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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 16 octobre 2019

- Par Jacinthe Laforest

 

La Commission scolaire de langue française (CSLF) a présenté le 8 octobre dernier les rapports pertinents à l’année de fonctionnement 2018-2019.  Le résultat est un déficit de 253 224 $ pour l’année qui, une fois ajouté au déficit accumulé des années précédentes, donne un déficit accumulé de 1 343 061 $.  À la CSLF, on se défend de mal gérer les fonds.  On impute ces déficits successifs à un financement qui ne suit pas la courbe de croissance des coûts associés à la gestion de six écoles, elles-mêmes en croissance. 

 

Pour Émile Gallant, président de la CSLF en 2018-2019, «le dossier du sous-financement de l’éducation de langue française demeurera au premier plan en 2019-2020, car il s’agit du plus important projet structurant de notre communauté acadienne et francophone depuis la victoire des parents de Summerside dans le cas Arsenault-Cameron en 2000.  Nos élèves et notre personnel enseignant méritent tous les services nécessaires à leur succès», a indiqué l’ancien président dans son rapport. 

 

Le transport et l’entretien coûtent cher

 

Le déficit de 253 000 $ de l’exercice 2018-2019 est attribuable à deux grands postes budgétaires : le transport scolaire d’une part et l’entretien et frais de fonctionnement d’autre part. 

 

Le transport scolaire est un défi de chaque instant.  Les zones scolaires sont très grandes, et établir des routes réalistes avec un nombre limité d’autobus, en tenant compte du temps que chaque enfant passe dans l’autobus, est un véritable casse-tête.  Le financement accordé pour le transport scolaire en 2018-2019 était de 384 496 $ alors que les coûts étaient de 523 877 $. 

 

Sans surprise, une des hausses les plus marquantes concernait le coût des carburants avec une différence de  35 000 $.    

 

La seconde grande source de déficit pour l’année 2018-2019 concernait l’entretien et les frais de fonctionnement.  Brad Samson, directeur général par intérim, a expliqué que les quelque 250 000 $ d’augmentation sur l’année précédente concernent la nouvelle École La-Belle-Cloche.  «On est passé de 17 000 pieds carrés à 45 000 pieds carrés, alors forcément, ça coûte plus cher.  En plus, nous sommes toujours responsables des dépenses concernant l’ancienne École La-Belle-Cloche, même si, au moins pour cette partie, la province nous rembourse», a expliqué celui qui est aussi directeur des finances et des infrastructures. 

 

Brad Samson, directeur général par intérim de la Commission scolaire de langue française, a livré le rapport de la directrice en poste pour l’année 2018-2019, Anne Bernard-Bourgeois. 

 

Différentes statistiques

 

Dans son rapport annuel pour la période concernée, le président Emile Gallant a mentionné que La Commission scolaire de langue française avait franchi le cap des 1 000 élèves en 2018-2019, alors que la province parlait d’un chiffre beaucoup plus bas (936) dans son communiqué de presse du 28 août dernier.  Interrogé sur cette différence, au lendemain de l’AGA, le directeur général par intérim de la CSLF, Brad Samson, a corrigé les deux chiffres.  «Selon les projections que nous avions faites, et le nombre d’inscriptions à la rentrée, nous pensions atteindre les 1 000 élèves.  Mais en raison de nos difficultés à retenir nos élèves, cet objectif ne s’est pas matérialisé, pour l’année 2018-2019», a dit Brad Samson, précisant que le chiffre officiel du ministère pour l’année 2018-2019 est de 983 élèves.  Il faut mentionner que la CSLF compte ses élèves au 30 septembre et que le ministère peut faire l’exercice à une autre date. 

 

Emile Gallant, président de la CSLF pour la période correspondant à celle couverte par l’assemblée générale annuelle, soit l’année 2018-2019.  Parmi les réalisations de l’année, on trouve en tête de liste l’ouverture de la nouvelle École La-Belle-Cloche à Rollo Bay.  Mentionnons aussi la décision de la CSLF de mettre le gouvernement provincial en demeure de financer adéquatement son fonctionnement.  Cette mise en demeure annoncée le 20 avril 2018 a été retirée le 11 décembre suivant.   

 

École-sur-Mer en attente

 

La présidente du comité de parents de l’École-sur-Mer, Sylvie Plourde-Farrell, commence à s’inquiéter des retards dans le calendrier des travaux, étant donné l’échéancier visé.  «C’est déjà dur assez de garder nos élèves dans nos écoles…», a-t-elle insisté, craignant que La Commission scolaire de langue française ne diminue trop ses demandes pour entrer dans les budgets. 

 

Sur cette question, le président Gilles Benoit, lui-même de Summerside et le directeur général par intérim, Brad Samson, ont conjugué leurs efforts.  «C’est vrai que le gouvernement a contesté le bien fondé de créer un secondaire francophone à Summerside, mais finalement, on s’est entendu et les appels d’offres sont sortis.  Ce qui s’est passé ensuite c’est que la plus basse soumission dépasse de beaucoup le montant alloué», a indiqué Gilles Benoit. 

 

Brad Samson a quant à lui expliqué que la CSLF était très consciente de l’enjeu pour la communauté acadienne et francophone de la grande région de Summerside et que la CSLF n’acceptera aucune concession qui compromettrait l’atteinte de l’objectif qui consiste à garder les élèves jusqu’en 12e année. 

 

«Par exemple, l’une des options sur la table est de faire deux entrées électriques plutôt qu’une seule.  Je leur dis oui, en principe, si c’est possible.  Ça n’a pas d’impact sur l’expérience étudiante et ça permettrait une économie de 100 000 $», a précisé Brad Samson, ajoutant qu’il n’est absolument pas question de couper dans les pieds carrés.

 

Sylvie Plourde-Farrell, présidente du comité de parents de l’École-sur-Mer, a demandé à la CSLF quand la construction du nouveau secondaire devait commencer.  Pour elle, il s’agit d’une urgence si on veut garder nos élèves dans notre système français. 

 

Le président actuel de la CSLF, Gilles Benoit, a assuré les parents présents que la CSLF faisait tout en son pouvoir pour offrir aux élèves un enseignement de qualité.  À propos du secondaire à l’École-sur-Mer, il a dit : «Rien ne nous porte à croire que les travaux ne commenceront pas cet automne». 

 

Grégory Urier, commissaire pour la zone de l’école François-Buote, à Charlottetown.  On reconnait aussi Rachelle Arsenault, secrétaire administrative et André Laurin, un parent de la région de Charlottetown.  (Photos : J.L.) 

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