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30 septembre 2021 Par IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne / Propos recueillis par Marine Ernoult 
Edgar Arsenault est le président de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo : Archives de La Voix acadienne)

Au lendemain des résultats des élections fédérales, Edgar Arsenault, le président de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (SAF’Île) partage ses attentes et les prochaines étapes qui attendent l’organisme communautaire. 

Pendant la campagne électorale, les attentes de la SAF’Île à l’égard des candidats au scrutin fédéral étaient fortes.  La directrice Isabelle Dasylva-Gill s’inquiétait notamment du manque de services en français.  «Sans un minimum de services, on met la communauté en mode survie», partageait-elle avec La Voix acadienne.  Qu’attend désormais la SAF’Île des quatre députés fédéraux élus le 20 septembre? Edgar Arsenault, président de l’organisme communautaire, nous en dit plus. 

Tout d’abord, à l’issue de ces élections, on se retrouve avec le même gouvernement minoritaire qu’auparavant, qu’en pensez-vous? 

On est correct avec ce nouveau gouvernement minoritaire.  De toute façon, on s’attendait à ce que les choses restent comme avant mais c’est regrettable d’avoir organisé des élections pour se retrouver dans la même situation.  Ça ne nous empêchera pas de continuer à faire avancer les dossiers de la francophonie en milieu minoritaire à l’Île.  On travaillera du mieux qu’on peut.  Jusqu’alors, cela ne fonctionnait pas trop mal, j’espère que ça va continuer comme ça.  Par contre, je doute que ce gouvernement dure quatre ans. 

À l’Île, le portrait demeure inchangé avec quatre députés libéraux, qu’est-ce que vous attendez maintenant de ces élus? 

En région Évangéline, Bobby Morrissey a pris le temps d’apprendre le français, à Charlottetown, Sean Casey le parle aussi.  Je suis confiant, ils sont convaincus par la francophonie à l’Île.  Je suis sûr qu’ils vont nous aider à faire progresser la langue française dans la province. 

Pendant la campagne électorale, la SAF’Île a voulu organiser des rencontres avec les 16 candidats.  Au total, seuls quatre ont répondu à l’invitation.  Comment expliquer ce manque d’intérêt?

Les élections ont été beaucoup plus courtes que d’habitude.  Les candidats avaient moins de temps disponible pour faire des rencontres, ils étaient très sollicités.  Leur priorité était de joindre les individus, ils se concentraient sur le porte-à-porte, ce qui a limité nos opportunités de rencontre.  Je pense que le message est quand même passé, on doit cependant davantage pousser le message politique dans les années à venir. 

Quelle est votre priorité d’ici la fin de l’année? 

Le renouvellement de la Loi sur les langues officielles.  Dans leur plateforme, les libéraux ont promis de refondre la Loi et de déposer, à nouveau, un projet de réforme dans les 100 premiers jours de leur mandat.  Le compteur est lancé, le gouvernement doit passer à l’action pour que ça devienne réel.  On reste confiant, car tous les partis sont en faveur de cette réforme.

Vous parlez de la Loi sur les langues officielles, qu’en est-il des autres dossiers, la pénurie de main-d’œuvre, les places de garderie en français? 

La Loi sur les langues officielles va permettre d’amener ces autres sujets prioritaires sur la table dans les prochaines semaines.  Mais on doit davantage sensibiliser les partis aux enjeux de la francophonie en milieu minoritaire, à la fragilisation du français, au minimum de services en français dont on a besoin, ils ne sont pas assez au courant de nos défis.  Et à cause de la COVID-19, pas mal de sujets sont restés bloqués. 

Ça demande un travail continu, y compris entre les élections.  Il faut aussi qu’on encourage plus d’Acadiens francophones à s’impliquer dans les partis politiques.  Nos voix seront ainsi plus au cœur des débats.  De manière générale, notre but est que le gouvernement applique une lentille francophone à tous les programmes et politiques avant qu’ils ne sortent. 

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