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Le 10 juillet 2019

- Par Jacinthe Laforest

Barachois fera un retour sur scène à l’occasion du Congrès mondial acadien 2019.  Hélène Bergeron, Chuck Arsenault, Albert Arsenault et Louise Arsenault ont très hâte de renouer avec le public.  (Photo : J.L.)

 

De 1995 à 2003, le groupe Barachois a sillonné le monde avec sa musique et ses chansons issues du terroir de la région Évangéline.  Plus de 15 ans après sa dissolution, Barachois constitue encore aujourd’hui une référence musicale et culturelle.  Pour le Congrès mondial acadien, les quatre membres originaux du groupe ont accepté de se réunir pour une demi-heure de spectacle lors de la fête d’ouverture officielle à Abram-Village, le 10 août prochain. 

 

«Mes enfants étaient tous jeunes quand Barachois s’est arrêté.  Ils ont entendu parler de Barachois souvent, mais ce sera la première fois, et peut-être la seule fois, qu’ils verront Barachois», explique Albert Arsenault, lors d’une petite rencontre avec ses trois collègues musiciens. 

 

Depuis septembre 2018, Albert, sa sœur Hélène Bergeron, Louise Arsenault et Chuck Arsenault, se rencontrent régulièrement pour ramener sur scène pendant une trop courte demi-heure, la magie de Barachois. 

 

En 15 ans, depuis la dissolution du groupe, ce n’est pas la première fois que les quatre musiciens reçoivent des invitations pour se retrouver sur scène.  «Quand l’invitation nous est venue du CMA, on s’est dit qu’on ne pouvait pas vraiment manquer cela et que si on devait remonter sur scène, ce serait l’occasion.  Alors on a accepté», dit Albert Arsenault.

 

«Pour moi, c’est un véritable entraînement», avoue Chuck Arsenault.  Ce dernier était le seul membre du groupe qui n’avait pas pratiqué la gigue depuis l’enfance.  Il a appris à giguer sur le tas comme on dit et après la dissolution de Barachois, et la fin du duo Chuck et Albert, ses chevilles sont devenues moins souples.  «Je dis cela sérieusement.  Enseigner à longueur d’année, c’est une chose, mais le spectacle c’est exigeant pour le corps.  C’est un véritable entraînement.  Je le sens dans mes muscles», affirme Chuck, qui sera pourtant fin prêt le 10 août prochain. 

 

Quatre musiciens très occupés

 

Hélène Bergeron et Louise Arsenault n’ont jamais arrêté de faire de la musique et de la scène depuis la fin de Barachois.  Actuellement, pour la formation Gadelle, Hélène et Louise donnent au moins deux spectacles par jour au Village musical acadien (sans compter les spectacles donnés aux groupes en autobus) et elles sont aussi en spectacle à Stanley Bridge chaque mercredi soir, dans une autre formation. 

 

Dans leur cas, un des défis a été de trouver du temps pour répéter.  «Nous sommes tous très occupés.  Mais je dois dire que le plaisir de jouer ensemble nous est vite revenu», a indiqué Hélène Bergeron.  Pour elle, l’expérience de jouer au CMA, pour les Acadiens de par le monde, sera un peu comme le retour du balancier.  «Quand on voyageait, on trouvait des Acadiens partout et on les visitait chez eux.  Maintenant, c’est eux qui vont venir nous voir chez nous.  Je trouve ça intéressant et important aussi de faire découvrir la richesse de notre culture et des gens qui nous accompagnaient dans tous nos concerts à l’étranger», a indiqué Hélène. 

 

En presque 10 ans de carrière, Barachois a accumulé une quantité impressionnante de matériel, et produit trois albums.  Ce n’est pas facile de rendre justice au groupe en 30 minutes et en même temps, de satisfaire entièrement le public.  «Nous avons fait un choix, et une fois que le choix a été fait, nous avons arrêté de nous poser des questions pour nous concentrer sur ces morceaux-là», a indiqué Louise Arsenault, qui elle aussi a retrouvé très rapidement ses marques dans le groupe. 

 

Tournés vers les jeunes

 

Devenu enseignant de musique à l’école Évangéline, Chuck Arsenault encourage ses élèves à jouer de la musique acadienne.  C’est ainsi que le trio Paloudes est né.  Dawson Arsenault, Tianna Gallant et Gilbert Arsenault jouent avec beaucoup de plaisir les pièces de Barachois.  «Il y a des gens qui pensent que c’est leur propre musique.  Eux-mêmes n’étaient pas nés quand Barachois s’est arrêté», ont dit les artistes vétérans.

 

Invités à faire des souhaits quant aux résultats du Congrès mondial acadien, c’est vers la jeunesse que les quatre esprits se tournent.  «Je souhaite que le Congrès mondial acadien marque les jeunes pour longtemps, et leur donne envie de continuer à vivre en français et à admirer et valoriser leur propre culture pour longtemps», insiste Albert Arsenault qui fait partie de la distribution du spectacle au Village musical acadien avec ses deux enfants et Chuck Arsenault. 

 

Barachois a toujours été synonyme d’authenticité.  Le groupe a mis en valeur les vieilles chansons des ancêtres comme nul autre auparavant et nul autre depuis.  «On a toujours fait attention à traiter ces chansons avec respect et je pense que partout où nous sommes allés, les gens ont senti, que pour nous, c’était plus que des chansons.  C’était nous-mêmes», confient les artistes, précisant tour à tour l’idée de l’autre. 

 

Ce sera avec un grand plaisir que le public retrouvera Barachois le 10 août à Abram-Village.  Le groupe sera le dernier sur la scène. 

 

De bas en haut : Albert Arsenault, Louise Arsenault, Hélène Bergeron et Chuck Arsenault.  (Photo : J.L.)

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