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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 16 octobre 2020

- Par Jacinthe Laforest

Paulette LeBlanc, diretrice de l’École Évangéline.  (Photo : J.L.)

 

«Si tout se déroule bien dans les écoles, depuis la rentrée, c’est grâce aux longues heures passées à étudier tous les scénarios possibles, et ce, même avant que la cloche de la rentrée n’ait sonné.  À l’École Évangéline, la directrice Paulette LeBlanc en montre pour preuve un classeur à anneaux déjà rempli de formulaires, de plans opérationnels, de consignes à suivre suivant tel ou tel scénario. 

 

«Voici tous les documents et les règlements auxquels nous avions besoin de nous conformer pour ouvrir notre école.  Ça a été beaucoup de travail», a dit Paulette LeBlanc, montrant un volumineux classeur à anneaux où est colligé tout ce qui concerne le fonctionnement de l’école par rapport à la COVID-19. 

 

Tout y est : les places assignées dans les classes, dans les autobus, les horaires de tous et de chacun, afin de retracer le plus efficacement possible les mouvements d’un élève ou d’un membre du personnel en cas de symptômes. 

 

«Plusieurs élèves sont retournés à la maison en milieu de journée parce qu’ils avaient des symptômes.  Après leur départ, chaque fois, il faut tout désinfecter : les pupitres, les poignées de porte, les abords de la fontaine où ils auraient pu remplir leur bouteille, les rampes d’escalier.  Après avoir obtenu les résultats des tests, les parents nous les communiquent et l’élève peut revenir à l’école».

 

Pour Paulette LeBlanc, le plus grand défi de la rentrée scolaire a été celui du transport, curieusement.  «Il y avait énormément de détails à coordonner, surtout pour les parents qui déposent leurs enfants le matin et les reprennent le soir.  Au début, il fallait assurer que des bénévoles, trois ou quatre le matin et de nouveau l’après-midi, soient à l’accueil pour diriger et orienter, et éviter que les gens se croisent.  Maintenant, cinq semaines après la rentrée, les mouvements sont bien réglés et les parents et les élèves savent quoi faire.  Alors, on a réduit le nombre de bénévoles.  Par chance, nous avons de fidèles bénévoles», dit-elle avec reconnaissance.

 

Les cohortes au quotidien

 

À l’École Évangéline, les élèves ont été divisés en cinq cohortes.  Les M-2 (cohorte A), la moitié des 3-6 (B1), l’autre moitié des 3-6 (B2), les 7-9 (C) et les 10-12 (D).  Comme dans les autres écoles, ce sont ces cohortes qui permettent aux élèves de se déplacer de façon sécuritaire dans l’école.  Mais les cohortes n’auraient rien pu faire si le personnel administratif n’avait pas planifié chaque horaire avec soin, comme pour la prise du repas de midi à la cafétéria. 

 

«Nous avons fait ce choix que tous nos élèves iraient à la cafétéria à l’heure de midi, pour faire une pause de la salle de classe.  Ça fait du bien à tout le monde.» Paulette LeBlanc explique que pour que ça fonctionne, le gymnase secondaire de l’école (le petit gymnase) soit transformé en salle à manger à l’heure de midi.  Les tables pliantes sont entreposées dans le corridor pour les cours d’éducation physique, et elles sont déployées pour le repas.  «Il y a les questions de distance à respecter, mais c’est surtout pour qu’on puisse désinfecter entre les cohortes sans perdre de temps.  Et ça fonctionne très bien», dit la directrice. 

 

Les gens qui ont visité les classes du secondaire auparavant savent que certains locaux apparaissent surpeuplés.  «On a fait de la place.  On a sorti les étagères, tous les meubles et accessoires qui n’étaient pas absolument nécessaires.  On a mesuré, on a même mis des rubans adhésifs sur les planchers pour nous guider, et je peux dire que nous avons pu respecter les distances, dans 80 % des classes.  Pour les autres, on a fait pour le mieux.  On n’a pas le personnel pour faire une seconde classe, alors on a fait avec ce qu’on avait».

 

Postes COVID-19

 

Le gouvernement provincial a octroyé des postes supplémentaires aux écoles, pour les aider à faire face.  Une adjointe administrative, un enseignant ressource, un concierge et une assistante en éducation (tous les postes COVID sont jusqu’à Noël).

 

«Je regrette qu’il (le ministère) n’ait pas jugé bon d’octroyer un soutien aux directions scolaires.  J’ai une directrice adjointe qui est surtout enseignante.  Avec toutes les tâches administratives supplémentaires, j’aurais apprécié un soutien plus direct pour mon poste», avoue la directrice. 

 

Pour au moins un autre poste, celui d’enseignant ressource, une solution créative a été inventée.  «Notre enseignante ressource, Chrystel Arsenault, a pris une année sabbatique pour faire sa maîtrise en ressource.  Nous avons embauché Krista Gallant qui fait actuellement sa maîtrise dans ce domaine.  Mais, nous avons aussi reçu un poste d’enseignant ressource “COVID” à temps plein jusqu’à Noël.  Nous avons affiché le poste et nous n’avons pas eu de candidatures.  Alors nous l’avons séparé en deux : Chrystel a accepté de venir à l’école deux jours par semaine, et Velma Durant, qui a pris sa retraite l’an dernier, a accepté de venir trois jours par semaine, jusqu’à ce qu’on trouve quelqu’un.  Nous sommes chanceux de les avoir», constate la directrice. 

 

Toutes les précautions sont prises pour éviter que les écoles ne soient à nouveau obligées de fermer.  Mais si cela arrivait, on serait plus prêts qu’en mars dernier.  Toutes les ressources développées par les enseignants de mars à juin existent encore.  De plus, tous les enseignants d’ÉÉ ont suivi la formation pour utiliser les applications de la suite Google.  C’était obligatoire avant même la rentrée.  «J’ai des enseignants qui ont fait une étape de plus et qui ont passé l’examen de trois heures pour obtenir leur certification de formateur.  C’est précieux pour l’école».

 

Voyage international

 

Le prochain voyage international n’est pas annulé, mais il y a de fortes chances qu’il le soit, surtout parce que les activités de collecte de fonds sont au point mort.  La compagnie «EF Voyages Culturels» a permis aux parents de retirer l’argent qu’ils avaient déjà déposé en acompte.  «Le comité responsable s’est remis sur pied, pour faire avancer les choses et aussi pour voir si ce sera même possible de faire un voyage de fin d’année des élèves de 12e année.  On ne sait pas encore».

 

Malgré les défis qui se manifestent au quotidien, Paulette LeBlanc est heureuse de pouvoir compter sur un personnel dévoué qui fait preuve de bonne volonté, qui est patient et gentil avec tous.  «Les élèves suivent très bien les règlements pour le port de masques et sont très coopératifs avec nous pour tous les changements», a conclu la directrice. 

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