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18 mai 2021 Par Jacinthe Laforest  
Martin Marcoux, président de RDÉE Canada. (Photo : J.L.)

Élu président du conseil d’administration de RDÉE Canada en septembre 2020, pour une année de transition, Martin Marcoux de l’Île-du-Prince-Édouard estime que l’organisme national est en meilleure posture que jamais. «Je ne le cacherai pas.  On a eu des mois difficiles à RDÉE Canada.  On a perdu des employés, on a eu une période d’instabilité.  Mais on a réussi à redresser la situation.  On a aussi restructuré notre comité exécutif et c’est pour cela que j’ai décidé de rester pour un an.  J’étais le seul membre de l’exécutif qui restait avec de l’expérience.  Je suis là seulement pendant la transition», a-t-il expliqué en entretien Web.

Depuis février-mars 2020, et probablement jusqu’à la fin de l’année 2021, les RDÉE du pays ont économisé sur les frais de rencontre. 

«Ici à l’Île, on se déplace en auto dans la province.  Notre budget de transport n’est pas gros par rapport aux budgets de Terre-Neuve-et-Labrador, du Nouveau-Brunswick ou de l’Ontario.  Au national, on tient chaque année plusieurs rencontres sectorielles.  Depuis un an et demi, on a économisé beaucoup d’argent, ou en tout cas, nos fonds alloués pour le transport n’ont pas été dépensés.  Avec l’accord de nos bailleurs de fonds, nous préparons un grand colloque national pour réunir nos membres et les acteurs du développement économique francophone.  Nous avons très hâte de vivre cet événement».

Ce grand colloque servira à faire le point sur le développement économique francophone au Canada.  Également, RDÉE Canada en profitera pour actualiser sa feuille de route (plan de cinq ans).  On fera le point sur les conséquences de la COVID-19 et on marquera le 25e anniversaire de l’organisme, en plus de préparer le prochain concours des Lauriers de la PME.   

RDÉE Canada regroupe des membres partout au Canada, sauf au Québec.  «Notre réseau est très bien implanté.  Même lorsqu’on rencontrait des difficultés organisationnelles à RDÉE Canada, l’existence de l’organisme a toujours été jugée essentielle.  À RDÉE Canada, notre rôle est avant tout de soutenir nos membres.  Nous avons notre budget de base qui nous vient d’“Emploi et Développement social” et on s’organise pour aller chercher des projets en appui aux RDÉE provinciaux et territoriaux.  Un de ces projets était celui sur la petite enfance, qui se poursuit depuis deux ans environ.  Partout au Canada, le secteur était en crise.  Il fallait faire quelque chose.  Avec des partenaires, on a réussi à débloquer des fonds pour les rediriger vers nos membres pour de la formation, pour ouvrir des garderies, etc.  L’Île a bien profité de ces fonds.  Nous organisons un symposium national virtuel en petite enfance pour les 12 et 13 mai prochains», précise Martin Marcoux. 

Principes de travail et de collaboration

La pandémie a été difficile et démoralisante et à bien des égards, la pente reste à remonter.  Mais la dernière année n’a certes pas été perdue pour RDÉE Canada.  «On a bien avancé.  Depuis deux ans environ, on travaille sur un document qui va beaucoup aider notre réseau.  Comme vous le savez, nous sommes présents dans neuf provinces et deux territoires.  Il y a trois RDÉE en Ontario et deux au Nouveau-Brunswick.  Par bien des aspects, on rencontre les mêmes questions de juridictions que le gouvernement fédéral par rapport aux provinces.  Nous avons trouvé essentiel de nous doter de principes de travail, de collaboration.  Que faire si on ne s’entend pas, si on n’arrive pas au consensus? Que faire si un membre veut un projet et qu’un autre ne le veut pas?  Ça semble simple, mais le fait de se donner des processus sur lesquels tout le monde est d’accord va beaucoup améliorer notre réseau et le renforcer», soutient le président. 

Secteurs d’avenir

RDÉE Canada repose sur sensiblement les mêmes grands secteurs que ses membres.  Le tourisme, l’immigration, la jeunesse (incluant la petite enfance) sont les premiers qui viennent à l’esprit.  Le secteur du développement durable et de l’énergie verte est en plein développement.  «Nous avons reçu un financement pour démarrer le secteur, pour faire des études et identifier des initiatives qui seraient porteuses.  C’est un domaine d’avenir selon nous et le fait que les bailleurs de fonds nous aient octroyé des fonds de départ nous signale qu’il y a de l’intérêt de leur part à poursuivre», dit Martin Marcoux. 

La relation avec les bailleurs de fonds est cruciale pour un organisme comme RDÉE Canada et pour ses membres.

«Il y a eu des années, ou plutôt des périodes, où nous n’avions pas d’argent.  C’était dur de planifier.  Depuis que nous avons remis l’organisme sur pied, nous avons réussi à entrer dans des ententes pluriannuelles avec nos bailleurs de fonds.  Nos fonds ont été préapprouvés trois années de suite.  C’est tellement plus efficace.  Et en plus, un avantage est qu’on peut reporter des sommes non dépensées à l’année suivante.  Dans le contexte présent, c’est très avantageux.  Nous sommes dans la troisième année de notre entente.  Nous allons donc recommencer les négociations pour une nouvelle entente à partir d’avril 2022», envisage Martin Marcoux. 

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