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Le 18 décembre 2019

- Par Jacinthe Laforest

 

Georgia Arsenault va fêter le 20 décembre son 4e anniversaire de naissance.  Elle est une enfant joyeuse qui aime la danse, les lutins, sa maman Mélanie, son papa Neil, sa grande sœur Lily et sa petite sœur Fiona.  Après plusieurs mois de traitement agressif, le seul indice qui révèle que Georgia est «malade» est qu’elle n’a qu’un petit duvet soyeux sur sa belle tête parfaite. 

 

Le diagnostic est tombé le 23 mai 2019 : Leucémie lymphoblastique aigüe.  Ces trois mots ont bouleversé la vie de Georgia et de sa famille. 

 

«Ça faisait quelques semaines que je la trouvais différente.  Elle se plaignait de maux de tête, de maux de ventre.  Les enfants ont souvent mal au ventre et à la tête, mais je savais, je sentais que quelque chose n’allait pas.  Elle n’avait pas une belle couleur.  Un matin, elle s’est levée avec un mal de jambe.  C’était un lundi.  J’ai continué à la surveiller et le mercredi, je lui ai fait voir un médecin», raconte la maman de Georgia, Mélanie Arsenault, avec beaucoup de détails et de simplicité à la fois. 

 

Comme Georgia avait mal aux jambes, le médecin a suspecté de l’arthrite juvénile, un mal qui est détectable par un examen sanguin.  «Ils ont fait la prise de sang le matin à 10 h 30.  Je savais que ça n’allait pas.  J’ai gardé mon téléphone près de moi toute la journée, et quand ils ont appelé, et qu’ils ont dit que quelque chose n’allait pas avec son sang, je leur ai tout de suite demandé si c’était la leucémie.  Je le savais.  Ils nous ont dit de faire nos bagages, de trouver quelqu’un pour prendre soin des enfants, et de venir à l’hôpital de Summerside, pour nous rendre tout de suite à Halifax pour commencer les traitements».

 

La leucémie lymphoblastique aigüe a ceci de particulier qu’elle évolue très, très, très rapidement.  Il n’était même pas question pour la famille de retourner à la maison pour passer une nuit ensemble avant de se rendre à Halifax.  Un délai de quelques heures aurait pu être déterminant. 

 

Les traitements très agressifs ont commencé par une phase soutenue de 29 jours.  Mélanie avoue que ce premier mois de traitement a été éprouvant.  Le protocole de traitement incluait la prise de stéroïdes, en plus de la chimiothérapie.  «Georgia s’est mise à enfler.  De 33 livres environ, elle a monté à 50 livres.  Elle était tellement enflée qu’elle ne pouvait presque pas bouger.  Ses bras et jambes ne pliaient pas.  Elle ne parlait plus non plus.  Les médecins nous disaient que c’était normal, mais ça faisait mal à voir», a décrit Mélanie Arsenault. 

 

Pendant ces premières semaines de traitement, les chances de Georgia de vaincre la maladie n’avaient pas encore été déterminées et la maman se demandait parfois si sa fille souffrait inutilement.  «Le jour 1 du traitement, ils ont pris des échantillons de sang, et c’était plein de cancer.  Le jour 29, ils ont pris à nouveau des échantillons et tout le cancer avait disparu.  Alors j’ai su que tout cela valait la peine et qu’elle allait aller mieux».

 

Pendant un total de deux ans et demi, jusqu’en juillet 2021, Georgia va continuer ses traitements de chimiothérapie à titre préventif, pour éviter que la maladie ne réapparaisse. 

 

«On la surveille.  Si elle a une petite fièvre, il faut tout de suite aller à l’hôpital.  Nous avons installé des désinfectants à mains dans la maison.  Si un rhume court, nous sommes prudents.  Maintenant qu’elle se sent bien, elle redevient une enfant normale, qui aimerait jouer avec d’autres enfants.  Et elle continue d’aller chez le médecin souvent.  Parfois, quand c’est notre tour d’aller chez le médecin, on exagère pour qu’elle sache qu’elle n’est pas la seule à avoir des malaises».

 

Il n’est pas inutile de mentionner que la famille de Mélanie ainsi que la famille de Neil ont été d’un support précieux pour toute cette aventure et elles continuent d’être présentes dans la vie des enfants. 

 

Nul doute que cette année, la santé sera considérée comme le plus beau cadeau au monde pour Noël. 

 

Neil et MélanieArsenault avec leurs enfants Georgia, Fiona et Lily ainsi que leur chien Freddie.  (Photo : J.L.)

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