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22 décembre 2021 Par Jacinthe Laforest
Le village de Noël comporte des rues, un train, des animaux de ferme, des personnages, des arbres, des clôtures, et une foule d’autres articles et accessoires. (Photos : J.L.)

Au début de l’année 2021, La Voix acadienne s’est rendue chez Carmella Richard à Saint-Gilbert pour parler avec elle de ses produits d’artisanat au métier à tisser.  Au cours de la conversation, elle a mentionné que son mari, Ernest, faisait chaque année un village de Noël.  Nous sommes un an plus tard et nous voici de retour chez Carmella, cette fois pour parler du village de Noël d’Ernest.  Il est de toute beauté.

Cette année, en raison de circonstances inhabituelles, la construction du village a commencé plus tard que d’habitude, le dimanche 12 décembre.  Le matin du mercredi 15 décembre, tout était en place. 

«À deux, ça prend environ deux jours complets pour monter le village», résume Ernest Richard.  Pêcheur de son métier, il a reçu de son père son intérêt pour le travail du bois et son souci du détail.   Et des détails, il y en a dans le village de 54 maisons et d’environ 300 sapins, sans compter les bouleaux faits à la main par Ernest lui-même. 

«On était à Moncton une fois et on a vu ceci», dit-il en montrant un petit bouleau hivernal placé dans le village.  «Il coutait 9 $.  Je l’ai acheté et je me suis dit que je pourrais probablement en fabriquer.  Et j’ai commencé à en faire, le soir en écoutant la télé, avec du fil de fer, du ruban de fleuriste et de la peinture.  Et ça parait vraiment bien dans le village», dit-il avec satisfaction. 

Les maisons «préfabriquées» ont été achetées au fil des années.  «Au début, je faisais juste un petit village, puis il a grossi.»   De nouvelles familles se sont établies, si bien que le maire, Ernest Richard, a été obligé d’ouvrir de nouvelles subdivisions.  Le village occupe une section complète du salon principal.  Avec les années, Ernest et Carmella ont appris comment l’entreposer pour que l’installation se fasse bien.  Chaque section est numérotée emballée avec tous ses accessoires, pour être déballée selon l’ordre d’installation.  «Ça demande beaucoup de planification.  La base se monte morceau par morceau.  La partie du fond doit être toute finie et installée avant que je puisse commencer le devant», précise le «maire» du village qui, soit dit en passant, n’a pas encore de nom. 

Chaque maison est illuminée grâce à un ingénieux système d’éclairage intégré dans la plateforme de styromousse, par les bons soins d’Ernest Richard lui-même.  Il suffit de mettre les maisons sur les petites lumières LED pour leur donner vie. 

Ernest Richard prend plaisir à monter son village.  Il y a quelques années, il a reçu un train en cadeau.  Le train a par la suite été intégré dans la plateforme.  Sur un ordre au système de maison intelligente (Google), le train se met en marche, les lumières du village s’allument et la musique se met à jouer. 

Ernest Richard n’est pas un pour mettre des photos de son village sur Facebook.  «Une fois, j’ai envoyé des photos à mes sœurs et elles l’ont mis sur Facebook.  C’est la seule fois que des photos du village ont été vues sur Facebook.  Je fais ce village pour moi-même, pour la famille proche.  Notre petit-fils aura 2 ans le 20 décembre.  Il était trop jeune l’an dernier et cette année, j’ai hâte de voir sa réaction», dit le grand-papa, alors que la grand-maman fait de grands sourires. 

Cette dernière participe évidemment à la construction du village, mais elle insiste pour que son mari en soit l’architecte.  «C’est son village», dit Carmella, qui admire l’adresse et l’imagination de son mari, ainsi que sa patience. 

Si la plupart des maisons et des sapins sont achetés, une bonne partie de ce qui fait la beauté des vignettes est faite à la main par Ernest, incluant les clôtures en bois.  «J’ai fait toutes les bouchures, avec des bouts de bois que j’ai coupé, teint, collé, et que je replace année après année.  Juste placer la bouchure prend plusieurs heures.  Je place les supports (verticaux) puis je dispose les billots (horizontaux) dessus, ça fait très beau.  Les billots sont posés un par un».

En bon «maire» de village, Ernest Richard a toujours des projets de développement pour son village.  Il se pourrait bien que d’ici quelques années, une nouvelle section représentant un port de pêche soit ajoutée.  «Ça serait une scène d’hiver, donc l’eau serait gelée.  Il faudrait que je fasse les bateaux moi-même en bois, et que je trouve une façon de les intégrer», dit-il, sur le ton de quelqu’un qui a déjà réfléchi à la question. 

Merci à Ernest et Carmella Richard de nous avoir permis de visiter ce beau village. 

Noel St Gilbert2

Ernest Richard n’aime pas beaucoup se faire prendre en photo.Cependant, il est très fier de son village.il adore le contempler.

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