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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 9 mai 2020

 Par Stéphane Bouchard

 

En septembre 1990, je suis parti de chez mes parents à Edmundston au Nouveau-Brunswick pour aller vivre et étudier à Drummondville au Québec.  J’avais l’âge légal au Québec et pour la première fois de ma vie, je pouvais m’acheter de la bière. 

 

Au coin de la rue de mon appartement, il y avait un dépanneur avec une petite sélection de bières.  Je me souviens des marques les plus populaires de l’époque, la Labatt Bleue, Labatt 50, Laurentides, Molson Export, Molson Canadian, O’Keefe.  Bref, des produits des deux géantes brasseries de l’époque. 

 

Molson et Labatt monopolisaient presque toutes les ventes de bières dans la province.

 

Cette nouvelle liberté a développé en moi une passion pour la bière. 

 

J’ai fini par avoir sur une tablette accrochée au mur de mon appartement, une belle collection de bouteilles vides, une bouteille de chaque sorte. 

 

Contrairement à la plupart de mes amis de l’époque, je n’avais pas une marque en particulier qui était ma préférée.  J’aimais varier les sortes afin d’ajouter à ma collection, mais aussi je m’exerçais à distinguer le goût de chaque bière. 

 

Je voulais être le connaisseur, celui qui était capable de deviner et de distinguer une Labatt 50 d’une O’Keefe sans voir le logo sur la bouteille.

 

Je me suis rapidement découragé.  Ça prend du temps et de l’expérience et je n’en avais pas.  Il faut développer le goût et bien d’autres qualités pour être capable de faire ceci. 

 

Il faut dire aussi que les bières de cette époque n’étaient pas faciles à distinguer.  Elles avaient pratiquement toutes le même goût.  Le critère important pour les buveurs de bière de ce temps était une bière rafraîchissante sans arrière-goût.  Molson et Labatt sont excellents pour faire ce genrede bières passe-partout.

 

Unibroue, pionnière des micro-brasseries 

 

Heureusement, tout allait changer dans les années suivantes.

 

En 1992, le rocker québécois, Robert Charlebois devient actionnaire de ce qui deviendra en quelques années la plus importante micro-brasserie québécoise, Unibroue.

 

Pour la première fois de ma vie, j’ai goûté une bière qui n’était pas comme les autres.  Elle était plus forte avec un goût beaucoup plus prononcé et amer.  De plus les bouteilles de 750 ml étaient très attirantes, elles étaient bouchées avec du liège et les images sur les bouteilles étaient hallucinantes.

 

Sur les bouteilles il y avait d’inscrit des légendes inspirées de la culture québécoise.  C’était du jamais vu dans le monde de la bière et pour un collectionneur de bouteilles de bière, c’était la découverte d’un grand trésor avec un produit en or à savourer.

 

En 2004, Unibroue est vendue à Sleeman Breweries Ltd. qui à son tour a été vendue au groupe japonais Sapporo.  Heureusement pour les amateurs, les produits sont encore les mêmes aujourd’hui.

 

The Landing 

 

Mon arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard 10 ans plus tard, coïncide drôlement avec les débuts de la plus importante micro-brasserie de la province : la Gahan House à Charlottetown.

 

C’est mon groupe The New Drift avec Catherine MacLellan qui a fait l’ouverture du resto pub, The Landing, à Tyne Valley, qui est connu aujourd’hui sous le nom de Backwood Burger – Craft Beer Cookhouse.

 

Matt McGuire était le propriétaire et c’était selon moi le meilleur endroit dans le comté de Prince pour découvrir les nouveaux produits de la Gahan House.

 

C’était l’endroit de prédilection pour parler et discuter de bière avec des passionnés comme moi.  Nous étions plus de 50 clients à avoir notre propre chope de bière «beer mug» au bar avec notre nom gravé. 

 

On pouvait déguster des nouveaux produits de la Gahan House, la Island Red, la Iron Bridge, la Sir John A’s Honey Wheat Ale et les nouveaux produits que les brasseurs essayaient à l’époque. 

 

Dans les prochains numéros de La Voix acadienne, j’aimerais partager davantage ma passion pour les micro-brasseries de l’Île-du-Prince-Édouard.  J’aimerais vous faire connaître les propriétaires ainsi que les brasseurs qui font ces belles bières d’ici. 

 

Je vous donnerai mon opinion sur les bières ainsi que mes coups de cœur, et qui sait, peut-être que d’ici quelques mois, la pandémie que nous vivons actuellement sera chose du passé et nous aurons la chance de déguster une bonne bière froide au soleil avec un groupe d’amis. 

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