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15 septembre 2021 Par Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Au moment où la crise due au coronavirus a rendu plus visible la vieillesse, le grand âge est devenu un enjeu important de cette campagne électorale.  À l’Île-du-Prince-Édouard, l’Association des Francophones de l’âge d’or (FAOÎPÉ) partage ses priorités et ses attentes à moins d’une semaine du scrutin fédéral.

La crise sanitaire a révélé le manque d’attention que la société porte aux aînés, si souvent négligés et dont la contribution est si peu reconnue.  Le vieillissement de la population va pourtant s’accélérer dans les années à venir, particulièrement dans les communautés francophones en milieu minoritaire.  Aux yeux de Claude Blaquière, président de l’Association des Francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard, il est indispensable de se donner les moyens d’accompagner cette nouvelle réalité. 

Après le choc de la COVID-19 dans les foyers de soins et les centres d’hébergement de longue durée, Claude Blaquière plaide pour le maintien des aînés à domicile, avec un accès renforcé à des soins de santé.  «C’est la priorité pour permettre un vieillissement dans les meilleures conditions possible, si les maisons ont besoin de rénovations pour être plus adaptées, il faut leur accorder des aides, leur allouer des crédits d’impôt», souligne le responsable associatif.  Il évoque également l’option des logements intergénérationnels : «Ce n’est pas encore très populaire, mais c’est une bonne idée d’avoir les grands-parents, les parents et les enfants sous le même toit, cela crée des liens».

Isolement et pauvreté

Car une préoccupation majeure de Claude Blaquière, c’est l’isolement des aînés, encore plus marqué en zone rurale.  «La COVID-19 a accentué cette solitude, beaucoup n’ont pas accès à internet, il faut réussir à briser les barrières et multiplier les initiatives pour les joindre», partage-t-il. 

La pauvreté chez les plus âgés est un autre enjeu qui inquiète le Prince-Édouardien : «La pension de vieillesse n’est pas suffisante pour vivre décemment, il est indispensable d’avoir plus d’aides pour ceux qui ont des revenus si faibles.» Le sort des proches aidants, qui consacrent temps et énergie à l’accompagnement d’aînés dépendants, alarme par ailleurs le responsable.  «Ils devraient être plus soutenus et reconnus», dit-il. 

Le président des Francophones de l’âge d’or de l’Î.-P.-É. insiste aussi sur l’importance d’accéder à des services de soins en français. 

«C’est encore trop difficile à l’Île, plus de postes doivent être désignés bilingues», affirme-t-il. 

Pour pallier le manque de personnel dans le secteur, il appelle à miser sur l’immigration : «On doit recruter davantage de personnes compétentes à l’étranger capable d’offrir des services en français.» Conscient des difficultés à obtenir des équivalences de diplômes et à intégrer le secteur réglementé de la santé, il assure que la situation s’est améliorée ces dernières années.  «Mais on doit encore accélérer le processus», reconnaît-il. 

Multiplication des promesses électorales

À l’heure actuelle, bloquistes, conservateurs, libéraux, néodémocrates et verts multiplient les promesses à l’égard des aînés à l’approche du scrutin du 20 septembre.  Les conservateurs s’engagent à lancer un vaste chantier pour rénover les établissements qui offrent des soins de longue durée et à traiter en priorité les demandes d’immigration des personnes qui ont des compétences dans le domaine de la santé. 

Les Libéraux souhaitent eux bonifier le Supplément de revenus garanti pour les aînés, augmenter la Prestation de la sécurité de vieillesse, ou ecore encourager les plus de 65 ans à rester plus longtemps sur marché du travail en leur accordant un crédit d’impôt. 

«Ça permettrait de lutter contre la pénurie, les aînés pourraient plus facilement travailler à temps partiel et faire bénéficier la communauté de leur expérience et de leurs connaissances», apprécie Claude Blaquière.

Afin d’aider les seniors à sortir de la pauvreté, les néo-démocrates veulent de leur côté créer un revenu minimum garanti.  Ils proposent également une stratégie nationale qui ciblerait la démence et les mauvais traitements envers les personnes âgées.  Les verts, enfin, veulent faire des soins de longue durée un service de base assuré par l’État, avec l’établissement d’une norme nationale de quatre heures de soins réglementés par jour pour chaque personne résidant en centre de soins. 

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