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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 10 février 2021

- Jacinthe Laforest

 

Éric Morency, conseiller en orientation et coordonnateur de la toute nouvelle école sans murs.  (Photo : J.L.)

 

L’Île-du-Prince-Édouard était l’une des seules, sinon la seule, province au Canada à ne pas avoir sa propre école virtuelle.  Jusqu’à tout récemment, les élèves qui suivaient des cours en ligne les recevaient via des plateformes situées au Nouveau-Brunswick.  Ce n’est plus le cas depuis le début du second semestre.  

 

René Hurtubise, directeur des services d’éducation en français au ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu ne pourrait pas être «plus excité» de parler de cette 63e école à l’Île-du-Prince-Édouard.  «Nous sommes au début.  Nous avons cinq cours, un enseignant de l’Île et une enseignante qui est au Nouveau-Brunswick.  On espérait 30 élèves, on en a environ 35! Les inscriptions fluctuent encore.  Nous sommes très heureux de la réponse très rapide des élèves», dit René Hurtubise.  

 

Horaire flexible

 

Le cours le plus populaire, et de loin, est le cours de psychologie.  «Ça ne me surprend pas du tout», dit Éric Morency.  Conseiller en orientation et depuis peu, coordonnateur de cette toute nouvelle école sans murs, il dit avoir remarqué chez les élèves un appétit pour des cours qui ne sont pas offerts du tout.  «Ce n’est pas parce que nous ne voulons pas les offrir, c’est qu’il n’y a pas de place dans l’horaire.  La nouvelle école virtuelle va ajouter des cours de façon flexible, s’adaptant à l’horaire de l’élève.»

 

De façon plus précise, 20 élèves sont inscrits en psychologie.  Quatre élèves peuvent suivre le cours au premier bloc; cinq au second bloc, et ainsi de suite.  Les enseignants enregistrent des modules, prévoient des exercices et les contenus sont accessibles lorsque l’élève a du temps libre pour les consulter.  Les enseignants interagissent directement avec l’élève surtout pour donner des explications supplémentaires et pour vérifier des apprentissages.

 

«Ce qu’on ne voulait absolument pas, c’est ajouter de la lourdeur au travail des directions d’école, et les forcer à modifier leurs horaires en fonction de notre horaire.  C’est le contraire», affirme René Hurtubise, qui prédit des retombées positives.

 

«Tout le monde pense toujours à la rétention des élèves et c’est vrai qu’avec plus de cours, ils seront plus motivés, mais je prédis que les effets sur la rétention des enseignants seront encore plus remarquables.  Dans les écoles de la CSLF, en particulier, les enseignants sont obligés d’enseigner des matières dans lesquelles ils ne sont pas des spécialistes.  Cela finit par affecter leur motivation.  On pense que c’est facile, parce qu’il y a seulement cinq élèves dans la classe.  Mais c’est la même préparation que pour 30 élèves.  Et si on demande à un enseignant de prendre en main un autre cours et puis un troisième, ça devient trop lourd.»

 

Pour lui, l’apport d’enseignants supplémentaires pour se charger des matières plus pointues, comme le calcul différentiel et intégral (un des cours offerts), va soulager d’autant les enseignants, tout en ne pénalisant aucunement les élèves, qui trouveront des offres plus variées. 

 

Pour l’instant, l’école virtuelle provinciale est toute petite, et est seulement en français.  Les cinq cours initiaux : Psychologie, grammaire et trois cours de mathématiques, sont offerts autant à la CSLF que dans les programmes d’immersion.  Il n’y a pas eu d’inscriptions en immersion ce semestre-ci.  

 

Rétention des enseignants

 

Les créateurs de l’école virtuelle de l’Île-du-Prince-Édouard se sont inspirés du modèle de l’école virtuelle bilingue de la Nouvelle-Écosse, qui offre un assortiment impressionnant de cours.   Le directeur de l’instruction à La Commission scolaire de langue française, Patrick Bourdeau, se réjouit de l’avènement de cette école.  «Clairement, ça répond à un besoin et pour certains de nos élèves, ça élargit leurs options vers les choix d’études postsecondaires».  

 

Mentionnons en terminant que les deux enseignants recrutés sont bien réels. Éric Arseneault de la CSLF, donne les trois cours de mathématiques et de calcul et Nathalie Godin (du Nouveau-Brunswick) donne les cours de psychologie et de grammaire.  

 

La création de l’école virtuelle a été rendu possible grâce à un appui financier de Patrimoine canadien dans le but d’appuyer la rétention des enseignants du secondaire dont la charge de travail est parfois élevée étant donné le  Le site Web de l’école virtuelle se trouve au https://sites.google.com/cloud.edu.pe.ca/ecolevirtuelleprovinciale 

 

Visitez le site Web https://sites.google.com/cloud.edu.pe.ca/ecolevirtuelleprovinciale pour plus d’information sur l’école virtuelle.

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