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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 17 mars 2021

- Jacinthe Laforest

 

Un formulaire est en ligne au https://cutt.ly/9l6FnqI pour recueillir les inscriptions pour le projet «JE PARTIC-ÎPE».

 

Le recensement de 2021 aura lieu en mai prochain.  Pour les communautés francophones et acadiennes du Canada c’est un exercice qui a son importance, car les données recueillies servent à guider les décideurs dans la répartition des ressources et des services sur le territoire canadien.  Ici même, à l’Île-du-Prince-Édouard, la SAF’Île mettra les bouchées doubles pour mener une campagne de promotion, d’éducation et de sensibilisation en plusieurs volets.  

 

La Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard a lancé récemment une campagne en trois volets.  Le volet «Je PARTIC-ÎPE» s’adresse aux jeunes d’âge scolaire.  Le volet «service d’accompagnement solidaire», aidera les personnes isolées ou fragilisées à remplir le questionnaire et le volet «sensibilisation et communication» s’adresse au grand public pour faire connaître les enjeux du recensement.

 

Le premier volet à être lancé est celui qui vise les jeunes.  Pourquoi les jeunes? «En consultation avec nos partenaires du Réseau des développeurs, nous avons mis au point un projet pour sensibiliser les jeunes aux enjeux liés au recensement, tout en mettant l’accent sur la fierté identitaire», dit Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la SAF’Île.  

 

Le recensement oblige le répondeur à définir son identité ou à tout le moins, à y réfléchir, pour choisir les réponses qui représentent le mieux son identité.  

 

«Même si les jeunes d’âge scolaire ne remplissent pas eux-mêmes le recensement, un jour ils vont le faire.  On fait ce travail pour aujourd’hui, mais aussi pour la pérennité de la communauté à plus long terme», précise la DG.  

 

Le volet «Je PARTIC-ÎPE» a été mis au point par la SAF’Île appuyée par La Commission scolaire de langue française, Jeunesse acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. (JAFLIPE), le RDÉE’Î.-P.-É. et la Coopérative d’intégration francophone (CIF).  

 

Tous ensemble, ils invitent tous les jeunes intéressés à participer à ce projet à titre individuel, avec des copains ou avec leur classe, en tournant une capsule vidéo sur le thème «Mon avenir, mon île, ma communauté».

 

Un formulaire en ligne a été créé (https://cutt.ly/9l6FnqI) pour recueillir les inscriptions pour ce projet par lequel les jeunes pourront s’exprimer sur leur identité, mais aussi, concevoir de A à Z, une capsule vidéo, à l’aide de professionnels.  

 

Pour la partie ouest de l’Île, les services de la compagnie DigiFilm ont été retenus alors que pour la partie est de l’Île, la compagnie Hummingbird House Production est celle qui a été choisie pour encadrer les jeunes.  

 

Sur le formulaire d’inscription, on dit que «Se déclarer francophone c’est un acte citoyen pour que la richesse linguistique du Canada avec ses deux langues officielles soit préservée et pour que ton avenir et celui des générations futures soient aussi possibles en français.  Alors, fais entendre ta voix et réalise une capsule vidéo de A à Z avec l’aide d’un professionnel.  Parle de ton identité, ton sentiment d’appartenance à la communauté acadienne et francophone, raconte ton quotidien, tes projets et comment tu vois ton avenir».

 

«Nous aimerions avoir plusieurs capsules pour les diffuser pendant le mois de mai, afin d’ajouter la voix des jeunes à notre campagne de sensibilisation.  C’est important que les adultes sachent que leurs réponses, aujourd’hui, ont un impact sur la possibilité qu’auront leurs enfants de vivre en français dans l’avenir», souhaite Isabelle Dasylva-Gill.  La date limite pour s’inscrire est le vendredi 26 mars.  

