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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 16 septembre 2020

- Par Jacinthe Laforest

Kent Hudson invite les gens à venir le rencontrer au 119 rue Queen à Charlottetown.  (Photo : J.L.)

 

Kent Hudson dirige la Fondation communautaire de l’Île-du-Prince-Édouard depuis quelques années.  Il constate que c’est souvent par accident que les gens découvrent ce que la fondation peut faire pour eux et il aimerait que ça change.  Il ne veut plus que la «Community Foundation» soit le «secret le mieux gardé» de l’Île.

 

La Fondation communautaire de l’Île-du-Prince-Édouard «aide les gens à donner à des œuvres de charité» dit Kent Hudson, pour résumer le mandat de l’organisme. 

 

Les moyens pour atteindre cet objectif sont de plus en plus variés et flexibles.  De nouvelles formules hybrides font leur apparition, de même que des options liées aux souhaits de fin de vie. 

 

«Au cours des récents mois, nous avons conclu des ententes avec des gens qui ont payé leur assurance vie toute leur vie et qui trouvaient qu’à leur âge, ils n’en avaient plus besoin.  Ils ont décidé de nous nommer comme bénéficiaire et nous ont donné des directives concernant l’utilisation des fonds, pour des causes de leur choix.  C’est très nouveau et je vois ça comme une tendance.  Au lieu d’arrêter de payer vos primes parce que vous pensez que vous n’avez pas besoin de cet argent en fin de compte, venez nous voir», a-t-il lancé, comme une invitation à explorer des options. 

 

Une autre source de financement en croissance est les ententes de succession d’une personne.  «Cette personne a quelques possessions, elle n’a peut-être pas d’héritiers; elle aimerait laisser des traces pérennes.  Il y a plusieurs scénarios.  Quand elle vient nous voir, nous aidons cette personne à réfléchir à ce qui est important pour elle, et nous l’aidons à accomplir cela.  Elle décide d’une somme ou d’un pourcentage de la valeur de ses possessions, elle remplit les documents et à son décès, la somme nous est transmise.  Nous pouvons alors accomplir les volontés de cette personne», explique Kent Hudson. 

 

Les bourses d’études sont populaires

 

Récemment, La Voix acadienne a présenté un article sur Hervé Poirier qui a chargé la Fondation communautaire de gérer un fonds de dotation qui remettra en son nom, à perpétuité, une bourse d’études de 1 000 $ à un finissant de l’École-sur-Mer qui remplira les critères fixés. 

 

Si Hervé a pu faire cela, c’est grâce à une nouvelle formule hybride de financement.  «Autrefois, une personne qui désirait établir une bourse d’études pour l’avenir avait besoin de nous fournir un montant de 25 000 $ sur le coup.  Depuis quelques années, nous avons assoupli nos formules.  Nous avons encore besoin d’un fonds de dotation de 25 000 $ pour assurer la pérennité d’une bourse d’études, mais nous établissons un calendrier sur plusieurs années pour doter le fonds».

 

Kent Hudson et sa femme sont tous deux de grands amateurs de golf.  Sans enfants, ils ont décidé de créer une bourse et d’établir le fonds sur plusieurs années.  «Nous avions décidé de donner 2 000 $ par année, dont 1 000 $ serait investi dans le fonds et l’autre moitié attribuée en bourse.  Pour nous, le critère est que l’étudiant travaille sur un terrain de golf.  Pour notre première année, nous avons reçu 10 demandes, d’une telle qualité que nous avons décidé de donner deux bourses, plutôt qu’une seule».

 

Cet exemple personnel, Kent Hudson l’utilise pour illustrer que lorsqu’on commence à donner, on se sent tellement bien qu’on donne sans cesse plus.  «Et les gens qui commencent à donner tôt dans leur vie restent des donneurs toute leur vie, et ça va en augmentant».

 

Réduire les impôts

 

Lorsqu’il est question d’entraide communautaire et de dons généreux et désintéressés, on hésite à apporter dans l’équation des notions bassement terre à terre comme la nécessité de payer des impôts.  Mais c’est un fait qu’une des raisons qui motive les dons à des œuvres de charité est la réduction d’impôts que cela entraîne. 

 

«En règle générale, si vous devez payer 5 000 $ d’impôt dans votre année, vous pourriez faire un don de 1 000 $ à une œuvre de charité et payer 4 000 $ d’impôt.  Vous payez tout de même 5 000 $, mais le gouvernement ne vous dit pas merci», insiste Kent Hudson. 

 

Il y a aussi des gens d’affaires ou des particuliers qui réalisent des gains en capital imposables et qui, sur recommandation de leur comptable, font des dons à des œuvres de charité.  «Ils peuvent nous donner le montant, nous remettons le reçu fiscal.  Lorsqu’ils savent ce qu’ils veulent faire avec l’argent, ils nous appellent et nous faisons le don pour eux.  Souvent, nous servons d’intermédiaire entre le donateur et le bénéficiaire.  Ça peut être délicat pour une personne de vouloir donner, tout en émettant des conditions.  Ça peut mettre des gens mal à l’aise, et gâcher des relations d’amitié ou d’affaires alors que nous pouvons aisément faire en sorte que les critères et les modalités soient respectés, à la satisfaction du récipiendaire, mais aussi du donateur, qui a ainsi la certitude que son argent est bien utilisé».

 

L’une des 191 fondations communautaires au Canada, la Fondation communautaire de l’Île-du-Prince-Édouard gère un portefeuille de 13 millions de dollars, en croissance.  L’argent est placé par une filiale de la Banque Royale du Canada pour des rendements optimaux qui se sont maintenus, en dépit de la COVID-19.  Au cours des récentes années, la Fondation communautaire a accordé en moyenne 500 000 $ à des œuvres de charité variées à l’Île-du-Prince-Édouard. 

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