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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

27 février 2019
- Par Ericka Muzzo

Les enfants de 2e et 3e année de l'École-sur-Mer ont eu droit à un atelier de cirque, donné par l'artiste Francis Proteau.  

Depuis le mois de janvier, des élèves des six écoles francophones ont l’occasion d’être initiés à une discipline qu’on voit peu souvent dans le cadre scolaire : le cirque. Grâce au programme Monde du cirque de la Fédération culturelle de l’Î.-P.-É. (FCÎPÉ), des professionnels sont en tournée dans les écoles afin de montrer aux jeunes que cet art est beaucoup plus accessible qu’on ne pourrait le croire.

L’instigatrice de ce projet n’est nulle autre que Nicole Allain, qu’on a notamment pu voir dans le Carnaval en promenade à l’été 2017. Ancienne participante d’une troupe de cirque à Moncton, elle s’est jointe à l’équipe de la FCÎPÉ spécifiquement pour promouvoir sa discipline à l’Île. Trois ans plus tard, après des ateliers ici et là, elle se réjouit d’enfin voir son projet se concrétiser.

«Je voulais vraiment inviter des experts pour montrer aux jeunes que c’est possible, de faire carrière dans les arts du cirque. J’ai choisi des gens que je connaissais bien, qui aiment les enfants et l’enseignement. J’espère que ça va piquer leur intérêt», explique Nicole Allain. Dans le gymnase de l’École-sur-Mer, les élèves sont effectivement très excités à l’idée d’apprendre à utiliser balles de jonglerie, assiettes, bâtons fleurs et diabolos.

Plus que des fanfaronnades

Pour cet atelier, qui s’intitule «jonglerie et manipulation», c’est l’artiste de cirque Francis Proteau qui est venu directement de Montréal pour enseigner aux jeunes. «Ce qu’il y a de beau avec le cirque, c’est que ça fait appel aux habiletés naturelles des jeunes. Comme il y a énormément d’options, chacun y trouve son compte, et on travaille d’abord avec ce qui les intéresse», explique le diplômé de l’École de cirque de Québec.

Ayant travaillé comme artiste dans plusieurs numéros, Francis Proteau a réalisé que l’enseignement lui manquait. Il s’est donc rendu à l’École nationale de cirque, à Montréal, pour réaliser le programme de formateur. «C’est important pour moi de garder un équilibre. J’aime le côté de l’enseignement, parce que le cirque est très valorisant pour les jeunes. C’est toujours facile de repartir sur une note positive, qu’il y ait eu une réussite», constate le formateur.

En plus de travailler la motricité et la concentration, les arts du cirque sont une excellente manière de développer les relations sociales des élèves, d’après Francis Proteau. «Ils s’aperçoivent qu’ils sont bons dans certaines choses, et leurs amis dans d’autres. Ça permet de valoriser l’autre et d’être capable de se situer dans la société, même si on n’est pas bon dans tout. J’aime beaucoup leur montrer que ça passe par le travail, qu’il n’y a rien d’acquis. Rapidement, ils peuvent transposer ça dans leur vie», affirme-t-il.

Transmettre les techniques

Le seul bémol, c’est que l’équipement coûte cher. C’est l’un des principaux facteurs qui empêchent les écoles d’inclure le cirque dans les cours d’éducation physique, même si Nicole Allain garde espoir que ce sera éventuellement le cas. «Il y a certainement un intérêt, dès qu’ils peuvent les jeunes prennent tout de suite les objets pour les essayer. Ça développe leur créativité, leur cerveau et leur corps, en plus de leur apporter un sentiment de fierté et de satisfaction», note la responsable du projet.

L’enseignant d’éducation physique de maternelle à 6e année de l’École-sur-Mer, Michaël Doiron, se dit lui-même très intéressé par l’art du cirque. «C’est une véritable chance que des professionnels viennent dans nos écoles, parce qu’ils peuvent nous enseigner les techniques qu’on peut ensuite montrer aux jeunes. C’est une ouverture là-dessus», affirme-t-il. Il espère pouvoir éventuellement réinviter des artistes de cirque et continuer de promouvoir la discipline auprès de ses élèves.

S’il est vrai que les diabolos et les bâtons fleurs sont souvent plus onéreux, Nicole Allain note qu’il est possible d’être créatif dans la confection d’éléments de cirque. «Pour les balles de jonglerie, on est allés au Dollarama acheter des balles de tennis, qu’on a recouvertes avec du matériel approprié. Ça nous a coûté une trentaine de dollars», démontre-t-elle.

Si le temps se montre clément et que les tempêtes n’empêchent pas le bon déroulement du projet, chaque école francophone devrait recevoir plusieurs visites dans le cadre du projet Monde du cirque. Le premier atelier, début janvier, s’était penché sur l’utilisation du cerceau. Pour le troisième, au mois de mars, une acrobate aérienne viendra montrer aux enfants à virevolter dans les airs. Un peu plus complexe que la jonglerie, cet atelier nécessitera davantage d’installations et de supervision, mais Nicole Allain est confiante qu’il plaira beaucoup aux enfants. Il pourrait même semer la graine pour un jour voir émerger de l’Île-du-Prince-Édouard des artistes de cirque de renom.


Nicole Allain prend plaisir à enseigner aux enfants ce qu'elle-même a appris au cours de ses années dans une troupe de cirque de Moncton.


Pas facile de faire tenir les assiettes en équilibre! Mais grâce aux conseils de Francis Proteau, les enfants ont réussi cet exploit, à leur plus grande satisfaction.

Une fois apprivoisé, le diabolo permet de faire toutes sortes de trucs de jonglage qui raviront petits et grands. (Photos: E.M.)

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