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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 13 mars 2021

- Jacinthe Laforest

 

 

Le mercredi 3 mars, la ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a annoncé via un petit point de presse sur Zoom que son gouvernement avait investi 46,5 millions de dollars dans 76 projets susceptibles d’aider au recrutement et à la rétention des enseignants.  La Commission scolaire de langue française à l’Î.-P.-É. participe à l’un de ces projets, en collaboration avec le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu et la Direction des écoles publiques (PBS) : une base de données provinciale.

 

Le directeur général de La Commission scolaire de langue française, François Rouleau, était branché sur la mise à jour virtuelle de la ministre Mélanie Joly concernant les efforts de recrutement et de rétention des enseignants du français. 

 

«Toutes ces initiatives ne peuvent pas nuire, c’est certain, mais elles ne vont pas tout régler non plus.  Chez nous, à la CSLF, notre plus gros problème est le financement pour créer les postes dont nous avons besoin, notamment pour gérer le recrutement», dit François Rouleau.  

 

À la CSLF, la gestionnaire des ressources humaines (Nathalie Malo) est affectée à ce dossier seulement à temps partiel.  Elle gère en plus au quotidien des dossiers qui ne peuvent pas attendre.  «C’est utopique de penser qu’elle pourrait participer à toutes les foires d’emplois, visiter toutes les facultés d’éducation, et gérer les besoins du personnel existant.  Elle vient de participer à la foire internationale Destination Canada qui était virtuelle.  Elle a reçu 1 200 CV de l’internationale.  Ça va être une tâche énorme de trier tout ça et de faire les suivis», élabore François Rouleau.  

 

La base de données sera utile, mais n’est pas parfaite

 

Le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu, avec la PBS et la CSLF mettent sur pied une base de données provinciale pour réunir en un seul endroit les dossiers des enseignants.  

 

Pour la CSLF, où les dossiers du personnel sont encore dans des fiches sur papier et dans des classeurs de métal, le changement sera notable.  «Je pense que la base de données sera utile, mais elle n’est pas parfaite, entre autres parce que l’outil que la province a sélectionné est seulement en
anglais.  On est pris avec pour le moment».

 

François Rouleau aurait aimé, à titre d’exemple, lier la base de données au nouveau site Web en construction pour permettre aux candidats de déposer leur CV ou de remplir des formulaires.  «Je me sens mal à l’aise à l’idée que des candidats pour des postes en français soient obligés de faire tout ça en anglais.  Mais on va voir».

 

Comme partie de ce projet, la CSLF a embauché une consultante, Linda Lowther, pour participer au transfert des données sur la base de données People Soft.  Une partie de son mandat sera aussi de faire des recommandations pour améliorer les capacités de recrutement de la CSLF.  

 

«Je ne veux pas présumer de ce que contiendront ses recommandations, mais j’espère que la question du manque de ressources humaines en recrutement y sera adressée.  Aussi, la question des suppléances.  Ce n’est pas trop grave au centre de l’Île, mais à l’École Pierre-Chiasson et à l’École La-Belle-Cloche, c’est un gros défi».

 

Disant cela, François Rouleau aimerait créer des postes à temps plein d’enseignants itinérants qui pourraient se rendre, selon les besoins, dans les écoles sur un territoire donné.  «Ils auraient un emploi à temps plein, mais pas nécessairement avec une classe, et ils seraient les premiers considérés lorsqu’un poste s’ouvre sur leur territoire», se permet-il d’imaginer, alors que les ressources financières ne sont
tout simplement pas là.  

 

Par ailleurs, La Commission scolaire de langue française est à la recherche d’un gestionnaire en autisme depuis plusieurs mois, sans succès.  

 

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