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Le 23 juillet 2019

- Par Pénélope Leblanc

La photographe mi'kmaq Patricia Bourque à la galerie de la Guild à Charlottetown. Derrière elle, ce sont les photographies qu'elle a prises pour son exposition Beyond the Regalia. (Photo : P.L.)

 

Jusqu’au 18 août prochain, la photographe Mi’kmaq Patricia Bourque occupe la galerie de la Guild avec son exposition «Beyond the Regalia».  Toutes les photographies de l’exposition illustrent des femmes du territoire traditionnel Mi’kma’ki.  «Quand je regarde ces femmes, je vois de l’honneur et du respect. Je veux qu’elles se voient comme je les vois!» affirme l’artiste. 

 

Qu’elles soient jeunes ou expérimentées, ces femmes mi’kmaq ont toutes une histoire à raconter, explique Patricia Bourque.  À côté de chaque œuvre, l’artiste a donc glissé un petit mot de mise en contexte. Beaucoup des femmes photographiées sont des modèles dans leur communauté, et gagnent à être connues.  «Pour changer les mentalités, ça passe par l’éducation et par la reconnaissance», précise Patricia Bourque, qui souhaite que la population prenne le temps de venir découvrir ces femmes inspirantes. 

 

La photographe raconte que lorsqu’elle propose aux femmes de sa communauté de les prendre en photo, elles répondent presque toujours : «Tu veux prendre une photo de moi? Pourquoi?» Cela fait partie des raisons qui poussent Patricia Bourque à vouloir prouver aux femmes qu’elles sont pleines de force, de courage et de beauté naturelle.  Bref, l’artiste souhaite que ces femmes considèrent leur importance dans la communauté. 

 

L’esthétique noir et blanc choisie par l’artiste permet aux visiteurs d’éliminer les détails superflus, pour se concentrer sur les émotions contenues dans les portraits.

 

Se défouler dans l’art

 

Patricia Bourque révèle que la photographie est un outil d’expression très important dans sa vie.  «C’est une échappatoire à ma colère par rapport à certaines injustices qui perdurent encore aujourd’hui», exprime-t-elle. 

 

L’artiste autochtone est notamment sensible et énervée par la disparition et la maltraitance de jeunes femmes issues des premières nations.  «Je trouve qu’il a des progrès chez les Canadiens, mais je ne me sens toujours pas complètement en sécurité», avance-t-elle avec fragilité. 

 

Sa caméra est plus qu’un simple outil de travail : c’est son arme pour promouvoir la réconciliation et le positivisme de sa communauté. 

 

Prise entre plusieurs mondes

 

«Beyond the Regalia» est la deuxième exposition solo de Patricia Bourque.  En 2016, l’artiste avait lancé «My Two Worlds», qui mettait en valeur ses origines à la fois mi’kmaq et acadiennes.  Patricia Bourque explique qu’elle a été adoptée par une famille acadienne, qui lui a transmis ses valeurs rurales.  Cette première exposition était donc un chemin que la photographe a emprunté pour réunir ses deux cultures.  

 

Pour monter «Beyond the Regalia», Patricia Bourque a notamment reçu une subvention de

2 795 $ du gouvernement de l’Î.-P.-É.  Au total, 14 artistes de l’Île se sont partagé 50 000 $ pour faire rayonner la culture prince-édouardienne.

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