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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 3 juillet 2019

- Par Ericka Muzzo

Myriam Comeau et Sergine Ouellet sont responsables de la francisation à l'école François-Buote. Elles ont tenu un kiosque sur le phénomène de dégringolade estivale durant la fête de fin d'année. (Photo : E.M.)

 

Après une année scolaire bien remplie, il peut être tentant pour certains de laisser de côté les livres, les mathématiques, et même le français en général.  C’est pourtant une bonne idée de mettre quelques efforts à continuer l’apprentissage des jeunes durant la saison estivale, sans quoi l’écart peut se creuser chaque année entre des élèves d’un même niveau.

«Quand on parle de dégringolade d’été, on parle vraiment de dégression, de recul.  Si chaque été on arrête de parler français durant quelques mois, ça s’accumule au fil des ans, et à long terme ça peut mener à un écart de plus de deux ans entre des jeunes du même âge», prévient l’intervenante en francisation Myriam Comeau, de l’école François-Buote.


Elle-même et Sergine Ouellet y tenaient d’ailleurs un kiosque sur la dégringolade d’été, à l’occasion de la fête de fin d’année du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean.  Une excellente occasion d’outiller les parents, francophones comme anglophones, sur les moyens à prendre pour continuer l’apprentissage de leurs jeunes.


«Ça peut être de se réunir entre francophones et de parler français, de créer certains moments chaque jour en français, de participer à des activités comme des camps ou encore de pratiquer la lecture», énumère Myriam Comeau.  Il s’agit de continuer à exercer le vocabulaire, à apprendre de nouveaux mots et à pratiquer sa structure de phrases. 

 

Le faire avec plaisir


«On mise sur trois choses : entendre le français, le parler, et le lire.  La musique fonctionne aussi, la visite de musées ou encore de planifier ses vacances dans une destination francophone! C’est important de poursuivre l’apprentissage hors de l’école, parce que c’est là qu’on apprend certains termes de la vie courante.  L’épicerie, le stationnement, etc., il faut utiliser les bons termes francophones», préconise encore l’intervenante en francisation.


Contrairement à l’école, cela peut et devrait se faire de manière ludique, afin d’illustrer que le français représente bien plus que des règles de grammaire.  Il est d’ailleurs recommandé que les parents prêchent par l’exemple. Pourquoi ne pas prévoir une «période de lecture» en famille, sans outils électroniques, mais plutôt avec de bons romans francophones? Les ressources en ligne ne manquent pas pour ceux qui se demandent par où commencer.  


«Tout comme pour le sport, le langage, la lecture et les mathématiques sont des compétences qui doivent être pratiquées.  Lorsqu’un enfant passe des heures à frapper une balle, à nager, à jouer au hockey, il fait du progrès. S’il arrête son sport pendant deux ou trois mois et qu’il recommence, est-ce qu’il sera aussi efficace que lorsqu’il pratiquait? Non, mais si il s’entraîne quelques fois par semaine, il maintiendra son niveau de compétence», précise la consultante en littératie scolaire et familiale Diane Bernier-Ouellette, dans un document distribué au kiosque «Voir Grand» de la fête de fin d’année du Carrefour. 


Il est facile d’emprunter le chemin de la glissade durant l’été, mais tellement plus gratifiant de faire quelques efforts à apprendre un peu chaque jour.  Des petits gestes qui peuvent sembler anodins, mais qui à long terme feront toute la différence pour le bilinguisme de votre enfant.

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