Actualités
12 mai 2021 Par Jacinthe Laforest
Simone Gallant, en isolement pendant 14 jours, a apporté sa machine à coudre pour terminer quelques projets. La couverture que l’on voit sur la photo n’est pas celle pour sa petite-fille. (Photos : Simone Gallant)

Depuis quelques jours, Simone Gallant est en auto-isolement dans un appartement de type «Air B&B» dans la région de Stratford.  Originaire de l’Île-du-Prince-Édouard et résidant à Dieppe au Nouveau-Brunswick depuis 2007, elle tenait à rencontrer sa première petite-fille de lignée dans les premiers jours de sa vie.  Elle a trouvé le processus d’approbation exigeant, mais rassurant à la fois. 

Simone Gallant est mère de deux filles qui habitent toutes deux à l’Île.  C’est sa plus jeune, Liane, qui est sur le point de donner naissance pour la première fois.  «Je n’ai pas vu mes filles depuis septembre.  Quand j’ai vu Liane, elle était au début de sa grossesse.  Je n’ai pas vu son ventre, je n’ai pas pu sentir le bébé bouger, je n’ai pas pu partager ces moments précieux avec elle, autrement que par un écran.  J’ai trouvé ça difficile de manquer cette étape dans la vie de ma fille.  Alors, j’ai fait les démarches pour être ici au moment de la naissance», décrit Simone Gallant,  fille de feu Zelma et Edmond à Cyrus à Pierre.

Pour avoir le droit de venir à l’Île, Simone a rempli les formulaires et fourni les preuves demandées pour son séjour.  «C’était assez exigeant.  J’avais besoin d’une lettre de Liane, confirmant que j’étais sa mère et qu’elle avait besoin que je sois là; je devais aussi fournir une lettre du médecin attestant de la situation et que Liane était véritablement enceinte, et je devais aussi fournir la carte médicale de ma fille et son permis de conduire pour prouver qu’elle était bel et bien une résidente de l’Île.  C’était plusieurs étapes, et il fallait coordonner tout ça, mais ça veut dire que ce n’est pas n’importe qui qui peut entrer à l’Île.  C’est rassurant».

Simone sera encore en isolement lors de la naissance, si elle se produit à la date prévue.  Après ces deux semaines de quarantaine, elle disposera de deux semaines de liberté pour rencontrer sa famille et faire connaissance avec sa nouvelle petite-fille.  Elle habitera alors chez sa fille à Montague.  «Ils ont déménagé dans cette maison en décembre.  Je n’ai pas encore pu la visiter.  J’ai bien hâte».

Après ces quatre semaines à l’Île-du-Prince-Édouard, Simone retournera à Dieppe pour s’isoler à nouveau pendant deux semaines.  «Je suis chanceuse que mon employeur a accepté que je travaille à distance pendant ces six semaines-là.  Sinon, je n’aurais peut-être pas pu».

Un bon arrangement

Lorsque Simone a commencé à planifier son séjour, elle devait aussi fournir aux autorités sanitaires une preuve qu’elle serait en mesure de respecter l’isolement requis.  Elle a placé une annonce sur Facebook et elle a eu plusieurs offres de location.  «J’ai pris celui-ci.  J’étais prête à aller n’importe où à l’Île.  Ici, j’ai mon entrée indépendante, ma propre cuisine, etc.  Je sors seulement pour aller passer mes trois tests de COVID-19.  Et je suis contente de les passer, même si ce n’est pas très agréable.  Les propriétaires sont au courant de ce que je fais, les gens de la santé m’appellent chaque jour pour vérifier que tout est bien et ils pourraient aussi venir sur place pour vérifier que je suis ici.  Ce n’est pas un problème, je respecte les règles.  Ça me choque trop de savoir que des gens ne les respectent pas.  Je ne veux pas prendre de risques avec ma famille et n’importe qui d’autre», dit la jeune grand-maman. 

Pendant la journée, elle fait ses tâches de travail à distance.  Par contre, les soirs, elle a du temps.  «J’ai apporté de la couture, du tricot et de la lecture.  Mon conjoint m’a dit que j’apportais trop de choses.  Mais je ne voulais pas en manquer.  Le premier projet que je vais terminer, c’est une couverture de bébé.  Ma fille sait que je lui en fabrique une, mais elle ne voulait pas savoir les couleurs ni le motif.  Elle veut que ce soit une
surprise».

Simone Gallant est arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard le 4 mai.  «Quand j’arrive à l’Île, j’arrive chez moi.  Quand je suis passée sur le pont, arrivée sur la butte au milieu, j’en avais les larmes aux yeux.  C’est tellement beau.  Pour moi, l’Île c’est chez-moi».  

Abonnez-vous à La Voix acadienne pour recevoir votre copie électronique ou la version papier

Actualités