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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 6 novembre 2019

- Par Jacinthe Laforest

Amand et Marguerite Arsenault, 91 et 84 ans, trouvent que le temps a passé très vite.

 

«Je ne sais pas si on a tant que ça à dire.»  C’est ainsi que Marguerite Arsenault a d’abord réagi lorsque La Voix acadienne a voulu se rendre chez elle et son mari Amand, pour souligner leur 65e anniversaire de mariage.  N’empêche, un rendez-vous a été fixé et pendant une belle heure, Amand et Marguerite ont raconté des petits passages de leur vie bien remplie.Bien installés dans les appartements du chemin Mont-Carmel, à Wellington, Amand, 91 ans, et Marguerite, 84 ans, affichent une belle sérénité face aux années qui passent. 

 

«Ça a passé vite.  Ça fait 65 ans qu’on est mariés, et on s’est fréquentés pendant trois ans.  Alors, ça fait longtemps.  Je ne me rappelle pas de tout ce qui s’est passé», soutient Marguerite, qui a pourtant une excellente mémoire : 28 sur 32 lui a dit le médecin qu’elle a consulté, car elle se trouvait oublieuse. 

 

Amand est lui aussi en excellente santé.  «Je vais jouer de la musique plusieurs fois par semaine dans les manoirs et au Chez-Nous.  Je trouve ça drôle parce que je joue pour des gens qui sont plus jeunes que moi.  Mais je suis en pleine forme, et je ne veux pas arrêter».

 

Amand et Marguerite ont élevé leur famille de sept enfants à Saint-Chrysostome, le village natal d’Amand (à Arcade et Madeleine) alors que Marguerite est originaire de Maximeville.  À Wellington depuis deux ans environ, Amand aime bien aller prendre un café au resto Chez Char, chaque matin (après la messe à la télé, évidemment) pour se mettre au courant des nouvelles.  «Je vais écouter les gossip et jaser avec le monde», avoue Amand. 

 

Marguerite, pendant ce temps là, fait son petit ouvrage de maison et elle broche (tricote) des bas, des mitaines et des pantoufles. 

 

Sept enfants en 10 ans

 

Les enfants ont commencé à arriver environ un an après le mariage.  Norman, le plus vieux, est pêcheur comme son père, et le plus jeune de la famille, Georges, est également pêcheur.  Après Norman, il y a Zoël, qui travaille dans l’électricité.  Adrien est décédé tragiquement en 1995.  Paul vit à Edmonton où il travaille dans l’acier pour l’industrie du pétrole.  Ensuite, il y a Alain qui habite à Sackville et travaille dans la sécurité, Rena, qui travaille à la boulangerie Water Street à Summerside et finalement, Georges, le pêcheur, qui vit à Abram-Village.  Sept petits-enfants et de nombreux arrières petits-enfants sont également dans l’équation. 

 

Amand a toujours réussi à faire vivre sa famille, même si parfois, ç’a été dur.  «J’ai pêché 55 ans.  Il y a des années qu’on recevait 43 cents, 40 cents ou 50 cents pour une livre de homard.  Je me rappelle qu’une année, j’ai pêché juste 3 000 livres dans ma saison.  Ça ne faisait pas de gros gages.  Quand j’allais chercher ma paie à l’usine à la fin de la saison, il me revenait pas grand-chose des fois», explique le pêcheur.  Pendant une époque, il était fréquent que les pêcheurs membres de la coopérative se fassent donner des petites avances sur leur salaire à venir, pour passer la semaine.  Ils achetaient aussi des fournitures.  Tout cet argent était déduit du salaire et la balance, parfois mince, était remise au pêcheur. 

 

Marguerite a, elle aussi, travaillé dans l’industrie de la pêche.  «De 1982 à 1989, deux mois au printemps et deux mois à l’automne, je travaillais à l’usine.  Mes journées allaient de 8 h à l’heure du souper.  Je préparais des lunchs pour l’école et je faisais mon ouvrage de maison le soir en arrivant.  J’avais envie d’aller travailler et je l’ai fait.  Ça a fait changement», dit Marguerite.

 

De bons vivants

 

Au fil des années, peu importe l’âge des enfants et le travail qu’il y avait à faire, Amand et Marguerite ont toujours été de bons vivants.  «On prenait une gardienne le samedi soir et on allait danser.  On n’a pas manqué beaucoup de danses.  On aime la musique et danser ensemble», disent les deux amateurs de soirées de violon et de danses carrées. 

 

Ce serait d’ailleurs dans une de ces soirées qu’ils se seraient rencontrés, quoique Amand avait l’impression que c’était à l’occasion du mariage d’un des nombreux frères et sœurs de Marguerite.  Ce dont il se souvient avec précision, cependant, c’est que Marguerite avait un autre prétendant qui lui tournait autour : «C’est moi qui ai gagné», a-t-il déclaré avec un brin d’orgueil. 

 

«Je ne sais pas pourquoi tout le monde me demande comment j’ai fait pour l’endurer toutes ces années», ajoute Marguerite, qui ne semble pas avoir trouvé la tâche très difficile.

 

De la musique toujours

 

Amand Arsenault a longtemps été connu comme l’accompagnateur de son frère Eddie, le célèbre violoneux.  «Je lui tapais sur la tête et il n’aimait pas ça», rappelle Amand, avouant que le départ de son frère a laissé un grand trou dans sa vie. 

 

Amand n’a cependant pas arrêté de jouer de la guitare.  C’est encore un grand plaisir pour lui et Marguerite l’accompagne la plupart du temps, car elle aime aussi écouter la musique et visiter le monde. 

 

Pas de grande célébration

 

L’anniversaire de mariage d’Amand et Marguerite était le 23 octobre.  Cette année, le couple ne voulait pas faire une grande célébration.  En 2018, la famille avait fait une grande fête pour le 90e anniversaire de naissance d’Amand.  En 2014, la famille avait souligné les noces de diamant; en 2009, le 55e anniversaire de mariage et en 2004, les noces d’or du couple. «On trouvait qu’on avait assez eu de fêtes.  On s’est tenu tranquille cette année», ont dit les deux aînés. 

 

La famille de Marguerite Arsenault, incluant ses parents, Théodosie et Élisé, et ses nombreux frères et soeurs.

 

La famille d’Amand Arsenault incluant ses parents Arcade et Madeleine.

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