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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 15 octobre 2020

- Par Jacinthe Laforest 

 

Eunice Arsenault de Charlottetown est fière de présenter le livre «Étoile d’où viens-tu?», qu’elle a récemment publié aux Éditions de la francophonie (EF).  Elle offre une visite guidée de l’ouvrage, en expliquant comment il a pris forme.  Bonne lecture.

 

Eunice Arsenault ne le savait pas, mais elle était en train d’écrire un livre.  «Pendant des années, j’ai copié à la main des extraits de livres, d’articles, sur l’histoire de l’Acadie.  À un moment donné, je me suis aperçue que j’avais quelque chose en main qui était plus qu’une série d’extraits et de citations».

 

Il ne le lui a pas fallu longtemps pour comprendre qu’elle ne voulait pas faire un ouvrage historique, mais plutôt, raconter une histoire où la poésie et la fantaisie prendraient le pas sur l’académique. 

 

Le résultat est surprenant.  On y suit les péripéties de l’Étoile de l’Acadie, qui quitte son drapeau pour en savoir plus sur ses origines.  Pendant son absence, une étoile jaune, brillante, intelligente tente de prendre sa place, sur les conseils du prêtre qu’elle rencontre.  Il est convaincu que l’Étoile de l’Acadie, qui n’a que son gros bon sens, n’a pas les connaissances pour guider tout un peuple. 

 

On y rencontre la jeune Jeanne, et on suit sa relation avec sa grand-mère.  «Jeanne, c’est le premier personnage que j’ai créé.  Et je me suis inspirée de ma filleule, Geneviève, la fille de Samuel et Anne-Marie Arseneault, lorsqu’elle avait 9 ans.  Elle m’avait écrit et j’avais conservé sa lettre.  J’avais intégré le texte de la lettre dans le manuscrit, mais les Éditions de la francophonie ont choisi de le mettre en préface.  En général, les dames des ÉF n’ont presque rien changé à mon texte.  J’en ai été surprise», a indiqué Eunice Arsenault. 

 

Comme on le sait, le drapeau de l’Acadie est bleu, blanc et rouge, avec l’Étoile de l’Acadie dans la partie bleue.  Mais qu’arrive-t-il si, par malheur, l’Étoile échappe une larme sur le bleu? Le Vert apparaît et sous la plume d’Eunice, devient un ami précieux de l’Étoile de l’Acadie. 

 

«J’ai commencé à écrire l’histoire en 2017.  Je l’ai envoyé aux Éditions de la francophonie en 2018 et finalement, le livre est là.  Il y en a 400 copies.  J’en avais 30 pour moi et je les ai toutes vendues le jour du lancement, plus tôt cet automne.  On a fait cela en famille, en toute intimité.  Ce n’était pas un événement public», a précisé Eunice Arsenault. 

 

Comme mentionné plus tôt dans le texte, Eunice collectionnait les extraits d’articles et les bouts d’informations qu’elle trouvait importantes.  «Je ne prenais pas les références en note parce que je n’avais pas l’intention de les reproduire.  Pour chaque citation que j’ai voulu inclure, j’ai dû retrouver la référence.  Ça a été un véritable cauchemar.  Il y a même des extraits que je n’ai pas pu utiliser à cause de cela.  Par chance, il y en a un bon nombre que j’ai retrouvé et les dames des Éditions de la francophonie ont aussi fait leur part».

 

Réflexion sur le «cœur acadien»

 

Vers la fin du livre, Eunice Arsenault cite les paroles françaises de l’Ave Maris Stella.  «J’étais installée sur mon divan, penchée sur la table à café.  Je venais de recopier les paroles quand de nombreuses questions sur la notion de “cœur acadien” me sont venues à l’esprit.  Je les ai notées.  Je pensais que les Éditions de la francophonie feraient des changements, mais non, tout a été conservé, en un bloc».

 

Ce «bloc» d’une quinzaine de questions à la page 157 se termine par trois petites questions que pose Marie, l’Étoile de l’Acadie : «Le cœur acadien est-il dans les enfants?»  «Le cœur acadien est-il dans tous les Acadiens sans qu’ils le sachent?»; et finalement : «C’est quoi, le cœur acadien?». 

 

Et l’Étoile explique : «Comme vous le savez, je suis adoptée, ce qui veut dire que je ne suis pas Acadienne à part entière.  Mais est-ce que je pourrais tout de même avoir un cœur acadien?», se demande l’Étoile.

 

Ressource pédagogique?

 

Eunice Arsenault voulait avant tout écrire une belle histoire.  Puis, en faisant lire le manuscrit à sa sœur Marie-Anne, qui a longtemps enseigné, cette dernière lui a suggéré que son livre avait une valeur pédagogique.  «Je n’y avais pas pensé.  Maintenant, c’est difficile avec la COVID-19, mais c’est une avenue que les Éditions de la francophonie vont explorer.  Ce sont eux qui font toutes les démarches».

 

On peut acheter le livre sur le site Web des Éditions de la francophonie, et d’ici quelque temps, le Musée acadien devrait en avoir dans sa boutique. 

 

C’est assise sur un coin du sofa, penchée sur sa table à café, qu’Eunice Arsenault a écrit son livre, entièrement à la main.  (Photo : J.L.)

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