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23 mai 2021 Par Marine Ernoult IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Raynald Charest est un résident saisonnier de l’Î.-P.-É. Avec sa femme, il reste de mai à octobre dans la province.

Les résidents saisonniers de l’Île-du-Prince-Édouard n’ont pas encore l’autorisation de venir dans la province.  Frustrés, ils attendent des éclaircissements et des réponses du gouvernement provincial. 

«On n’est pas très bien traité par les autorités de l’Île, on nous oublie, on a l’impression de ne pas compter pour grand-chose», regrette Raynald Charest.  Le Franco-Ontarien fait partie des milliers de résidents saisonniers qui aimeraient savoir quand ils pourront s’installer dans leur chalet à l’Île-du-Prince-Édouard.  «On souhaiterait avoir le détail des mesures prévues, qu’on nous dise au moins “dans une ou deux semaines la situation sera réévaluée”», poursuit Raynald Charest.  

Car ceux qui avaient reçu une lettre les autorisant à entrer dans la province entre le 17 et le 31 mai se sont vus retirer cette autorisation par le bureau de la médecin hygiéniste en chef.  «Et pour le moment ce n’est pas clair, aucune date n’est indiquée, on ne sait pas quand on pourra à nouveau faire une demande», témoigne Jen Harding, présidente et fondatrice de l’Association des résidents saisonniers de l’Île, dont le groupe Facebook compte 1 300 membres.  «C’est frustrant, les gens ont été prévenus au dernier moment alors qu’ils étaient prêts à partir, les valises faites», ajoute Raynald Charest. 

Des tests rapides à l’arrivée à la frontière 

L’Association réclame des précisions sur les plans de la province afin d’autoriser l’arrivée des résidents estivaux à l’Île.  À chaque fois que l’un d’entre eux fait une demande, il doit communiquer un grand nombre d’informations confidentielles, passeport, certificat de naissance, de mariage, etc. «On voudrait savoir ce que deviennent ces renseignements, s’ils sont stockés et où», explique Jen Harding. 

Et d’ajouter : «Si c’est stocké, les autorités pourraient s’y référer lors d’une nouvelle demande, ça nous éviterait d’avoir à renvoyer les mêmes infos plusieurs fois.» Par ailleurs, selon l’association, les formulaires en ligne sur le site internet du gouvernement provincial ne sont pas clairs pour certaines personnes âgées, peu familières des nouvelles technologies. 

L’autre enjeu pour les propriétaires de chalet, c’est le test de dépistage négatif de moins de 72 heures exigé par le bureau de la santé publique.  «D’un point de vue pratique, c’est difficile à faire pour ceux qui viennent en voiture de très loin, de l’ouest canadien par exemple», observe Jen Harding qui préférerait la mise en place de tests rapides à l’arrivée au pont de la Confédération.  «Ce n’est pas qu’on ne veut pas être testé ou qu’on ne veut pas respecter les règles, ce qu’on veut, c’est rendre le processus plus efficace et plus facile pour tout le monde», insiste-t-elle.

Pas d’action en justice envisagée 

De son côté, Raynald Charest évoque le coût des trois tests de dépistage qui doivent être effectués pendant l’auto-isolement de quatorze jours, une fois arrivé à l’Île.  «Je ne suis pas sûr que ce soit nécessaire pour contrer la propagation de la maladie, rester chez soi deux semaines suffit.  Dans nos chalets sans voir personne, j’ai peine à croire qu’on soit une menace», partage-t-il.

Pour le moment, l’Association des résidents saisonniers n’envisage pas d’intenter une action en justice.  «Je ne sais pas si ça nous servirait d’aller devant les tribunaux, ça prendrait des années de procédure, commente Jen Harding.  Je préfère entretenir un dialogue raisonnable et respectueux avec le gouvernement provincial».

Les résidents saisonniers restent optimistes.  «Je suis certain qu’il sera possible de venir à l’Île cet été avec la vaccination qui avance au pays», avance Raynald Charest.  Jen Harding, elle, espère une réouverture dès le mois de juin.  Quelles que soient leurs demandes, tous deux comprennent la position des autorités insulaires et leur prudence extrême.  «Je ne suis pas fâchée, il faut aussi relativiser, ma frustration n’est rien comparée à ce qui passe ailleurs dans le monde à cause de la COVID-19», conclut Jen Harding.

Jen Hardingest la fondatrice et présidente de l’Association des résidents saisonniers de l’Île-du-Prince-Édouard. (Photos : Gracieuseté) 

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