Le 8 septembre 2016

 Lucas Arsenault avec son trophée devant le plan d’eau où il a appris le kiteboarding. (Photo : J.L.)

Lucas Arsenault est chanceux.  Ses parents, Cindy et David Arsenault, ont un magnifique chalet au bord de l’eau à Mont-Carmel.  De la baie vitrée de la salle à manger, on admire le panorama qu’offre le détroit de Northumberland.  

C’est sur cette eau très locale que Lucas Arsenault a appris la base du kiteboarding, un apprentissage qui l’a porté jusqu’à devenir champion canadien chez les hommes, tout récemment.  

«Le championnat était à Squamish, en Colombie-Britannique, le 26 août.   Je suis très satisfait de mes résultats.  Je suis resté très concentré tourte la journée, j’ai réussi à rester dans ma bulle et ne pas me laisser distraire», a raconté le champion canadien en titre.  

À 19 ans, Lucas a succédé au champion en titre chez les hommes, qui a joué de malchance.  «Il a fini premier en 2015 et cette année, il s’est blessé dans ses qualifications.  Il n’a pas pu continuer.  C’est un sport très imprévisible.  Même moi, l’an dernier, j’ai subi une commotion cérébrale et ça m’a pris du temps à me remettre», a raconté le jeune homme, qui profitait de la fin de l’été pour assister au Festival acadien, avant de reprendre la routine du compétiteur, dès la fête du Travail passée.  

Lucas Arsenault a commencé à s’entraîner, en face du chalet de ses parents, à l’âge de 13 ans, et plus sérieusement, vers l’âge de 14 ans.  En 2014, à 17 ans, il a reçu le titre de champion canadien chez les juniors, c’est-à-dire chez les 18 ans et moins.  

Puis, en 2015, à 18 ans, il s’est inscrit dans la classe des compétiteurs adultes, où le niveau de compétition est plus élevé.  

«C’est au cours de ma qualification que j’ai subi ma commotion.  Squamish est un très bel endroit.  Les compétitions se déroulent sur de l’eau qui descend des glaciers.  C’est superbe.  Mais les vents sont traitres.  S’il fait beau, ça va bien et le vent est constant.  Mais s’il y a des nuages, le vent souffle en rafales qui rendent le kite difficile à contrôler.  Lors d’une figure que je faisais, le vent s’est levé tellement vite que ma planche a piqué dans l’eau.  Et moi j’avais les pieds fixés à la planche.  J’ai frappé l’eau tellement fort que j’ai perdu connaissance.  Par chance, j’avais le visage hors de l’eau quand j’ai repris conscience».

Sa mère Cindy, qui écoutait son fils raconter cet incident, s’est introduite dans la conversation.  «On était là pour cette compétition et on a pu s’en occuper.  Il ne se rappelait plus rien, ne comprenait pas ce qui se passait, il avait oublié toute la compétition.  On avait peur pour notre fils», a raconté Cindy, qui aurait bien voulu assister de nouveau aux compétitions cette année, et assister à la victoire de son fils.  

«J’ai dû ralentir après ma commotion.  J’ai eu mal à la tête longtemps, puis je me suis remis à l’entraînement pour me préparer et au moins, pour maintenir mon niveau», a raconté Lucas.  

Et quelques mois plus tard, il devient le champion du Canada chez les hommes.

Lucas sait que sa carrière de kiteboardeur de compétition ne durera pas éternellement.  «J’ai 19 ans, et les plus vieux ont 30 ans environ.  J’ai tout de même des options.  Présentement, je travaille six mois par année dans les îles Turquoises comme instructeur de kiteboard.  Je sauve mon argent et les autres six mois, je fais le circuit des compétitions.  J’aimerais avoir l’argent pour passer toute l’année en compétition, mais présentement, ce n’est pas possible.  J’ai un commanditaire qui me fournit des équipements et qui, à l’occasion, m’aide en payant le transport vers une compétition.  Ça réduit mes dépenses, mais ça ne met pas d’argent dans mes poches.  Mais, je vis bien.  Je profite de ma jeunesse et de ma bonne forme».

Lucas Arsenault ne se plaint pas.  «Le kiteboard n’est pas organisé autour de grosses sommes d’argent.  Les compétiteurs n’ont pas de budget pour se payer des entraîneurs, et moi non plus.  Mais j’ai de bons amis qui pratiquent des sports individuels, et qui m’aident à mieux me préparer mentalement.  Cette année, je pense que ça a fait toute la différence», dit le champion canadien de kiteboarding.

Lorsqu’il énumère les options qui s’offrent à lui, Lucas ne mentionne rien sur des études éventuelles, que ce soit au collège ou ailleurs.  «Je ne peux pas dire que ça ne sera jamais dans mes plans, mais pour le moment, je veux aller aussi loin que je peux dans le kiteboarding.  Je peux poursuivre la compétition, tenter ma chance en coupe du monde, ou encore, passer chez les professionnels pour promouvoir des produits en faisant des démonstrations et des vidéos promotionnelles.  Pour l’instant, je fais la vie que j’aime», a indiqué le champion du Canada chez les 19 ans et plus.


Lucas Arsenault sur la plus haute marche du podium. (Photo : Brian Aiken)


Lucas Arsenault en compétition à Squamish en Colombie-Britannique.  (Photos : Nik Ganderton) 


Lucas Arsenault en compétition à Squamish en Colombie-Britannique.  (Photos : Nik Ganderton) 


Lucas Arsenault.

- Par Jacinthe Laforest

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