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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 10 septembre 2019

- Par Ericka Muzzo

Dans l’objectif de mieux desservir la population francophone en matière d’alphabétisation, le Collège de l’Île travaille actuellement sur un projet de partenariat avec la coalition ontarienne de formation des adultes (COFA), et quatre autres provinces et territoires.  Grâce à cette initiative, des ressources d’alphabétisation en français pourraient être accessibles en ligne aux Prince-Édouardiens.  «La génération de nos parents ou nos grands-parents, ceux qui étaient des clients pour l’alphabétisation, étaient généralement peu habitués à la technologie.  Aujourd’hui, la plupart des gens ont une facilité, et la technologie permet une grande flexibilité», note le président du Collège de l’Île, Donald DesRoches.  Il est aussi l’ancien président du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC). 

Plutôt que d’avoir à produire ses propres outils d’alphabétisation, le Collège de l’Île pourrait ainsi avoir accès à ceux du COFA, qui sont déjà bien développés.  L’Alberta, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Yukon sont aussi à la table de discussions pour rendre possible la création d’une plateforme numérique pancanadienne, qui permettrait l’offre de formation aux adultes sous alphabétisés. 

 

«Certaines personnes peuvent avoir une certaine réticence envers les institutions d’enseignements, si elles ont par exemple vécu des échecs par le passé.  La technologie leur permettra de suivre la formation de chez eux.  Il y a aussi la possibilité de créer des groupes ici, pour le soutien social et la motivation», identifie Donald DesRoches. 

 

Bénéfique dans plusieurs contextes

 

Loin de n’avoir en tête que le «stéréotype» du client sous alphabétisé, qui par exemple aurait décroché très tôt de l’école et peinerait à trouver un emploi bien rémunéré, le président du Collège de l’Île estime que beaucoup de gens pourraient bénéficier de cours d’alphabétisation en ligne. 

 

«Il y a des gens qui occupent un bon emploi, mais qui n’atteignent pas la promotion parce qu’ils ont des difficultés en mathématiques ou en compétences écrites.  Ils pourront accroître leurs compétences de manière ludique et ciblée, et même développer des compétences essentielles en gestion de conflits», donne en exemple Donald DesRoches. 

 

La gamme de services offerts pourrait aussi comprendre un volet «sécurité numérique», pour être en mesure d’identifier les tentatives de fraude en ligne.  «Ça pourrait être bénéfique notamment à nos étudiants étrangers», note la directrice des communications du Collège de l’Île, Dominique Chouinard. 

 

Le projet en est toujours à ses balbutiements, mais le Collège de l’Île espère être en mesure de l’offrir à une première cohorte de six à huit élèves d’ici avril 2020. 

 

«La force de la formation, c’est de permettre aux gens de changer leurs conditions de vie.  D’avoir un meilleur salaire, plus d’heures de travail.  Et la technologie permet la flexibilité de s’adapter aux réalités de chaque partenaire, dans le but de former des travailleurs plus compétents», conclut Donald DesRoches. 

 

Le projet bénéficie d’un support financier du gouvernement, accordé au COFA pour élargir sa plateforme numérique.  Le 8 septembre de chaque année est la Journée internationale de l’alphabétisation, une occasion de réfléchir aux moyens de relever les défis toujours présents dans ce domaine. 

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