchir les étapes.  

«On a vite identifié le besoin de livres, mais on ne savait même pas si ça existait.  À notre surprise, on en a trouvé beaucoup.  On a lu des dizaines de livres en ligne pour choisir les bons.  Cette partie du projet était un peu pénible...», avoue Leo Pendergast.  

Une fois les livres choisis, il fallait de l’argent pour les acheter.  «On a expliqué notre projet, on a fait des demandes et on a reçu l’appui financier de plusieurs groupes : JAFLÎPÉ, Pride PEI, Commission scolaire de langue française (CSLF), l’Association des enseignants et enseignantes de langue française (AEELF) et Jeunes en action.  Ça nous a beaucoup aidés parce notre projet visait à mettre au moins une ressource dans chaque classe de chaque école de la CSLF.  Je pense qu’on a acheté environ 250 livres, de neuf titres différents».

Tournée dans les écoles 

Le 5 mai dernier, Leo Pendergast, entouré de JAFLÎPÉ et de la CSLF, a entrepris une tournée de promotion dans les écoles, en commençant par une présentation dans sa propre école.  «Ça s’est très bien passé.  Les livres avaient été distribués quelques jours avant et ils avaient déjà été lus en classe.  J’ai apprécié qu’ils soient vraiment utilsés», a confié Leo, alors que le 13 mai, il était à l’École Évangéline pour présenter le projet.  Là aussi, les élèves de la maternelle à la 6e année (divisés en trois groupes) avaient presque tous eu la chance de lire les livres.  

Devant le groupe de 5e et 6e année, Leo a lu l’histoire d’un crayon rouge qui écrivait bleu.  Dans son entourage, on cherchait à l’aider en lui conseillant de faire plus d’efforts, jusqu’à ce qu’on lui demande de dessiner un bel océan bleu.  Cela a changé sa vie.  «Selon vous, quel est le message de ce livre?» a demandé Leo aux élèves.  Les réponses ont été surprenantes : «ce n’est pas ce que les autres disent ou pensent de toi qui compte, c’est qui tu es toi», a dit un élève, résumant ainsi tout le propos du livre.

Les autres dates de la tournée sont le 19 mai à l’École Pierre-Chiasson, le 25 mai à l’École-sur-Mer, le 27 mai à l’École La-Belle-Cloche et le vendredi 28 mai à l’École Saint-Augustin.  

Leo Pendergast fait la tournée sans son collègue pour une raison simple : Leo a mis une période libre à son horaire scolaire.  Cela lui permet de se rendre disponible.  «Notre projet a été parfois difficile et très demandant, mais en même temps, on en a retiré beaucoup de joie, juste en  pensant que nous allions aider à créer une société plus inclusive avec la prochaine génération.  Les livres sont autant pour que tous les élèves puissent se reconnaître que pour sensibiliser tous les enfants et le personnel aux différences.  Et jusqu’à présent, le feedback que nous avons reçu a été très positif», dit Leo.  

Du côté des deux partenaires clés, JAFLIPE et la CSLF, c’est le même son de cloche.  «Leo est le représentant de JAFLÎPÉ à l’École François-Buote et nous sommes contents de l’appuyer dans son projet, qui rejoint les priorités identifiées par nos membres», dit Daniel Pitre. 

Patrick Bourdeau de la CSLF croit que ce projet aura véritablement un impact non seulement à l’école, mais également dans les familles.  Il estime que les enfants sont naturellement ouverts à la différence et que dans bien des cas, ils pourraient enseigner l’inclusion à leurs parents.  Il a aussi laissé entendre qu’un projet comme ceci est facilement exportable ailleurs au Canada.  

Rappelons qu’avant d’être distribués dans les classes, les livres ont été analysés par les mentors en littératie, afin qu’ils correspondent aux niveaux de lecture des élèves auxquels ils sont destinés. 

Ces titres ont été distribués dans les classes et ce sont aussi d’excellentes suggestions pour la maison.  «Ce sont des livres pleins de belles émotions», affirme Leo.

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