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Le 3 mars 2021

- Laurent Rigaux / Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

 

La cheffe de la Première Nation de Lennox Island, Darlene Bernard, est la première Mi’kmaq de l’Île à être vaccinée.  (Photos : (Laurent Rigaux)

 

Après les résidents et le personnel des centres de soins longue durée, les personnes âgées de plus de 80 ans et certaines catégories de travailleurs, c’est au tour des Premières Nations mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard de recevoir le vaccin contre la COVID-19. Les injections ont débuté vendredi 26 février à Lennox Island.

 

«C’est un soulagement d’avoir une protection contre ce virus, pour moi, ma famille, la communauté. J’espère que la plupart des gens vont en profiter.» L’aînée Marilyn Sark est l’une des deux premiers membres de la Première Nation de Lennox Island, située dans l’ouest de la province, à recevoir le vaccin Moderna contre la COVID-19. Le vendredi 26 février, aux alentours de 10 h, les infirmières du centre de soins de Lennox Island préparent plusieurs seringues de vaccin Moderna, avant de commencer à les administrer aux Mi’kmaqs de l’Île-du-Prince-Édouard.

 

Les Premières Nations, populations vulnérables et plus à risque face au coronavirus, font partie des publics prioritaires pour recevoir le vaccin contre la COVID-19. À l’Île, leurs membres doivent être vaccinés durant la phase 1, qui s’étend jusqu’à fin mars. «En réalité, cela va prendre cinq jours», explique Caitlin MacLennan, étudiante infirmière à l’Université de l’Î.-P.-É. et membre de l’équipe ce matin-là.

 

Tous les Autochtones de plus de 18 ans

 

Ce vendredi, une vingtaine de personnes ont reçu une dose. Au total, 130 se sont inscrites, et 200 doses sont prévues en tout pour cette clinique. «Cela continuera lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 16 h», ajoute Caitlin Mac-Lennan.

 

La cheffe Darlene Bernard, qui a reçu sa première dose au même moment que Marilyn Sark, s’est dite «heureuse». «Nous avons joint les membres de la communauté avec du porte-à-porte, en distribuant des circulaires, en mettant des messages sur nos médias sociaux, raconte-t-elle. Tous les membres de la Première Nation qui souhaitent être vaccinés le seront.» Cela inclut aussi les Mi’kmaqs qui vivent à l’extérieur de la réserve, note la cheffe.

 

Contrairement au reste de la population, où seuls les plus âgés et certains travailleurs sont pour le moment ciblés, tous les Autochtones de plus de 18 ans sont concernés par la première phase. L’objectif est d’«atteindre une immunité collective» au sein de la Première Nation après cette campagne de vaccination (une seconde dose sera nécessaire).

 

Réactions mitigées

 

La cheffe confie avoir eu des réactions mitigées de ses membres face à l’idée de recevoir le vaccin. Elle évoque la désinformation présente sur les réseaux sociaux, «le pire endroit pour chercher des in-formations». Darlene Bernard insiste : «Nous devons faire notre part en allant voir les gens pour leur dire que ce vaccin est sûr, il est approuvé, il y a de la science qui l’appuie.»

 

La vaccination devait commencer le lundi 1er mars dans la Première Nation d’Abegweit, située de l’autre côté de l’Île, entre Charlottetown et St. Peter’s Bay.  

Les infirmières du centre de soins de Lennox Island préparent les doses de vaccin Moderna qui seront administrées aux Autochtones.

 

Avant l’injection, les infirmières vérifient avec les personnes leurs conditions de santé, afin de vérifier qu’il n’y a aucune contre-indication à recevoir le vaccin.

 

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