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Le 31 mars 2021

- Jacinthe Laforest

 

Le directeur général de la Caisse populaire Évangéline-Central, Alfred Arsenault.

 

Si tout va comme prévu, une toute nouvelle coopérative financière verra le jour le 1er octobre 2021, avec des actifs de plus d’un milliard de dollars.  La Caisse populaire Évangéline-Central et trois autres Credit Unions formeraient alors la plus grosse institution financière coopérative aux Maritimes, à l’exception d’UNI Coopération financière au Nouveau-Brunswick.

 

Le directeur général de la Caisse populaire Évangéline-Central, Alfred Arsenault, a animé le 24 mars dernier une réunion d’information à laquelle un nombre restreint de membres a participé.  

 

«Ce projet n’a rien à voir avec la COVID.  Nous avions commencé nos démarches même avant que la pandémie ne commence.  C’est une réponse aux conditions des marchés, à la compétition féroce, et au besoin de rester compétitif et de continuer à bien servir nos membres», a insisté le directeur général. 

 

Dans une présentation d’environ une heure, il a résumé toutes les étapes accomplies jusqu’à présent, les motifs, les nombreux avantages, les quelques préoccupations, et les étapes qui restent à franchir, notamment, le vote des membres de chacune des quatre institutions participantes.

 

Outre la Caisse populaire Évangéline-Central, les trois autres institutions sont la Credit Union de Tignish, la Credit
Union Malpèque Bay (Kensington) et la Credit Union Provincial.  Tout comme la caisse Évangéline-Central, qui comp-
te maintenant trois succursales, la Credit Union Provincial compte elle aussi trois succursales, à la suite d’une fu-
sion entre la Credit Union Stella Maris à Rustico-Nord, la Credit Union Metro de Montague et la Credit Union Metro de Charlottetown.  

 

La Credit Union Provincial, avec son actif de presque 500 millions de dollars, est essentielle au succès de la fusion.  «S’il arrivait que les membres d’une des quatre institutions refusent la fusion, on pourrait toujours aller de l’avant, pourvu que Provincial reste dans le projet.  On a besoin des actifs de cette caisse pour accomplir ce qu’on veut accomplir», dit Alfred Arsenault en réponse à une question des membres.  

 

Le vote des membres se fera en succursale

 

La Caisse populaire Évangéline Central compte 8 000 membres.  Dans les meilleures circonstances, un vote de cette importance se tiendrait lors d’une assemblée publique qui pourrait espérer réunir 200 personnes, pour 200 votes.  À cause de la COVID et des limites sanitaires, une assemblée de 200 personnes est exclue et  «ça ne serait pas juste de demander à 50 membres de prendre cette décision», affirme Alfred Arsenault.  

 

Les quatre institutions ont donc obtenu la permission de tenir le vote en succursale. 

 

Pour la Caisse populaire Évangéline-Central et les trois autres institutions, le vote se fera du 14 au 28 avril dans toutes les succursales concernées, aux heures d’ouverture habituelle.   Un vote par membre.  Le résultat du vote pour Évangéline-Central sera dévoilé le 28 avril lors d’une assemblée spéciale au Village musical acadien.  

 

Quelques garanties

 

La Caisse populaire Évangéline-Central est la seule qui soit bilingue, du moins à la succursale de Wellington.  Et ce caractère bilingue fait partie des points incontournables des négociations avec les autres caisses, assure Alfred Arsenault.  Même chose pour les emplois et les succursales.  «Nous ne prévoyons aucune perte d’emplois attribuable à la fusion.  Mais à la longue, après des départs à la retraite, il se pourrait que des postes ne soient plus pourvus.  Et certainement, nous ne prévoyons pas fermer nos succursales», a garanti Alfred Arsenault.  

 

Le nouveau conseil d’administration sera composé de 12 personnes, trois représentants de chacune des quatre institutions partenaires.  La Caisse populaire Évangéline-Central est présente dans trois municipalités différentes.  Comment garantir qu’il y ait en tout temps une présence acadienne à ce nouveau conseil? «Je pense que ce sera aux membres eux-mêmes de faire en sorte qu’il y ait des candidats bilingues pour les élire au conseil», a répondu Imelda Arsenault, présidente de la Caisse populaire Évangéline-Central, qui a déjà accepté de siéger au conseil inaugural.  Les mandats seront de trois ans, renouvelables deux fois, pour un maximum de neuf ans.  

 

Peu importe combien d’années ils ont siégé à leurs caisses respectives, les conseillers actuels qui transitent vers la nouvelle organisation retomberont à l’an zéro de leur mandat.  «On fait cela pour avoir des conseillers d’expérience, pour les premières années», dit Alfred Arsenault.

 

Les emplois ne sont pas menacés

 

Diane Richard de Mont-Carmel, maintenant à la retraite, est convaincue que les emplois sont en sécurité, même si les gens font de plus en plus leurs affaires en ligne.  «Le public ne voit pas tout ce qui se fait en arrière, les vérifications de toutes les transactions en ligne.  Il faut toujours que tout balance et c’est nous, les employés, qui faisons ça.»  Elle a même vu dans le passé, des employés qui ne sont pas restés parce qu’ils croyaient qu’ils seraient toujours au comptoir.  

 

La fusion envisagée vise à doter la nouvelle institution les moyens de rester concurrentiel et d’ajouter de nouveaux produits qui seront appréciés des membres.  

 

Roger Gallant, maire d’Abram-Village semblait d’accord avec le projet de fusion. «Je vous remercie de faire tout ce travail pour mieux servir vos membres.  Vraiment, ça me fâche de voir de grosses compagnies comme Walmart se lancer dans le service bancaire.  Ils ne s’inquiètent pas de nous, ils ne redonnent rien à nos communautés», a-t-il dit.  

 

La présidente d’Évangéline-Central affirme, elle aussi, que le conseil et les employés sont d’accord avec le projet de fusion.  «Maintenant, ça dépendra des membres.  C’est eux qui ont le pouvoir».  

 

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