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Le 17 décembre 2018

Julie Gagnon, directrice de l’instruction à la CSLF.(photo : J.L.)


Après avoir été enseignante, directrice d’école, coordonnatrice du baccalauréat accéléré en enseignement du français à UPEI, Julie Gagnon relève depuis l’été dernier un nouveau défi, à titre de directrice de l’instruction à La Commission scolaire de langue française. 

«Nous faisons de très belles choses.  C’est un travail passionnant.  À la CSLF, nous avons une équipe formidable, des directeurs et directrices d’école et des directions adjointes qui font de l’excellent travail et qui ont à cœur la réussite des élèves.  Je suis choyée de travailler avec ces gens-là, et je veux m’assurer qu’ils ont ce dont ils ont besoin pour bien faire leur travail», dit Julie Gagnon.

«L’enseignement est une science en constante évolution.  De nouvelles méthodes surgissent, de nouveaux outils et des nouvelles technologies font leur apparition.   Cela demande d’être à l’affût pour identifier ce qui pourrait être pertinent pour l’enseignement à La Commission scolaire de langue française.  En octobre dernier, nous avons assisté à une présentation à Moncton du Dr Michael Fullan, qui est une autorité en matière de pédagogie.  Le sujet de sa présentation était “New Pedagogy Deep Learning“.  Il préconise un enseignement qui mettrait l’accent sur la communication, la collaboration, la citoyenneté, le caractère, la créativité et la pensée critique.  Avec la délégation de la CSLF, les directions et les directions adjointes qui étaient intéressées, nous voulions voir si c’est le type d’enseignement qui pourrait être pertinent pour nos écoles, nos élèves et nos enseignants.  Nous en avons rediscuté après la présentation et il semble que nos six écoles seraient partantes pour passer à la prochaine étape.  C’est différent de l’enseignement traditionnel comme on le connaît.  Au moyen de projets, les élèves seraient appelés à approfondir leurs connaissances sur un sujet en particulier, en développant leur capacité à collaborer, à réfléchir, et à être créatif.  Nous le faisons, dans une certaine mesure, mais pas de façon aussi intentionnelle», insiste Julie Gagnon avec enthousiasme. 

Plus tôt dans l’année, en septembre, une délégation de la CSLF composée d’enseignants et d’intervenants en francisation a assisté à la rencontre annuelle de l’Association canadienne d’éducation de langue française, l’ACELF, qui avait elle aussi lieu à Moncton. 

«Vu que c’était à Moncton, on en a profité pour y assister.  Les participants ont appris beaucoup et ils ont rencontré des gens qui avaient les mêmes défis, de partout au Canada.  C’était une formation en soi» soutient Julie Gagnon. 


Ressources insuffisantes et double mandat

Cette dernière coordonne les efforts de développement pédagogique des directions scolaires et des directions adjointes, toujours dans le but d’améliorer constamment des conditions d’enseignement.  «Nos enseignants sont très dévoués et nous leur en demandons beaucoup.  Nous avons très peu de ressources pour faire tout le travail que nous voulons faire, autant pour notre mandat purement éducatif que pour notre mandat de développement identitaire.  Nous manquons de suppléants.  Quand un prof est malade, c’est très difficile à gérer.  Nous cherchons un prof de français pour l’école Pierre-Chiasson pour après Noël, et nous n’en trouvons pas.  Et il y a les jours de tempête qui s’ajoutent à cette pression.  Au primaire, c’est moins grave, mais quand on entre dans les cours semestriels, chaque journée qu’on manque est grave», affirme Julie Gagnon, pour montrer que malgré toutes les contraintes et les défis, le personnel enseignant et non enseignant est dévoué et enthousiaste. 


Secondaire renouvelé!

Parallèlement à tout cela, La Commission scolaire de langue française est à revoir les bases mêmes du secondaire.  Quels niveaux devraient être inclus; de quelle manière pourraient s’organiser les horaires; de quelle manière le système de crédit pourrait fonctionner; comment répartir les cours obligatoires; faut-il intégrer l’enseignement à distance et les cours en ligne, etc. 

«Nous ne sommes pas les seuls à nous poser ces questions.  C’est dans l’air du temps.  Nous voulons offrir l’enseignement le plus pertinent possible à nos élèves dans un modèle qui les engage et les motive à continuer, tout ça en tenant compte du contexte social qui change rapidement», souligne Julie Gagnon. 

La nouvelle directrice de l’instruction adore son travail.  Son seul bémol, c’est qu’elle aimerait avoir les moyens d’être plus présente sur le terrain, là où la pédagogie se vit au quotidien. 

- Par Jacinthe Laforest

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