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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 28 janvier 2020

- Par Jacinthe Laforest

Il y a seulement quelques mois, La Commission scolaire de langue française (CSLF) aurait pu décider de réviser l’ensemble de ses politiques, sans que personne le sache.  En effet, bien que les réunions aient toujours été publiques, très peu de personnes y assistaient dans le passé.  Puis, par souci de transparence, voici que les ordres du jour sont diffusés à l’avance, que des procès-verbaux sont aussi rendus publics et que les réunions sont diffusées en direct sur Facebook, et qu’elles peuvent être visionnées en tout temps.

 

Le président de La Commission scolaire de langue française, Gilles Benoit, croit que c’est en partie ce qui explique qu’un sujet comme une révision de politique, une tâche, somme toute assez normale pour une commission scolaire, prenne autant d’ampleur. 

 

«À notre récente réunion, nous avons commencé à discuter du besoin de réviser nos politiques, ce que nous devons faire régulièrement, pour les mettre à jour.  Comme, à chaque réunion, nous recevons toujours des demandes d’admission pour des non-ayants droit, nous avons décidé de commencer avec notre politique d’admission», a expliqué le président Gilles Benoit. 

 

L’idée de cette révision n’est pas de fermer la porte aux non-ayants droit, assure le président, simplement de voir si les critères d’admission, si le processus, et si les suivis sont faits pour assurer que ces élèves puissent s’épanouir en français dans une école française, devenant du même coup des ayants droit, qui pourront mettre leurs enfants dans une école française. 

 

«Actuellement, nous avons environ 10 % de non-ayants droit dans nos écoles.  Ces élèves, en théories, sont acceptés parce que leurs parents font la preuve qu’ils seront capables de s’adapter.  Il y a aussi des non-ayants droit qui obtiennent des places dans nos centres de la petite enfance (CPE).  Lorsque vient le temps d’entrer en maternelle, ces enfants parlent français.  À l’inverse, il y a des ayants droit qui n’ont pas pu mettre leur enfant au CPE francophone, par manque de place.  On ne peut pas refuser ces enfants, parce qu’ils ne parlent pas français.  Ce sont des ayants droit.  C’est pour eux que nous avons nos écoles», argumente Gilles Benoit. 

 

Sans nommer une école précisément, se contentant de dire que «dans une région en particulier», des parents trouvent que le nombre d’élèves anglophones dans les classes mobilise les forces de l’enseignant et ralentit les progrès des élèves qui n’ont pas besoin d’être francisés. 

 

Le président sait qu’il subsiste une perception que lorsque la CSLF demande des ressources en francisation, c’est pour franciser les non-ayants droit.  Ce n’est pas le cas.  «Lorsque nous allons cogner aux portes du gouvernement pour des ressources en francisation, c’est pour nos ayants droit.  Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus pour nous», soutient le président. 

 

Il précise que la politique d’admission devra aussi tenir compte de la réalité des immigrants, dont il faut maintenant tenir compte. 

 

Le président de La Commission scolaire de langue française, Gilles Benoit.  (Photo : Archives de La Voix acadienne)

 

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