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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 9 juillet 2019

- Par Jacinthe Laforest

Cécile Arsenault, coordonnatrice de la programmation culturelle française, Division de l’innovation, des programmes et des services en français du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu.  (Photo : J.L.)

 

«Les jeunes ne connaissent pas leur histoire» : combien de fois avons-nous entendu cette phrase au cours des récentes années? Peut-être qu’à présent, ils en savent un peu plus.  La venue du Congrès mondial acadien a servi de prétexte à l’insertion de plusieurs activités dans les programmes scolaires des écoles francophones ainsi que dans les programmes d’immersion.  Cécile Arsenault, coordonnatrice de la programmation culturelle française, Division de l’innovation, des programmes et des services en français du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu, offre un résumé des initiatives.

 

Chaque Congrès mondial acadien s’accompagne d’un guide pédagogique qui est accessible depuis le site Web de l’événement.  Pour chaque CMA, le guide est adapté à la région hôtesse.  Ce guide aurait pu passer complètement inaperçu à l’Île-du-Prince-Édouard, mais Cécile Arsenault avait d’autres plans. 

 

«Je voulais que le guide soit utilisé pour introduire des sujets historiques acadiens en salle de classe.  J’ai donc conçu un petit programme de financement et j’ai invité les enseignants à soumettre des projets.  Le financement se limitait à 250 $, mais j’espérais tout de même que ce soit une source de motivation pour des enseignants qui pouvaient faire venir un artiste ou organiser une visite ou une activité un peu spéciale pour sensibiliser les élèves», dit Cécile Arsenault. 

 

Jusqu’à présent (fin juin) quelque 10 projets ont été réalisés et Cécile Arsenault affirme que ce petit programme de financement sera ouvert jusqu’à la fin du mois de décembre 2019, pour clore l’année du CMA en beauté.

 

Artiste en résidence 

 

Également en rapport avec le Congrès mondial acadien, le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu a conçu un projet d’artiste en résidence avec Mario LeBlanc, alias Fayo.  Grâce à ce projet, Mario LeBlanc a circulé dans toutes les écoles françaises pour rencontrer les élèves et parler avec eux de l’Acadie et de leur appréciation de leur culture. 

 

«Avec les phrases et les idées des jeunes, Mario-LeBlanc a écrit un texte intitulé “L’Acadie de l’Île est belle” et ce sont les élèves de la classe de musique des 7e à 9e année de Chuck Arsenault à l’école Évangéline qui ont fait la mélodie et la musique.  La chanson collective a été dévoilée en direct par l’artiste en résidence Mario LeBlanc lors de la Journée des auteurs qui a eu lieu le vendredi 21 juin 2019 à l’École-sur-Mer», a précisé Cécile Arsenault. 

 

Projet indépendant

 

Pédagogue artistique par excellence, Lynn Gaudet a proposé un projet au ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu.  «Elle m’a soumis son idée et à partir de ça, nous avons conçu le projet.  Il s’est déroulé dans toutes les écoles françaises, au niveau de la 3eannée.  Son projet avait pour but de faire mieux connaître l’histoire des Acadiens, la résilience et aussi l’événement de la Déportation.  Et ce qui était excitant, c’est qu’au lieu d’utiliser les humains, on a utilisé des oiseaux», a indiqué Cécile Arsenault. 

 

Dans des écoles en milieu minoritaire où le français et l’anglais coexistent paisiblement, c’est délicat de présenter les protagonistes de la Déportation sans personnaliser la situation.  «Les enfants n’ont jamais su que les geais bleus étaient les Français ni que les cardinaux étaient les Anglais, mais ils ont appris que les cardinaux ont fait déplacer les geais bleus qui se sont retrouvés loin de leur pays.  Tous les mouvements ont été suivis sur la carte.  Les jeunes ont participé avec entrain.  Chaque classe a produit des dessins pour illustrer l’histoire et bien que ce ne soit pas un projet GénieArts, on a voulu présenter ces dessins lors de la fête de clôture de GénieArts au Centre culturel Eptek à Summerside en mai dernier», a précisé Cécile Arsenault. 

 

Elle précise que même si le projet avait pour but d’expliquer la Déportation, un événement triste s’il en est, la fin était joyeuse, car Acadicus, le petit hibou qui personnifiait les Acadiens, retrouvait sa famille. 

 

Élèves au travail 

 

Toujours en lien avec le Congrès mondial acadien, le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage continu a collaboré avec les organisateurs de la Journée de commémoration (le 14 août prochain à Miscouche) et en particulier avec la Fédération culturelle de l’Î.-P.-É. 

 

«Ils avaient besoin d’aide pour créer des luminaires pour le défilé aux lanternes en soirée, et nous les avons aidés à trouver des occasions où les jeunes pourraient participer.  Ça s’est produit lors de nos journées francophones, le 10 juin au Village musical acadien pour l’ouest de l’Île et le 11 juin au Centre communautaire Murphy pour l’est de l’Île.  Les élèves qui étaient là ont pu fabriquer pas moins de 200 luminaires», a indiqué Cécile Arsenault. 

 

Ces Journées francophones se tiennent chaque année.  Elles permettent aux élèves des écoles françaises, des programmes d’immersion et des programmes de français de base (du moins ceux qui répondent à l’invitation), de se côtoyer dans une ambiance francophone pendant une journée. 

 

Tout cela pour dire que la préparation du Congrès mondial acadien s’est fait un chemin d’une façon très créative jusque dans le programme scolaire. 

 

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