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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 21 janvier 2020

- Par Marine ernoult

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration.  Municipalités et chambres de commerce pourront choisir les immigrants.  Une annonce bien accueillie à l’Île, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre.  Début janvier, le ministre fédéral de l’Immigration Marco Mendicino a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration.  Ottawa veut permettre aux municipalités, aux chambres de commerce et aux associations locales de parrainer directement des immigrants permanents. 

 

«Cela rendra notre système d’immigration plus compétitif en tirant parti de l’expertise locale pour attirer des talents mondiaux, réduire les pénuries de main-d’œuvre et créer plus de possibilités pour les immigrants de réaliser leur potentiel», a insisté Marco Mendicino.  Au moins 5 000 places seront ouvertes dans tout le pays.

 

«C’est un bon programme qui permettra de mieux cibler le recrutement», affirme Roger Gallant.  Le maire d’Abram-Village estime que l’échelon municipal est le mieux placé pour connaître les besoins spécifiques des entrepreneurs.  «Nous sommes proches d’eux, ils n’hésiteront pas à faire appel à nos services et nous les aiderons à faire la connexion avec les immigrants», ajoute Alcide Bernard.  L’élu de Wellington espère que le programme sera adapté aux petites communes.  «On a intérêt à s’impliquer davantage, mais il faut voir si on a les moyens de le faire, car nous avons peu de ressources humaines et financières», prévient-il.

 

Manque de main-d’œuvre dans le commerce et l’informatique 

 

Le monde de l’entreprise salue également l’annonce.  «Cela va nous aider à mettre fin à la pénurie de main-d’œuvre et donne une chance aux business d’exprimer leurs besoins», réagit Tara Maddix, directrice générale de la chambre de commerce du Grand Summerside qui compte 350 membres.  Rien que dans la construction, 500 postes sont à pouvoir sur les chantiers de la province.  Au cours de la prochaine décennie, l’industrie aura besoin de quelque 1 500 travailleurs supplémentaires. 

 

Les secteurs du commerce et de l’informatique pourraient aussi bénéficier de la mesure.  Selon Tara Maddix «ils requièrent des compétences très spécifiques, et il n’y a pas suffisamment de locaux formés à l’île dans ces domaines.» Aux yeux de la responsable, le programme des candidats municipaux n’est pas seulement bon pour le business : «Si quelqu’un d’investi dans son travail s’installe à l’île avec sa famille, c’est aussi bien pour la communauté». 

 

La nouvelle mesure semble faire un pas dans la bonne direction après les insuffisances du programme d’immigration économique de l’Île-du-Prince-Édouard, supprimé en 2018.  Ce dernier avait permis à des milliers d’immigrants d’obtenir la résidence permanente au Canada sans qu’ils aient à vivre ou à exploiter une entreprise dans la province.  «C’est désormais notre job de garder les immigrants le plus longtemps possible», insiste Tara Maddix. 

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