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Le 8 octobre 2020

- Par Jacinthe Laforest

Sylvain Gagné est le directeur de l’École Saint-Augustin depuis septembre.  Il est agréablement surpris par le climat de collaboration et de bienveillance qui règne dans son école. 

 

L’École Saint-Augustin à Rustico compte 54 élèves cette année.  Répartis de la maternelle à la sixième année, ils auraient pu être inclus dans une seule cohorte, mais les dirigeants scolaires ont plutôt opté pour deux cohortes, plutôt plus faciles à gérer. 

 

«Ici à Saint-Augustin, nous avons de la chance, nous avons un petit nombre d’élèves.  Ça nous facilite les choses.  Nous avons tout de même créé deux cohortes, par mesure de prévention».  Une fois cela dit, le directeur de l’école, Sylvain Gagné, affirme qu’il a tout de même été surpris de la facilité avec laquelle les élèves, les parents et le personnel sont entrés dans la nouvelle routine. 

 

«Je m’attendais à un peu plus de réticence au port du masque.  Je m’attendais à devoir répéter et rappeler les consignes plus souvent, mais au contraire, tous collaborent.  Même après un mois, je ne sens aucune tension accumulée, aucune anxiété ni chez les élèves ni chez le personnel, et les parents sont aussi très calmes», dit Sylvain Gagné. 

 

Dans son école, la plupart des parents ont opté pour le transport en autobus, lorsqu’ils ont vu les mesures prises.  En résumé, les élèves les plus jeunes s’assoient devant, les plus vieux, derrière.  Les plus jeunes quittent l’autobus en premier, et avant que les plus vieux ne descendent à leur tour, le chauffeur désinfecte les rebords des bancs puis les plus vieux peuvent sortir.  À l’intérieur de l’autobus, les frères et sœurs qui sont dans la même cohorte peuvent s’asseoir ensemble.  S’ils ne sont pas dans la même cohorte, ils ne s’assoient pas ensemble. 

 

«Ce qui est important pour établir la stabilité, c’est d’être ferme et constant.  La minute où tu introduis des exceptions, ça devient difficile à gérer.  On établit les règles et on les suit, je dois dire, avec beaucoup de bonne volonté de la part de tous.  Tout le monde comprend qu’on est en train d’apprendre.  Tout le monde est patient et s’adapte aux petits inconvénients en sachant que l’enjeu est plus grand que leur confort immédiat».

 

Pour le fonctionnement régulier de l’école, les élèves ont accès aux toilettes scolaires, en respectant la capacité de deux élèves en même temps, grâce au fameux système des macarons collés au cadre. 

 

Les élèves mangent dans leur classe, des repas chauds livrés juste à temps. 

 

Récupération et préparation 

 

Outre la logistique de la rentrée, il y a aussi le côté non négligeable de la pédagogie.  «Nous avons deux grands thèmes cette année : la récupération et la préparation.  En temps normal, durant l’été, les élèves régressent un peu dans leurs apprentissages.  Les enseignements sont moins frais dans leur tête lorsqu’ils arrivent en septembre.  Cette année, c’était d’autant plus inquiétant que les élèves n’étaient plus à l’école depuis le mois de mars.  Durant tout le mois de septembre, nous avons fait nos évaluations et nos diagnostics, et encore là, je dois dire que même s’il y a des petits retards, c’est loin d’être généralisé.  Nous allons commencer sous peu notre travail pour mettre les connaissances à niveau et pour commencer les nouveaux enseignements».

 

L’autre grand dossier est la préparation.  Personne ne veut que la situation de mars dernier se renouvelle, mais il est possible qu’on soit à nouveau obligés de fermer les écoles.  «La dernière fois, on n’était pas préparés.  Maintenant, on sait beaucoup mieux de quoi on aurait besoin, en termes d’outils technologiques et de connaissance, pour poursuivre l’enseignement.  J’ai travaillé deux ans comme conseiller en intégration des technologies en salle de classe au ministère de l’Éducation, alors, je me sens à l’aise dans cette préparation», dit Sylvain Gagné, qui, dans le contexte de la COVID, est affecté à l’administration à 100 % de son temps, alors que dans le passé, les directions avaient aussi des charges d’enseignement. 

 

C’est d’ailleurs le cas pour Julie Gagnon qui est l’enseignante de 5e et 6e année et qui est aussi directrice adjointe. 

 

Sylvain Gagné affirme également que l’esprit de collaboration s’étend jusqu’au personnel du Conseil acadien de Rustico.  «Dans d’autres centres, les administrations scolaires et communautaires sont séparées, mais dans le nôtre, les bureaux du “CaR” sont nos voisins immédiats.  Et comme ils peuvent plus difficilement faire des activités ouvertes à la communauté, ils nous ont offert de l’aide pour des projets.  C’est très apprécié». 

 

Les fontaines «publiques» ont été condamnées à l’École Saint-Augustin.  Les élèves apportent leur bouteille d’eau de la maison et la remplissent à même les robinets qu’il y a dans chaque salle de classe.  (Photos : J.L.)

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