Le 1er mars 2017

La joueuse de balle Tammy Gallant se prépare depuis quatre ans pour la grande compétition d’avril prochain à l’autre bout du monde.

L’Île-du-Prince-Édouard sera fort bien représentée lors du plus grand événement sportif du monde, les World Masters, qui auront lieu dans quelques semaines, en avril, à Auckland en Nouvelle-Zélande.  Depuis presque quatre ans, environ 40 femmes de 35 ans et plus de l’Île-du-Prince-Édouard, incluant quelques-unes du Nouveau-Brunswick, s’entraînent dans deux équipes différentes.  

Le vendredi 24 février, une de ces équipes s’entraînait à Alberton.  C’est là que nous avons rencontré Tammy Gallant, une joueuse de balle qui, curieusement, aurait pu ne jamais marcher.  

«Je suis née avec le spinabifida.  Il y avait une partie de ma colonne vertébrale où il n’y avait pas d’os et où ma moelle épinière n’était pas protégée.  Ce n’est que quand j’avais 9 ans qu’on s’en est rendu compte.  J’étais à une fête d’anniversaire et soudainement, je n’étais plus capable de marcher», a raconté Tammy Gallant, reconnaissante de pouvoir jouer à la balle, un sport qu’elle aime beaucoup.  

Il lui a fallu trois opérations suivies d’une longue convalescence où elle ne pouvait pas aller à l’école.  Elle se souvient encore de toutes les enseignantes qui venaient chez elle pour l’aider à suivre le programme scolaire. 

«Je continue de jouer à la balle, même si j’ai de l’arthrite.  J’ai peur que si j’arrête, je ne puisse plus marcher.  Et j’ai vraiment hâte aux World Masters.  Je n’ai jamais beaucoup voyagé et là, c’en est tout un».

Depuis plusieurs semaines, les femmes s’entraînent sérieusement, à l’intérieur, au moyen de différentes pièces d’équipement, conçues spécifiquement pour la balle.  «On pratique tous les mardis en plus de deux autres fois par mois à Charlottetown.  L’autre jour, on est allés au complexe de soccer à Stratford pour jouer une partie contre l’équipe des Jeux du Canada.   Ça nous a donné l’occasion de pratiquer nos jeux».

Au cours des quatre dernières années, l’équipe Cheers, dont Tammy fait partie, n’a pas fait que du sport.  «On est 18.  Si on compte l’avion, le logement et le manger pendant deux semaines, ça revient à environ 100 000 $.  Depuis quatre ans, on fait des collectes de fonds, en faisant du bénévolat.  Par exemple, au Cavendish Beach Music Festival, nous avions une centaine de bénévoles sur le site et en échange de ce service, nous avons reçu de bonnes contributions.  Nous avons fait la même chose avec le Festival Jack Frost, avec le marathon de l’Île et même, une année, nous avons fait les Jeux de chance à l’Exposition agricole et le Festival acadien», explique Tammy.  

Cela veut dire que depuis quatre ans, ces femmes ont fait un nombre incalculable d’heures de bénévolat.  «Nous avons toutes des familles et des vies en dehors du sport, donc, ça nous a demandé beaucoup, mais ça vaut la peine», insiste Tammy.  

Les World Masters regroupent environ 25 000 athlètes de 35 ans et plus provenant d’une centaine de pays.  L’équipe de Tammy est composée de femmes âgées de 45 ans à 72 ans.

De plus, son équipe a la particularité de compter cinq femmes du Nouveau-Brunswick.  France Bourque est une grande joueuse de balle.  «Je joue depuis 40 ans.  Ma mère jouait et moi je joue aussi.  J’aime la stratégie, la camaraderie autour de ça.  C’est un très beau sport», dit France Bourque.  

France Bourque avait été invitée à se joindre à l’équipe de sa province pour les jeux précédents, en Italie, en 2013, mais elle n’était pas prête à s’engager à ce moment-là.  Lorsqu’on l’a de nouveau invitée en vue des jeux d’Auckland, elle a dit oui, en pensant qu’elle ferait partie d’une équipe du Nouveau-Brunswick.  Le sport en a décidé autrement, et comme l’équipe des Cheers avait besoin de quelques membres additionnels, le jumelage s’est effectué.  «C’est certain que pour les entraînements, c’est plus compliqué, mais on s’entraîne beaucoup par nous même au Nouveau-Brunswick et on vient à l’Île de temps à autre pour réunir l’équipe au complet.  Ça nous demande beaucoup, mais on en retire beaucoup aussi», a indiqué France Bourque.  


De gauche à droite au premier rang, on voit Rosemary Crane (Î.-P.-É.), Ginette Sears (N. B.), France Bourque (N. B.), Tammy Gallant (Î.-P.-É.), Tracy Arsenault (Î.-P.-É.), Sue Keen (Î.-P.-É.) et Janet Cameron (Î.-P.-É.). Au second rang, on voit Dawn Moase, entraîneur-chef (Î.-P.-É.), Carol White (Î.-P.-É.), Sue Kelly (Î.-P.-É.), Karen MacLeod (Î.-P.-É.), Carolyn McPhee (Î.-P.-É.), Ernestine Arnold, entraîneuse adjointe (Î.-P.-É.), et Paul LeBlanc, gérant des équipements (N. B.).  Absentes de la photo: Lisa Hetherington (N. B.), Jill Dunnett (N. B.), Joy Hansen (N. B.), et Bernice McLeod, statisticienne (Î.-P.-É.).

- Par Jacinthe Laforest
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