 

Par ailleurs, les personnes qui s’intéressent au projet et qui voudraient participer à l’encadrement d’un groupe de jeunes pour réaliser leur capsule (en appui de l’expert vidéaste) peuvent également communiquer avec la SAF’Île ou un des partenaires.  

 

Le 11 mai : jour du recensement

 

Le jour officiel du recensement sera le 11 mai.  Par contre, à compter du 3 mai 2021, il sera possible de remplir le
questionnaire du recensement en ligne. Statistique Canada dit que c’est une option à la fois «facile, sûre et pratique», mais pour la SAF’Île, c’est important de procurer aux personnes fragilisées ou isolées, qui ont des défis de littératie technologiques ou en français, une aide pour qu’elles comprennent bien les questions et qu’elles soient en mesure d’y répondre, en ligne, si elles le souhaitent, dans le contexte actuel de la pandémie de la COVID-19.

 

«Ce mode de réponse virtuelle est une chance en période de pandémie mais peut représenter un défi pour certains individus. Le réseau communautaire propose donc plusieurs solutions tels des ateliers informatiques ou des séances d’informations. En outre, le réseau souhaite accompagner les personnes les plus fragilisées et isolées au sein de la communauté qui pour des raisons diverses ne peuvent remplir le questionnaire par écrit ou en ligne en leur proposant un appui à domicile ou par téléphone», dit le communiqué de presse officiel.  

 

Un «sondage solidaire» (https://form.jotform.com/TristanCornee/recensement_solidaire) est disponible jusqu’au 29 mars pour permettre aux membres de la communauté d’exprimer leurs besoins pour eux-mêmes mais aussi pour les personnes de leur entourage qui pourraient avoir besoin d’un appui particulier. 

 

«La résilience et la solidarité de notre communauté sont fortes. Il est important de continuer à se mobiliser. Le Réseau d’action bénévole du Québec collabore avec la communauté acadienne et francophone de l’Île pour lancer ce service d’accompagnement solidaire pour le recensement en partageant son expertise et ses bonnes pratiques. Cette première étape sera une occasion de réfléchir en tant que communauté à l’impact et nécessité de l’action bénévole», dit Isabelle Dasylva-Gill.  

 

Enjeux linguistiques

 

Le questionnaire du recensement inclut évidemment des questions linguistiques.  Les questions 8, 9 et 10 servent à brosser un portrait de la diversité linguistique de la population du Canada.  Cette information permet d’estimer les besoins de services en français et en anglais et de mieux comprendre la situation actuelle et l’évolution des différents groupes linguistiques du pays.  Les questions 12 à 17 (sur l’éducation en français ou en anglais) permettent de recueillir des données conformément à la Charte canadienne des droits et libertés en vue d’appuyer les programmes d’enseignement en français et en anglais au Canada.

 

Ce sont les questions de ces catégories qui ont servi à synthétiser les chiffres suivants : En 2011, la proportion de
francophones à l’extérieur du Québec était de 4 % et 3,8 % en 2016.  Si la tendance se maintient, et si rien n’est fait, Statistiques Canada avertit que cette proportion risque de baisser à 3 % d’ici 2036.  

 

Cette tendance s’observe aussi à l’Île, ce qui préoccupe la SAF’Île, qui croit cependant que ces statistiques ne sont pas représentatives de la vitalité réelle de la collectivité.  C’est dans cette optique que l’organisme porte-parole et ses partenaires veulent mettre à la disposition des organismes des outils de communication adaptés à leurs clientèles afin de les sensibiliser aux enjeux linguistiques du recensement d’un point de vue personnalisé et local. 

 

Cette campagne de sensibilisation sera réalisée par Deb O’Hanley, consultante spécialisée en stratégie de communication qui est derrière notamment le logo Je parle français et toi ? du Carrefour de l’Isle Saint-Jean de Charlottetown. L’objectif de cette campagne est d’être ludique et attrayante pour informer et inciter les gens à s’engager et afficher leur fierté.  

 

Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la SAF’Île.  (Photo : Laurent Rigaux)

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