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11 janvier 2023 Par Marine Ernoult  IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Le gouvernement progressiste-conservateur de Dennis King est donné grand favori par les sondages.

En 2023, l’Île-du-Prince-Édouard va vivre un grand rendez-vous politique, avec la tenue d’élections provinciales d’ici l’automne.  Dennis King, et son gouvernement progressiste-conservateur sont donnés grands favoris par les sondages, tandis que les verts et les libéraux plafonnent autour de 20 % d’intentions de vote.  

Les élections provinciales qui s’annoncent le 2 octobre prochain font de 2023 une année politique charnière.  Après quatre ans au pouvoir, le premier ministre Dennis King s’apprête à remettre son mandat en jeu.  Le chef du gouvernement progressiste-conservateur pourrait même annoncer un scrutin anticipé pour le printemps, croit Don Desserud. 

«Il se tiendra probablement fin avril, les progressistes-conservateurs ne veulent pas attendre l’automne à cause de la possibilité d’une nouvelle élection fédérale au même moment», avance le politologue à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. 

À ses yeux, la récente multiplication des aides, contre l’inflation notamment, est annonciateur d’un scrutin imminent : «La mémoire des électeurs est très courte, en octobre personne ne se souviendra de l’argent distribué aujourd’hui, ça n’aura plus aucune valeur politique». 

Don Desserud assure que seul un ralentissement majeur de l’économie insulaire dissuaderait le gouvernement en place d’organiser rapidement des élections.

«Dennis King reste favori»

Selon un récent sondage de Narrative Research, publié le 1er décembre dernier, le Parti progressiste-conservateur recueillerait 49 % des intentions de vote.

«Dennis King reste favori, sa formation politique pourrait même décrocher quelques sièges supplémentaires, analyse Don Desserud.  À cause de la COVID-19 et de Fiona, ce gouvernement a été présent dans la vie des insulaires comme jamais auparavant.  Ça compte beaucoup, cela a créé un lien fort avec les électeurs.» L’observateur estime que la base électorale des progressistes-conservateurs s’est ainsi élargie depuis 2019. 

En face, les verts, actuel parti d’opposition officielle, restent distancés dans les sondages, avec 25 % d’intentions de vote.  «La future campagne pourrait leur donner un nouvel élan, mais pour l’instant, leur investissement parlementaire et leurs succès dans l’adoption de plusieurs lois ne se sont pas traduits en solides soutiens dans l’opinion publique», considère Don Desserud.  Et d’ajouter : «Ils pourraient même perdre certains de leurs députés.»

Le NPD dans la course 

Les libéraux, troisième formation politique présente à l’Assemblée législative, ne récolteraient de leur côté que 20 % des suffrages.  «Ils sont en difficulté depuis 2019, beaucoup de leurs soutiens se sont tournés vers les verts», observe Don Desserud. 

Symbole de la lutte qui oppose les libéraux et les verts, Sharon Cameron, nouvelle cheffe du Parti libéral, a décidé de se présenter contre le chef du Parti vert et député sortant Peter Bevan-Baker dans la circonscription 17, celle de New Haven-Rocky Point. 

Une décision qui demeure «incompréhensible» pour Don Desserud : «C’est un pari difficile à gagner, Sharon Cameron risque de perdre, et d’entraîner les libéraux dans une situation pire que lors du dernier scrutin provincial de 2019».

Ce bras de fer électoral pourrait-il profiter au Parti néo-démocrate (NPD) insulaire, absent de l’Assemblée législative depuis 22 ans?  Don Desserud n’exclut pas que le NPD crée la surprise : «Leur nouvelle cheffe Michelle Neill fait un excellent travail depuis son élection au printemps dernier, elle est très présente sur le terrain.»  

Don Desserud2Don Desserud est politologue à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

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