FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 21 janvier 2021

- Jacinthe Laforest

 

Comme de nombreuses personnes de son entourage, Louise Arsenault a traversé la COVID-19 au mieux de ses habiletés, en tirant profit de tout ce temps qui lui était soudain alloué.  C’est ainsi que le projet de faire un disque original, longtemps relayé au bas de la liste des priorités, a pris la vedette.  L’enregistrement devrait se faire en février. 

 

«Dans tous les groupes dont j’ai fait partie, j’ai composé.  Barachois ou les Girls ou Gadelle signaient les arrangements, mais c’était mes tounes.  J’ai toujours composé, et je compose encore régulièrement.  Je m’assois à ma table de cuisine avec ma tablette, mon enregistreuse, mon violon et je compose.  Je fais tout à l’oreille.  Je me laisse inspirer par les événements, par les personnes que j’aime.  Parfois, ce sont des surprises que je leur fais».

 

Durant les mois de la pandémie de COVID-19, depuis mars 2020, Louise a trouvé de nombreuses raisons de composer des nouveaux airs.  Une amie qui perd son mari, une autre qui combat un cancer, des écoles fermées, un petit lapin sauvage qui gambade dehors alors qu’elle est en train de manger du pâté au lapin.  «Je n’ai plus été capable de manger du pâté au lapin sauvage après ça.  Et j’ai composé un air pour cette anecdote.  Je pense qu’il sera sur le disque.  Jusqu’à présent, j’ai 13 pièces qui sont bien complétées.  La plupart sont des enchaînements de gigues, de reels et de valses».

 

L’appartement de Louise et de son mari Karl Proude est rempli d’objets et de décors «musicaux».  (Photo : J.L.)

 

Mode récente, mais bien ancrée

 

La mode de faire des en-chaînements est assez récente.  Dans son jeune temps, les violoneux jouaient pour faire danser le monde, alors ils jouaient le même air pendant 10 ou 15 ou 20 minutes, jus-qu’à ce que la danse soit finie.  «Quand j’ai commencé à jouer dans des groupes, avec La Cuisine à Mémé et les autres, c’est là qu’on a commencé à faire des arrangements et des enchaînements de différents rythmes, pour que ce soit plus intéressant pour le monde.  Maintenant, quand je compose, je prévois des changements de rythmes.  C’est aussi une façon d’explorer plusieurs émotions.  Je n’écris pas la musique à la note, mais j’écris les accords, et dans certains des morceaux que j’ai composés pendant la COVID, il y a des accords noirs.  Par bout, j’étais en colère de voir tout ça.  Et ça paraît dans la musique».

 

Enregistrement à l’ancien Club 50 d’Abram-Village

 

Le Club 50 d’Abram-Village a définitivement fermé ses portes en 2020, et pas seulement à cause de la COVID.  Les danses attiraient de moins en moins de monde.  Ce local inutilisé, dans un coin tranquille, sera transformé en studio d’enregistrement en février prochain.  «C’est Rémi Arsenault qui va nous guider là-dedans.  C’est lui qui a enregistré notre disque de Gadelle en automne 2019, et on s’est bien arrangés ensemble», souligne la violoneuse.

 

D’ailleurs, les quatre membres du groupe Gadelle (Rémi Arsenault, Caroline Bernard et Hélène Bergeron en plus de Louise) ont été sollicités pour jouer sur le disque de cette dernière.  «On ne se réunit pas régulièrement pour répéter, mais j’ai envoyé des accords à tous les musiciens et on répète chacun de notre côté.  Il y aura aussi mon fils Jonathan à la guitare et ma fille Angie.  Elle a une touche spéciale au piano et je compte sur elle pour quelques pièces.  Elle va m’envoyer les enregistrements à partir de Montréal.  Et il y aura aussi quelques autres surprises, dont je ne veux pas parler tout de suite».

 

Rêve de longue date

 

Louise Arsenault souhaite faire un disque original depuis longtemps.  La pandémie lui a ouvert une fenêtre dans le temps pour réaliser ce rêve.  C’est une façon pour elle de perpétuer sa façon de jouer du violon.  «On me dit que j’ai le vieux style de la région Évangéline.  Il y en a quelques-uns qui jouent encore ce style, mais chez les jeunes, c’est plus rare.  Parmi ceux que je connais, il y a Gilbert Arsenault.  Quand je l’entends jouer, j’entends mon style, et ça me fait plaisir, parce que c’est le style de mon père (Alyre Gallant)».

 

Comme nous l’avons évoqué plus tôt, Louise compose à l’oreille.  Elle aimerait éventuellement que ses compositions soient transcrites à la note, dans un livre ou un recueil.  En attendant, il y aura le disque.  Louise rêve de monter un spectacle autour de sa musique.  Et comme on le voit, ses rêves ont tendance à se réaliser. 

 

Pour composer, Louise Arsenault s’installe à sa table de cuisine avec son violon, sa tablette et sa petite enregistreuse et elle se laisse inspirer. 

L'Île-du-Prince-Édouard en images