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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 13 mai 2020

- Laurent Rigaux / Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

 

Chaque année, l’Acadie et les Acadiens sont à l’honneur en France, plus particulièrement en Normandie. «La Semaine acadienne» rend hommage aux soldats canadiens - dont plusieurs acadiens - qui ont débarqué sur la terre de leurs ancêtres en 1944, avec une riche programmation artistique. Cette année, la 15e édition est menacée par la pandémie de COVID-19.

 

«Si on n’a pas d’autorisation début juin, on annulera, lance Arnaud Blin. On a pris un retard terrible sur la communication.» L’organisateur de la Semaine acadienne souhaite que le festival ait lieu, malgré la situation sanitaire difficile que connaît la France. Il a transmis un dossier au préfet du département du Calvados, où se situe la manifestation, pour poursuivre les préparatifs. Pour le moment, il n’a pas encore de réponse.

 

Flou sur les consignes

 

En attendant, il reste dans le flou sur la forme que pourraient prendre les festivités. «Selon les dernières annonces, les festivals accueillant jusqu’à 5 000 personnes seraient autorisés à compter du 15 juillet, explique-t-il. Mais la Semaine acadienne se déroule dans plusieurs lieux : est-ce que c’est 5 000 pour le tout ou ville par ville?» Dans tous les cas, il faudra respecter les «gestes barrières» comme l’éloignement physique. Arnaud Blin propose donc des concerts avec un nombre limité de places, pour permettre un siège vide entre deux spectateurs par exemple.

 

À ces difficultés logistiques s’ajoute la fermeture des frontières européennes. Tous ceux qui arrivent de l’extérieur de l’espace Schengen (région de plusieurs pays d’Europe où les gens peuvent circuler librement) doivent s’isoler 14 jours. Impossible dans ces conditions de faire venir des artistes acadiens.

 

Arnaud Blin, président de l'association «La Semaine acadienne». 

 

Ainsi, les groupes et artistes «BeauPhare» (Nouvelle-Écosse), «La croisée d’antan» (Québec),  Philippe LeBouthillier (Nouveau-Brunswick), Steve Hickey (Nouveau-Brunswick), «Suroît » (Îles de la Madeleine) et Isabelle Boulay (Québec) ont annulé leur participation. Représentant l’Île-du-Prince-Édouard, l’artiste Lynn Gaudet devait être du voyage. «J’y vais depuis plusieurs années pour réaliser des animations avec des enfants, raconte-t-elle. On fait des bricolages avec un thème acadien pour leur raconter notre culture.»

 

Un programme «bis»

 

Arnaud Blin l’avait prévenue il y a plusieurs semaines déjà qu’il y avait de l’incertitude et c’est il y a quelques jours à peine que la confirmation est venue : elle ne pourra pas venir. «Moi j’adore y aller, regrette Lynn Gaudet. Là-bas, on est fiers d’être Acadiens, même si notre français n’est pas pareil.» Avec l’organisateur, elle a déjà évoqué la prochaine édition, en 2021.

 

«Une Semaine acadienne avec très peu d’artistes acadiens c’est dur, mais on a un programme “bis”», assure Arnaud Blin. Pourront venir, si les autorités donnent leur feu vert, les artistes acadiens vivant en France, comme Dave Lanteigne (originaire du Nouveau-Brunswick) ou Gerry Boudreau (originaire de Nouvelle-Écosse), et peut-être Alexandra Hernandez (depuis Saint-Pierre-et-Miquelon s’il y a un vol). «La venue du groupe Mes souliers sont rouges, et celle de la pièce de théâtre Les conquérants, est aussi confirmée», affirme Arnaud Blin dans un communiqué. Le célèbre groupe de rock breton Soldat Louis sera également de la fête, si fête il y a.

 

Le fameux tintamarre, où 3 000 personnes défilent dans les rues en faisant du vacarme, est évidemment annulé. «On fera un tintamarre virtuel, annonce Arnaud Blin. Les gens nous enverront des vidéos où ils tapent sur des casseroles et on fera un montage.»

 

 

Le tintamarre est très populaire à la Semaine acadienne.  (Photos : Archives) 

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