Communauté
Par Charlotte Dubois
Julian Henry, gestionnaire de projet de Bienvenue Évangéline, et Nick Arsenault, directeur général du Conseil scolaire-communautaire Évangéline.  L’agente de promotion et communications de Bienvenue Évangéline, Mathilde Sinnasse, est absente de la photo.  (Photo : Charlotte Dubois)

NDLR : La Voix acadienne vous présente cet article dans le cadre d’un projet anti-racisme.  Nous avons reçu des fonds suite à un appel de propositions – microsubventions de lutte contre le racisme.  Notre projet s’intitule : Mieux vivre ensemble!  Dans le cadre du projet, La Voix acadienne présentera des exemples d’initiatives visant à promouvoir la lutte contre le racisme à l’Île-du-Prince-Édouard. Nous en profiterons aussi pour promouvoir une culture de diversité et d’inclusion pour renforcer les liens d’égalité spécialement au niveau communautaire.

Les nouveaux arrivants sont un point tournant dans la croissance de la communauté francophone de l’Île-du-Prince-Édouard. Bienvenue Évangéline, lancé en 2019, œuvre à les intégrer dans la communauté de manière à ce qu’ils se sentent chez eux à l’Île. 

Bienvenue Évangéline est un projet subventionné par le gouvernement pour l’accueil et la rétention des nouveaux arrivants et des habitants francophones dans la région Évangéline. Il agit également en tant que sensibilisateur à la cause vis-à-vis des citoyens de l’Île.

Pour ce faire, Bienvenue Évangéline aide les nouveaux arrivants dans leur recherche de logement et d’emploi. D’un autre côté, l’équipe organise de nombreux évènements qui sensibilisent et permettent de découvrir les différentes cultures du monde dans nos communautés. 

Tout récemment, un tour du monde culinaire francophone a été organisé. C’est de la nourriture acadienne, française, marocaine et plus encore qui a pu y être découverte. « Ça a permis de faire connaître la culture à d’autres personnes, des personnes d’ici et des personnes d’ailleurs, et d’avoir un moment de partage pour parler entre nous», explique le gestionnaire de projet Bienvenue Évangéline, Julian Henry.

L’objectif principal de l’organisme est que la région Évangéline devienne une communauté diversifiée et accueillante pour tous. Selon le directeur général du Conseil scolaire-communautaire Évangéline, Nick Arsenault, la situation est mieux qu’elle n’était il y a de cela quelques années, mais il y a encore du travail à faire.

«Juste le fait qu’il y ait de plus en plus de diversité, ça devient normal pour les plus jeunes et on entre dans un long cheminement qui est de partir d’une communauté presque 100% blanche et acadienne à quelque chose de plus diversifié. »

L’équipe de Bienvenue Évangéline est petite, mais efficace. Elle est composée du directeur général du Conseil scolaire-communautaire Évangéline (CSCÉ), Nick Arsenault, du gestionnaire de projet, Julian Henry et de l’agente de promotion et de communications, Mathilde Sinnasse. 

Autrefois, Bienvenue Évangéline opérait sous l’égide de la Coopérative d’intégration francophone de l’Î.-P.-É. (CIF). Depuis un certain temps, le projet est sous l’autorité du CSCÉ.  Ceci peut être expliqué par le fait que Bienvenue Évangéline travaillait déjà largement avec le CSCÉ étant donné qu’il est, comme lui, beaucoup plus sur le terrain de la région Évangéline, tandis que la CIF est un organisme provincial et donc plus éloignée. Néanmoins, la CIF continue ses opérations et continue d’appuyer Bienvenue Évangéline comme elle le peut.

Initialement, Immigration Canada hésitait entre instaurer le projet dans la région Évangéline ou à Charlottetown, puisque ce sont les deux régions qui ont démontré de l’intérêt.  C’est finalement la région Évangéline qui l’a emporté, puisqu’on a relevé le point que les nouveaux arrivants vont d’ores et déjà à Charlottetown en arrivant à l’Île-du-Prince-Édouard, par le simple fait qu’il s’agit de la capitale et de la plus grande ville.

Intégration

En outre, Julian explique que, dans la région Évangéline, contrairement aux grands centres, il n’y a pas beaucoup de nouveaux arrivants, et donc pas de communauté complète marocaine ou bien belge. « Ce sont des communautés tellement plus petites, plus à échelle humaine que si tu arrives ici d’un autre pays, tu vas t’intégrer, mais avec les Acadiens, avec les gens d’ici. »

Cependant, Nick ajoute que cela peut parfois être difficile à orchestrer, parce que d’un côté, il y a la lutte pour l’accueil des nouveaux arrivants et l’ouverture sur le monde, mais d’un autre, il y a les Acadiens qui sont fiers de qui ils sont et ne veulent pas risquer leur identité et leur culture. « La sensibilisation se fait petit par petit et c’est un travail humanitaire de très longue haleine. Nous pouvons tous examinés nos propres vies pour voir s’il y a des choses que nous pouvons faire différemment pour être plus accueillants, peu importe l’origine de l’autre.»

L’équipe de Bienvenue Évangéline reste tout de même optimiste face à l’avenir de son travail.  «L’idéal serait que Bienvenue Évangéline n’existe même plus, que tout roule tout seul. Il faudrait que l’accueil ne se fasse même plus par un organisme communautaire, que l’accueil se fasse directement par les habitants eux-mêmes», confie Julian. 

Pour l’instant, Bienvenue Évangéline continue de travailler à faire de la région Évangéline une communauté francophone accueillante pour tous. Pour toutes questions ou informations, écrivez à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou visitez leurs bureaux, au 16, Promenade Pondside, à la Place du Village de Wellington.

Un évènement qui a fait jaser

Un événement que plusieurs ont considéré raciste qui est survenu l’an dernier à l’Exposition agricole et Festival acadien de la région Évangéline a fait beaucoup de remous, encore jusqu’à aujourd’hui. Un évènement de la sorte est sans contredit inacceptable, mais peut inévitablement mener à des discussions nécessaires.

«Je dirais que l’incident du festival l’année dernière est un élément qui a forcé les gens à en parler, puis il y a plusieurs organismes communautaires qui ont eu des discussions autour de cet évènement-là, à leur manière, nous y compris», insiste le DG du CSCÉ, Nick Arsenault.

Par exemple, le comité organisateur de l’Exposition agricole et du Festival acadien a posé plusieurs actions pour assurer le plus possible qu’une telle chose ne se reproduise plus. Tout d’abord, de nombreuses discussions et formations ont été menées afin d’éduquer et sensibiliser sur le sujet.  Ensuite, plusieurs changements ont été apportés à l’organisation de l’exposition pour rendre l’action plus difficile sur le terrain.  Par exemple, une fois l’entrée à l’aréna payée, il est impossible d’en ressortir, sauf pour quitter définitivement. Cette initiative permet d’éviter le flânage à l’extérieur non supervisé.

Enfin, les résultats de l’enquête sont confidentiels, mais on sait tout de même que le système de justice réparatrice a été utilisé et donc, que les actions perpétrées ne resteront pas impunies.

«On ne peut pas assurer à 100% qu’un évènement de la sorte ne se reproduira pas, mais c’est certain qu’on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l’éviter», affirme le président de l’Exposition agricole et Festival acadien de la région Évangéline, Éric Richard.  

eric richardÉric Richard, président de l’Exposition agricole et le Festival acadien de la région Évangéline.  (Photo : Charlotte Dubois)

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